Espérance banlieues ou les nouvelles écoles privées sponsorisées par le CAC 40 !...

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Borloo l'homme de droite engagé avec Espérance banlieue contre l'école publique

Borloo l'homme de droite engagé avec Espérance banlieue contre l'école publique

Espérance banlieue : l'école privée sponsorisée par le CAC40 tel est en résumé l'article de la Revue Challenge du mois de juillet consacré à Espérance banlieue.

« Convaincue que l'Education nationale est incapable de s'adapter au public spécifique des banlieues difficiles, la famille Mulliez actionnaire de Auchan est, depuis septembre dernier, devenue un pilier du mouvement Espérance Banlieues en participant directement à la création d'un établissement à Roubaix.

Mais les Mulliez sont loin d'être les seuls à soutenir le réseau.

Eric Mestrallet, son fondateur, a réussi à convaincre un parterre impressionnant de donateurs. Le discours est rodé : lutte contre le décrochage scolaire, l'illettrisme, le communautarisme, la radicalisation.

Aujourd'hui, une bonne partie du CAC 40 verse son obole à ce nouveau mouvement : Bouygues, Axa, Société générale, Fondation Bettencourt, Saint-Gobain, Vinci... la liste est longue mais indispensable, car ces écoles ne toucheraient pas un centime de l'Etat.

Pour les convaincre, Éric Mestrallet, qui a cofondé le cabinet de conseil Arthur Straights, père de famille très nombreuse, amène les chefs d'entreprise sur le terrain à la rencontre des enseignants et des élèves. L'expérience est en général payante.

« M'accepterez vous comme prof de maths d'ici quatre ans quand se serai à la retraite ? » a demandé Xavier Vuillard, polytechnicien et PDG de Vinci au directeur de l'école d'Asnières. [...] Vincent Bolloré, Henri Lachmann, Philippe Varin avaient notamment fait le déplacement pour écouter durant deux heures Eric Mestrallet leur parler de la nécessité de construire de nouvelles écoles dans nos banlieues.

« Je vais soutenir cette excellente initiative, réagit Henri Lachmann, ex président de Schneider Electric.

Mais c'est une goutte d'eau pour répondre aux défaillances de notre système éducatif, plus gros échec de la France de l'après-guerre, qui a créé plus de 1 million de décrocheurs »[...] « Nous sommes en train de sortir de la phase artisanale », confirme Eric Mestrallet qui envisage la création d'un organisme de formation des professeurs.

Ce « back-office » a un coût, et la Fondation AlphaOmega créée par Maurice Tchenio, fondateur d'Apax Partners, envisage de le financer à hauteur d'1,5 million d'euros sur cinq ans. « C'est le chaînon manquant pour passer d'un réseau local d'écoles à un maillage national. »

Revue Challenges n° 485 7 juillet 2016 (pages 62-63)

En résumé : comment casser l'école publique et construire une école privée visant à intégrer dans les esprits, dès l'enfance, les valeurs du capitalisme financier, la soumission, l'acceptation de la domination des puissants et de la logique de l'exploitation de l'homme par l'homme, la négation du progrès social et démocratique, l'effacement de l'Etat et sa mise au pas par la finance.

De telles valeurs qui conduisent à des reculs de civilisation graves ne pouvaient être portées que par les PDG des grands groupes industriels et financiers qui ont pour mission de favoriser tous les outils possibles pour pervertir les cerveaux dès le plus jeune âge.

Ces valeurs qui sont la négation de l'humanisme doivent être combattues avec la plus grande énergie. Les enjeux sont le devenir des générations futures (ou l'on produit des moutons, ou l'on construit de vrais citoyens autonomes qui sont les bases de la démocratie) et le rôle de tout l'enseignement public !

Attention dans les villes à ces projets qui voient le jour notamment soutenus voire promus par la droite réactionnaire !

Devant un tel danger il est normal que le gouvernement cherche à protéger les enfants, les jeunes et les parents et veille à garantir l'égalité de traitement de tous les enfants du public et du privé afin de leur permettre la réussite scolaire. Ainsi un projet de décret projette de remplacer la liberté de choisir les programmes dont jouissaient les écoles indépendantes (jusqu’alors uniquement tenues au respect du Socle commun de connaissances , de compétences et de culture en fin de scolarité obligatoire) par l’obligation d’aligner leur progression pédagogique sur « les objectifs de formation attendus à la fin de chaque cycle d’enseignement de la scolarité obligatoire » .

En clair, cela signifie que les écoles hors contrat devront désormais respecter les programmes de l’Éducation nationale, lesquels sont définis par cycles.

Le 30 mai, la Fondation Espérance banlieue réagissait de manière très agressive en déclarant :

"... la Fondation Espérance banlieues exprime sa profonde préoccupation à l’égard des projets de réforme en préparation et invite instamment le gouvernement à renoncer à supprimer la liberté pédagogique des écoles hors contrat , qui est indispensable aux écoles Espérance banlieues pour pouvoir s’adapter aux besoins réels des enfants des quartiers en grande urgence éducative . Si tel n’est pas le cas, le maintien des écoles existantes et l’implantation de futurs établissements seront gravement compromis."

Le 10 juin 2016 sur la page facebook la Fondation Espérance banlieues publiait cette position en d'autres termes mais tout aussi clairs :

"Hier, confirmant nos craintes, la ministre de l'Education nationale, Mme Vallaud-Belkacem, a annoncé lors d'une conférence de presse diverses mesures pour mieux "contrôler" le hors contrat. La ministre a fait état de 8 établissements posant problème. Pourquoi l'Etat ne décide-t-il pas de fermer ces établissements au lieu de restreindre les libertés de tous les autres qui ne posent pas de problème ? La Fondation Espérance banlieues demande à l'Etat de prendre ses responsabilités et de pratiquer les inspections prévues par la loi. Il n'est pas nécessaire de porter une atteinte aux libertés fondamentales de l'enseignement pour cela. L'Etat souhaite-t-il empêcher la création de nouvelles écoles Espérance banlieues ? En pratique, c'est ce que cette loi va faire, nous empêcher d'avoir la souplesse éducative qui a fait notre réussite. Nous y sommes farouchement opposés ainsi que les parents d'élèves qui sont inquiets pour l'avenir de leurs enfants. Une pétition a été lancée contre cette loi"

Le gouvernement cèdera t-il ou maintiendra t-il sa position?

Toujours est-il qu'il revient aux citoyens confrontés dans leur ville à de tels projets d'alerter les parents, les associations de parents d'élèves, la communauté éducative afin que des dispositions nettes et claires soient prises pour protéger les enfants des familles qui feraient malheureusement le choix d'inscrire leurs enfants dans ce système éducatif privé au lieu de l'école publique garante des fondements de notre république.

Publié dans Pierre Bénite

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