Jusqu'où peuvent-ils aller? Inquiètude de David Beck témoin le 15 septembre d'un manifestant grièvement blessé à un oeil.

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Jusqu'où peuvent-ils aller? Inquiètude de David Beck témoin le 15 septembre d'un manifestant grièvement blessé à un oeil.

"J'étais à la manif et j'ai vu ce pauvre homme blessé accompagné d'un autre manifestant errer sur la place de la République. En voyant son orbite sanglant, j'ai tout de suite pensé qu'il risquait de perdre son œil. Aucun des CRS (plus d'une centaine autour de lui) ne sont pas intervenus pour lui porter secours. Ni pour s'inquiéter de son sort. Pas un d'entre eux n'a bougé le petit doigt. C'était ahurissant comme situation. J'ai pensé "non assistance à personne en danger". Je me suis aussi dit que c'était encore un tir tendu, que c'était complètement illégal et que les policiers avaient probablement toute licence de leurs supérieurs pour passer outre le cadre légal. Les incidents similaires passés n'ayant pas été sanctionné, il est vraisemblable que de nouvelles "bavures" ne le seraient pas davantage. Quelle est l'objectif?

Les professionnels du maintien de l'ordre visent-ils si mal?

Ou alors le but est il de faire mal pour faire peur?

Les médias parlent de ce blessé parce qu'il a perdu un œil. C'est embêtant. Et ça se voit pour tous ceux qui ont encore l'usage de la vue.

Faire peur. Multiplier les fouilles, les arrestations arbitraires, les coups de matraques gratuites, les grenades lacrymogènes ou de désencerclement lancés dans la foule au petit bonheur la chance.

Faire peur. Dissuader quiconque de contester ce pouvoir.

Faire peur. Ce gouvernement me fait peur effectivement.

Jusqu'où peut-il aller ?"

Laurent Theron la victime a déposé plainte a annoncé l'AFP.

"L'IGPN (Inspection générale de la police nationale) s'est déplacée à l'hôpital (Cochin). Il a été entendu pour déposer plainte", a annoncé Julien Pignon, avocat de ce militant, Laurent Theron, 46 ans, secrétaire médical à l'hôpital Albert-Chenevier de Créteil. Laurent Theron a été blessé "probablement par un jet de grenade de désencerclement, un projectile qui reste à identifier précisément", a déclaré Me Pignon.

"D'après plusieurs témoins, on n'était pas face à une foule hostile qui aurait pu justifier l'utilisation d'une arme susceptible de causer des blessures importantes. Lancé à la volée c'est très dangereux, sachant que ces munitions doivent être utilisées en les faisant rouler par terre", a poursuivi l'avocat.

"Parmi les forces de l'ordre, on a des utilisations totalement irrégulières de ce type d'armes. "Je vais tout faire pour que justice soit faite", a déclaré Laurent Theron, disant "sa tristesse d'avoir perdu la moitié de la vue" et expliquant qu'il avait "plusieurs os fracturés" autour de l'oeil. Il a été opéré dans la nuit de jeudi à vendredi à Cochin, selon Éric Beynel, délégué général de l'Union syndicale Solidaires qui rassemble tous les syndicats de SUD.

Solidaires, qui a dénoncé "un usage disproportionné de la force" que "rien ne justifiait", prépare "une saisine du Défenseur des droits sur la manière dont les forces de l'ordre ont été mobilisées pendant les manifestations anti-loi travail", a annoncé M. Beynel.

Dans un message à Solidaires Philippe Martinez, a exprimé son "soutien" et sa "solidarité", réaffirmant son souhait d'une "enquête parlementaire". Bernadette Groison (FSU) a également exprimé son soutien. M. Theron a expliqué qu'il avait été atteint à l'oeil en fin de manifestation.

"J'avais les mains dans les poches (...) D'après le chirurgien qui m'a opéré, vu l'ampleur des dégâts, le tir était tendu et il devait venir de près", a-t-il précisé, cité par le site internet du journal Le Monde. "Quand on est arrivé, on a entendu quelques pétards, on a vu les CRS qui commençaient à se positionner. (...) J'ai vu des lacrymogènes et des jeunes qui les renvoyaient à coups de pied", a-t-il encore raconté. "Il y a eu une première charge des CRS et puis une deuxième. J'ai vu que ça commençait à se rapprocher et je me suis dit: +Il vaut peut-être mieux que je sorte+. Une colonne de CRS est passée derrière le skatepark de la place, j'ai entendu boum et j'ai senti mon œil exploser", a-t-il ajouté.

Gazages, coups de matraques "gratuits", insultes: un collectif a adressé en juillet au Défenseur des droits 68 réclamations contre des violences policières lors des manifestations contre la loi travail partout en France, dont l'instruction a commencé. Cette instance indépendante s'était déjà saisie du cas d'un jeune homme, Romain D., grièvement blessé le 26 mai après le jet d'une grenade de désencerclement par un policier.

Publié dans Libertés Démocratie

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