Sarkozy se défoule dans le paradis des riches ou livre son dernier testament politique...

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Sarkozy se défoule dans le paradis des riches ou livre son dernier testament politique...

À quelques jours de la primaire de la droite et du centre, Sarkozy s'est rendu à Neuilly-sur-Seine se ressourcer devant ses « amis fidèles » des Hauts-de-Seine, dont le couple Balkany dont les gamelles ne cessent de faire du bruit tant elles sont nombreuses. Roger Karoutchi aurait préféré Courbevoie, mais Sarkozy a choisi Neuilly-sur-Seine. Sans doute par « nostalgie », pense le secrétaire départemental de la fédération LR du 92.

C’est vrai, c'est à Neuilly que tout a commencé pour l'ancien président, dans cette ville qu’il dirigea de 1983 à 2002. «Je faisais si jeune à l’époque que des dames d’un certain âge voulaient absolument me faire traverser la rue », a-t-il plaisanté lors d’un meeting entre amis dont nombre de riches.

L’actuel député et maire Jean-Christophe Fromantin, avec qui les relations sont exécrables, avait proposé à l’ancien président de l’accueillir, mais son offre est restée sans réponse. Il était donc absent. Tout comme la présidente du conseil régional d’Île-de-France, Valérie Pécresse, tout comme Patrick Devedjian, qui soutiennent Alain Juppé. Par contre la maire de Puteaux Joëlle Ceccaldi-Raynaud, ainsi qu’Isabelle et Patrick Balkany étaient eux aussi confortablement installés au premier rang du théâtre qui accueillait ce petit évènement destiné à serrer les boulons devant la catastrophe annoncée..

Devant ce parterre d’« amis solides et fidèles », Nicolas Sarkozy a sorti les cartes du bon vieux temps de la copinerie entre soi. « Tous les visages qui sont ici, c’est une partie de ma vie. Moi je n’ai rien oublié et ceux qui sont ici sont mes amis, moi je voudrais leur dire ma reconnaissance d’être là une fois de plus », a-t-il affirmé, en prenant soin de taire les multiples mises en examen des Balkany, dont celle pour « blanchiment de corruption et de fraude fiscale aggravée par le caractère habituel », la dernière en date visant l’édile.

Rien d’étonnant à ce silence : le candidat n’était pas là pour contrarier ses amis mais pour les soutenir et pour obtenir en retour leur soutien. Chez ces gens là rien n'est gratuit, tout est intéressé! C’est pourquoi il leur a dit exactement ce qu’ils voulaient entendre. Sur le « drame de l’échec de l’intégration républicaine », sur l’immigration, sur l’islam, sur les « racines chrétiennes de la France », mais aussi sur tous ceux qui ne pensent pas comme eux et qu’il continue d’appeler « bien-pensants » ou « pseudo-intellectuels ». Lui, le porte-parole autoproclamé de la « majorité silencieuse » n’est pas de ces gens-là. Lui ose tout dire. Lui n’a peur de rien.

C’est ce qu’il a tenté de faire croire pendant une heure aux 500 personnes venues boire les paroles de l’enfant chéri. Mais à l’écouter enchaîner les raccourcis caricaturaux sujet après sujet, on avait surtout l’impression qu’il jouait son va-tout. À moins de deux semaines du premier tour de la primaire, et alors qu’il est toujours aussi loin derrière Juppé dans les sondages, l’ancien chef de l’État a laissé tomber les derniers filtres. Et ouvert grand les vannes. Ce va-tout avait aussi le parfum du testament tueur, Neuilly est devenue pendant une heure : Règlement de compte à OK Coral !.

Il ne s’est pas contenté de s’en prendre au maire de Bordeaux, à son concept d’« identité heureuse », à la phrase « j’aime pas les flics » qu’on lui a récemment prêtée, ou encore au soutien du patron du MoDem François Bayrou qu'il a dénoncé pendant 10 minutes la « politique de boutique » de ce « complice d’un quinquennat agonisant ». Il a élargi son spectre de détestation à tous les autres concurrents au scrutin, dont il ne semble guère avoir goûté les propos désobligeants le 3 novembre. Et ce, sans jamais citer leur nom, pour mieux marquer son mépris.

Entre deux attaques politiciennes, l’ex-chef de l’État s’est également fait plaisir sur les marottes qu’il déroule depuis plusieurs semaines à présent.

La détention préventive des fichés S : « S’ils n’ont rien fait, au bout de huit jours, on les relâchera et on fera une belle lettre d’excuses, celle que l’on ne m’a pas faite. » Les menus dissociés dans les cantines scolaires : « Si un élève vient d'une famille où on ne mange pas de porc, eh bien, le jour à la cantine où il y a des frites et une tranche de jambon, le petit ne prend pas de tranche jambon, il prendra une double ration de frites. C’est la République. La même règle et le même menu pour tout le monde. C’est ça la République ! » Les minorités : « On n’en peut plus du droit à la différence. […] Ils aiment parler du droit à la différence, mais notre différence, celle de la majorité silencieuse, on la respecte pas. »

La sécurité : « La société doit se défendre. Appelez-les voyous, racailles, délinquants. Le seul mot que je refuse, c’est le mot de sauvageons. »

Nuit Debout : « Ces grands intellectuels debout la nuit, couchés le jour. Quand on est debout la nuit, le jour on fait pas grand-chose. »

La réforme des rythmes scolaires : « Je ne veux pas d’une école où l’on fasse de la poterie. »

Les décrocheurs : « Qu’ils se dépêchent de raccrocher parce que j’arrive. » Le service militaire qu’il leur promet : « Ils découvriront l’immense satisfaction quand on se lève à 5 heures du matin, la qualité du dialogue avec le sous-officier, […] on perfectionnera même leur français. »

Promettant de regrouper les aides sociales en une seule et même allocation que « pas une personne ne pourra toucher s’il refuse plus de deux fois un emploi », Nicolas Sarkozy s’est ensuite fait applaudir par ce parterre de riches sur la question des droits de succession qu’il souhaite exonérer jusqu’à 400 000 euros par enfant.

Qu’importe s’il y avait comme un hiatus à l’entendre parler du « déclassement des classes moyennes » dans l’un des départements les plus riches de France : l’ancien président se moque des critiques. « Je veux bien prendre la pensée unique de face et leur dire : “Je ne suis pas votre candidat” », a-t-il tonné.

Par contre pas un mot sur les grands problèmes de nos compatriotes : les salaires, le stress au travail, les libertés, l'abominable Loi Travail ou l'emploi alors que le chômage bât des records ! Ou cela ne l'intéresse pas ou alors il n'a rien à dire, son successeur ayant mis ses pas dans les siens de 2012 à 2017, il envisage surement en cas d'élection de mettre ses pas dans ceux d'Hollande jusqu'en 2022!

L’ex-chef de l’État se dit persuadé que la « majorité silencieuse » lui donnera raison le 27 novembre, au soir du second tour de la primaire. De la même façon qu’il sentait « monter la vague » à la présidentielle de 2012, il sent aujourd’hui « monter la mobilisation ». Je sens monter un ras-le-bol généralisé d’une France silencieuse, pourtant majoritaire, qui n’en peut plus d’entendre ce qu’elle entend à longueur de radio et de voir ce qu’elle voit à longueur d’émission de télévision.». Et pourtant c'est pas faute d'y voir en permanence Sarkozy qu'on en arrive à penser que les directeurs de chaîne en ont fait leur favori !

Et de poursuivre : « Dans 15 jours, ils vont être surpris, parce que dans 15 jours, c’est le peuple de France qui ira dire : “La France c’est pas fini, on est là”.»

On se croirait il y a cinq ans. Non content d’aborder les mêmes sujets sous les mêmes angles, Nicolas Sarkozy s’en prend aux journalistes, tout comme il l’avait fait à l’époque. À l’en croire, la presse ne comprend rien. Pas même ses blagues douteuses sur les migrants de Calais : « J’avais pas pigé qu’il y avait une jungle à Calais. Alors y a le réchauffement climatique… C’est une image, je le dis à nos amis journalistes… » a-t-il glissé en fin de prestation, provoquant les rires de la salle. Les idiots, ils n'ont pas compris leur favori !

Sources Médiapart

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