Il ya 110 ans la CGT affirmait sa vocation révolutionnaire

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Il ya 110 ans la CGT affirmait sa vocation révolutionnaire

“En 1906, la Confédération Générale du Travail (CGT) est une centrale syndicale puissante, mais divisée. Elle représente 200 000 travailleurs, regroupés dans 2 400 syndicats. Et, le premier mai, elle a montré sa force en organisant une grève massive pour obtenir la journée de huit heures. Ce fut le cas dans cette grande année 1906, sans doute l'année du siècle la plus fertile en luttes.

Mais le débat est vif en son sein entre les réformistes, pour qui l'action syndicale doit se cantonner à une amélioration concrète des conditions de travail des ouvriers, les guesdistes, qui veulent mettre la CGT au service d'un grand parti révolutionnaire, et les anarchistes, qui rêvent de renverser la société capitaliste et bourgeoise par la grève générale, en-dehors des partis politiques.

Ce débat est tranché le 13 octobre 1906, lors du IXe Congrès de la CGT, qui se tient depuis le 8 à Amiens, dans les locaux de l'école du faubourg de Noyon.

Là, sur 839 délégués, 830 adoptent ce qu'on appellera dès 1912 "la charte d'Amiens". Elle affirme à la fois l'indépendance du syndicalisme et sa vocation révolutionnaire : "il prépare l’émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ; il préconise comme moyen d’action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance, sera dans l’avenir le groupement de production et de répartition, base de réorganisation sociale ; [...]

En ce qui concerne les individus, le congrès affirme l’entière liberté pour le syndiqué, de participer, en dehors du groupement corporatif, à telles formes de lutte correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à lui demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu’il professe au dehors."

Michel ETIEVENT

Publié dans syndicats

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