Contestation des Groupement Hospitaliers de Territoires...

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Contestation des Groupement Hospitaliers de Territoires...

L'Établissement public de santé mentale et son personnel sont vent debout contre le projet de Groupement hospitalier de territoire avec le centre hospitalier du Mans.

Les périmètres des 135 Groupements hospitaliers de territoire (GHT) voulus par la ministre de la Santé Marisol Touraine, sont connus depuis lundi.

Objectifs annoncés ? « Garantir à tous les patients un meilleur accès aux soins, en renforçant la coopération entre hôpitaux publics. » sur fond d'une rationalisation sévère des coûts.

Dès hier, des représentants de l'Établissement public de santé mentale (EPSM) d'Allonnes - cadres, médecins, personnel soignant, intersyndicale (CGT, FO, Sud) - ont fait part de leur « plus grande inquiétude » quant à la décision de l'Agence régionale de santé des Pays de Loire (ARS). Celle-ci souhaiterait imposer « l'intégration de la psychiatrie publique sarthoise au Centre hospitalier du Mans », s'inquiètent-ils.

Un bouleversement impensable pour les équipes médicales de l'EPSM Sarthois.

« La qualité des soins menacée »

« Le CHS est probablement l'un des hôpitaux spécialisés les plus avancés dans la prise en charge des malades mentaux, selon le Dr Bernard Cabus, psychiatre depuis vingt ans. De la médecine générale, nous en faisons déjà, prenant en charge toutes les pathologies du patient : diabète, somatisation, obésité, anorexie, kinési... » Pourquoi alors se rapprocher de l'hôpital général ?

« Notre pharmacie, est un service d'exception au sein de l'établissement, indique le Dr Joël Canet, psychiatre. Il est d'une grande technicité, totalement informatisé et automatisé, pour la sécurité du patient. On ne veut pas perdre cela. La qualité des soins psychiatriques sarthois serait menacée. »

Dérogation refusée par l'ARS sans explication

Dès l'annonce, en juin, de cette volonté de l'ARS, les instances du CHS d'Allonnes (médecins, soignants, personnel) ont enjoint au directeur, Vincent Thomas, de ne pas signer la convention. Mais l'ARS refuse « sans explication, d'examiner les spécificités locales et d'accorder une dérogation pourtant prévue dans la loi de janvier 2016 », pointe Sylvie Goulet, représentante du personnel et élue.

Elle permettrait au CHS d'Allonnes « de conserver une totale autonomie de décision » dans ses projets et sa gestion des malades, des personnels (1 500 salariés) et des finances (72 millions d'euros de budget).

Médecins et syndicats sont également soucieux de la confidentialité du dossier médical « de ce malade, disent-ils, pas comme les autres ». « La psychiatrie est une culture complexe, un travail au long cours basé sur l'humain, l'échange, la confiance, la confidence... Rien n'empêcherait la direction du centre hospitalier du Mans de venir chercher nos compétences professionnelles, de nous diminuer nos droits (RTT)... », craint l'intersyndicale.

Après avoir réussi un retour à l'équilibre financier en 2015, en supprimant 90 postes et 40 lits, le CHS d'Allonnes va devoir, une nouvelle fois, se réorganiser.

Publié dans Luttes sociales

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