PCF. 65 000 questionnaires et 7 axes pour rassembler

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

PCF. 65 000 questionnaires et 7 axes pour rassembler

Le Parti communiste a rendu publics les résultats de sa grande consultation sur les aspirations populaires pour un projet de rupture à gauche. Prochaine étape, faire émerger l'exigence d'une candidature commune pour 2017, pour donner une chance à cette démarche d'aboutir.

«Que demande le peuple? » s'interroge le PCF depuis qu'il a lancé, il y a plusieurs mois, le pari osé de sa « grande consultation ». « Je n'ai pas souvenir d'une consultation d'une telle ampleur », constate François Miquet-Marty, président de l'institut ViaVoice, avec qui le PCF a conçu l'enquête.

Emmanuel Macron, qui se targuait également d'une opération inédite avec son mouvement En marche !, aura réussi, à grand renfort médiatique, à faire remplir 25 000 questionnaires comportant 8 questions.

Si le PCF espérait pouvoir compléter des centaines de milliers de questionnaires, le résultat, bien que moindre, reste inédit : 400 000 personnes rencontrées et 65 000 questionnaires intégralement remplis. « C'est une consultation, pas un sondage, indique François MiquetMarty, mais le nombre, la diversité sociale et générationnelle des enquêtés en font un outil tout à fait intéressant. »

NON AUX PONCIFS

Quelles sont les préoccupations populaires ? « Cette consultation témoigne d'une envie d'être pris en compte, écouté par les politiques et on sent également une certaine colère par rapport au système », analyse le politologue.

Preuve de l'exigence démocratique, spontanément, les réponses placent le besoin d'une nouvelle République, plus démocratique, en tête (31 %) des grands chantiers à engager pour l'avenir du pays. La question sociale est par ailleurs fortement mise en avant avec les exigences d'améliorer les services publics (27 %) et la lutte contre le chômage (25 %).

Quelles sont les explications à la crise relevées dans la consultation?

Une partie de la population refuse les canons idéologiques diffusés tous les jours par les médias et politiques : pour les enquêtés, ce sont les banques, les actionnaires et la finance (78 %), qui sont responsables de la crise et non pas les immigrés. Le capitalisme est un mauvais système pour l'humanité et la planète, pour 70 % d'entre eux. Ils réfutent également les poncifs idéologiques autour d'un prétendu « coût » du travail (67 %) ou l'individualisation de la responsabilité, puisque seuls 26 % pensent qu'« il suffit qu'un individu le veuille pour s'en sortir ».

« Ce tableau dessine une convergence de vues dans le peuple de gauche, dont les valeurs et les aspirations sont assez homogènes », analyse François Miquet-Marty.

Les priorités concrètes des enquêtés dessinent à elles seules un contre-projet de société : la hausse des salaires (38 %), une action plus forte pour l'environnement (31 %) et la lutte contre les discriminations (28 %) sont plébiscitées.


NOUVELLE ÉTAPE

De cette matière, le PCF a tiré 7 grands axes à mettre en débat dans les campagnes présidentielle et législatives :

  • reprendre le pouvoir sur la finance ;
  • une autre République ;
  • investir sur l'avenir ;
  • l'égalité hommes-femmes ;
  • une France protectrice et solidaire ;
  • produire autrement et changer l'Europe.

Ces thématiques constituent, aux yeux des communistes, les axes structurants d'une politique de gauche dont le pays à besoin.

« Nous recherchons tout ce qui permet de rassembler la gauche alternative opposée à la politique de François Hollande, argue Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. Nous pensons que nous pouvons être nombreux à nous retrouver sur des positions communes. »

La restitution de la « grande consultation » ouvre donc désormais une nouvelle étape pour le PCF. « C'est par ces batailles-là que nous entrons en campagne et non, d'abord, par le candidat », précise encore Olivier Dartigolles.

Les thématiques issues des préoccupations dévoilées par la consultation doivent désormais faire l'objet de « luttes concrètes ». Une première date de mobilisation, le 22 octobre, devant le siège d'Apple en France est annoncée par le PCF pour réclamer le paiement des impôts dus au fisc par la multinationale.


« Je n'ai pas souvenir d'une consultation d'une telle ampleur. » FRANÇOIS MIQUET-MARTY, PRÉSIDENT DE L'INSTITUT VIAVOICE

Si ce travail sur le fond doit y contribuer, le PCF veut également amplifier la mobilisation pour une candidature commune de l'alternative à gauche.

« Je tire la sonnette d'alarme car chacun voit bien que, dans le paysage actuel des candidatures, nous allons vers une catastrophe politique, avec une victoire conjuguée de la droite et de l'extrême droite », alerte Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.

« Il y a des forces socialement convergentes et politiquement divisées », constate-t-il à la lecture des résultats, sans toutefois se résoudre à cette situation : « Je n'emmènerai pas le peuple de France avec le Parti communiste à la présidentielle comme on va à l'abattoir, avec au bout une victoire de la droite et de l'extrême droite », a tonné le dirigeant communiste lors de l'émission de restitution de la grande consultation (1).

Le PCF va mettre en ligne une pétition nationale pour exiger le rassemblement des forces alternatives. Pierre Laurent appelle ainsi à des mobilisations locales pour « interpeller ceux qui sont concernés pour leur demander de prendre leurs responsabilités ».

Une réunion est prévue le 3 novembre avec les personnalités qui soutiennent la démarche. L'idée de l'unité commence à faire son chemin. Un appel a été publié dans « Libération », le 10 octobre, pour « une seule candidature alternative à gauche ». Appel signé par des personnalités communistes, socialistes, écologistes ou du Front de gauche.

Un autre appel, « Faisons front commun en 2017 », initié par des militants communistes, défend pour sa part l'idée d'un rassemblement autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, mais dans un autre cadre que celui de La France insoumise.


AVANT LES LÉGISLATIVES

Dans le courant du mois de novembre, les communistes décideront pour leur part de leur positionnement pour la présidentielle. Trois hypothèses leur sont soumises : poursuivre l'effort de rassemblement sans soutenir immédiatement de candidat ; soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon ou présenter un candidat communiste.

« Nous poursuivrons nos efforts pour le rassemblement, quel que soit notre choix de candidature », précise Olivier Dartigolles.

Enfin, les communistes veulent, à partir de la grande consultation, construire le rassemblement pour les élections législatives. « La question qu'on veut nous imposer, c'est de quels députés le président a besoin ? Nous, nous voulons imposer la question de savoir de quels députés le peuple a besoin », rappelle Pierre Laurent.

Le peuple répondra-t-il à ce nouvel appel ?

(1) L'émission, ainsi que les résultats de l'enquête du PCF, sont visibles sur

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