Brexit : le grand gagnant est ...New York

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Brexit : le grand gagnant est ...New York

À l’heure où les places financières du Continent se parent de leurs plus beaux atours pour séduire les acteurs financiers de la City, l’agence de presse Bloomberg se fait l’écho de plusieurs responsables politiques et banquiers qui n’hésitent pas à le clamer haut et fort : ni Francfort, ni Paris, ni Amsterdam, ni Milan ne seront les grands vainqueurs du Brexit.

Pour le trouver, il faut aller quelque 6.000 km plus à l’ouest. Sur la côte est de la première puissance économique mondiale.

« Les grands gagnants du Brexit seront New York et les Etats-Unis, a récemment affirmé le PDG de Morgan Stanley, James Gorman, lors d’une conférence à Washington. Nous assisterons à davantage de transfert d’activité à New York. » « Il est impossible qu’il y ait dans l’Union européenne un centre avec l’infrastructure et le dispositif réglementaire pour reprendre le rôle de Londres [notamment sur les marchés de capitaux], soutient John Nelson, président de Lloyd’s à Londres. Il y a une seule ville au monde qui en est doté, et c’est New York. »

Même son de cloche chez Xavier Rolet, le patron de la Bourse de Londres. Dans une interview au Telegraph, il a clairement indiqué qu’un seul autre centre financier est en mesure d’assurer les activités de compensation en euro de manière centralisée et sécurisée pour les 17 grandes devises : ce n'est ni Paris, ni Francfort, ni Amsterdam, mais bel et bien New York. Et que dire de Jon Cunliffe, le gouverneur adjoint de la Banque d'Angleterre, qui tambourine que New York dispose d'un écosystème comparable apte à rivaliser avec celui de la City. « Ce que nous appelons Londres [...], je n'imagine pas que cela puisse être répliqué dans un avenir prévisible ailleurs dans l'Union européenne », a-t-il déclaré devant une commission du Parlement.

La ville américaine, qui abrite déjà les activités de Wall Street, dispose de la profondeur de marché, de la largeur d’expertise et de l’attrait réglementaire de La City. D’ailleurs, un grand nom de Wall Street a déjà relocalisé une partie de son activité londonienne, et finira par rapatrier le personnel non indispensable en Europe vers les Etats-Unis ou l’Asie, indique l’agence Bloomberg, en citant un banquier, qui a requis l’anonymat en raison du caractère confidentiel du plan.

Mais il y a des limites au transfert d’activité. La première est la nécessité de garder un pied sur le Vieux Continent et un accès à ses 450 millions d’habitants. La deuxième est le décalage horaire. La troisième, la perte de temps, et donc d’argent, liée au transfert d’activité. Enfin, la quatrième réside dans les différences culturelles. Une banque installée à l’étranger aura plus de difficultés à comprendre les spécificités d’une entreprise européenne. De tout cela découle que certains établissements pourraient conserver quelques activités sur le Continent, mais uniquement dans le but de satisfaire aux règles d’accès au marché unique.

Sources Les Echos

Publié dans Finances-riches

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