Caroline Fourest remet en cause le financement public des écoles privées : une vraie bonne idée !

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Caroline Fourest remet en cause le financement public des écoles privées : une vraie bonne idée !

Alors que beaucoup de citoyens se plaignent d'une école publique en difficulté pour assurer l'égalité et la réussite de chaque jeune, les politiques publiques libérales depuis plus de 10 ans plutôt que de donner les moyens financiers et humains en ont supprimés aggravant de fait l'efficacité de l'école de la République, tout en continuant de financer les écoles privées soutenues par les forces réactionnaires !

C'est donc avec une certaine satisfaction que nous avons entendu le petit boulet de canon lancé par l'essayiste Caroline Fourest au micro de Patrick Cohen sur France inter.

Elle remet en cause la loi Debré de 1959 qui a instauré une participation financière de l'Etat au profit des écoles privées, au motif que certains établissements catholiques et musulmanes "enseignent la haine de la République".

"L'idée n'est pas de remettre en cause la liberté de l'enseignement. Mais si on veut sortir des discours incendiaires et de court terme qui consistent à parler de l'interdiction du voile à chaque coin de rue pour faire semblant de défendre la laïcité, il faut sauver l'école laïque. Elle est la seule qui peut travailler en profondeur contre les préjugés, les superstitions qui montent les Français les uns contre les autres. il faut lui donner les moyens d'être attractive." (...)

"L'école publique dépense 10 à 11 milliards d'euros pour aider des écoles privées largement confessionnelles dont certaines durcissent leur caractère propre, catholiques et musulmanes, les écoles de l'UOIF (organe représentatif des musulmans de France) par exemple touchent des subventions de l'Etat. Des écoles catholiques enseignent la haine de la République.

La loi Debré défait tout ce que les pères de la laïcité avaient bâti dans les larmes. Nous avons réussi à séculariser notre pays, même si les passions reviennent.
(...)

L'école privée confessionnelle peut se débrouiller seule, elle a déjà le pouvoir de sélectionner ses enfants, de demander plus d'argent et de frais de scolarité,

Ces propos font écho à deux polémiques récentes. La première concerne l'école catholique, avec la dénonciation par deux lycéennes de la distribution d'un manuel anti-avortement dans des établissements privés sous contrat avec l'État. pourquoi ne pas la laisser vivre par elle-même?"

La seconde polémique a été soulevée par l'émission de Bernard de la Villardière, "Dossier Tabou", qui montrait des petites filles voilées au sein de leur école privée musulmane, dans la ville de Sevran. L'émission révélait également la présence de prédicateurs aux propos intégristes dans une école privée dirigée par Amar Lasfar, président de l'UOIF.

Ces deux controverses avaient poussé Emmanuel Macron à déclarer que "des écoles confessionnelles qui enseignent la haine de la République, professent des enseignements essentiellement en arabe ou, ailleurs, enseignent la Torah plus que les savoirs fondamentaux". Ce à quoi le Fonds social juif unifié avait rétorqué: "A l'instar de l'enseignement privé catholique dont Emmanuel Macron est issu (il a été scolarisé au lycée jésuite La Providence à Amiens, ndlr), l'enseignement privé juif respecte scrupuleusement les programmes scolaires définis par le ministère de l'Education nationale".

Serpent de mer

La question de la séparation claire entre argent public et argent privé est un serpent de mer dans le monde de l'éducation.

Et la journaliste n'est pas la seule à mettre les pieds dans le plat. La principale fédération de parents d'élèves, la FCPE, se demandait en décembre 2014 déjà s'il ne fallait pas couper les subventions publiques au privé, étant donné le manque de moyens dans certains établissements publics, notamment dans le département de Seine-saint-Denis.

Plus tôt encore, en 2011, le CNAL (Comité national d'action laïque), déclarait que "l'État verse 7 milliards d'euros à l'enseignement privé, et les collectivités locales (mairies, conseil général, conseil régional) en allouent 5 milliards, alors que ces écoles ne sont pas soumises aux mêmes obligations que les écoles publiques, ont un caractère religieux, et peuvent choisir leurs élèves.

Pas de loi à tous les étages

"La laïcité n'a tué personne et nous protège tous, a précisé Caroline Fourest. C'est le point d'équilibre qui nous permet de ne verser ni dans le repli identitaire, ni dans le déni de notre passé."

Elle a également taclé les vélléités de la droite de légiférer à chaque début de polémique sur le voile ou le burkini. Elle s'est ainsi prononcée en défaveur d'une loi sur le voile à l'université ou bien sur le burkini.

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