USA : l'horreur est en marche !

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

USA : l'horreur est en marche !

Le suspens n'aura pas duré longtemps. Les partisans d'Hillary Clinton ont la gueule de bois ce matin : le Républicain Trump remporte les élections présidentielles américaines. Le saut dans l'inconnu est immense, le monde peut trembler.

Aucun des deux principaux candidats, Clinton et Trump, ne représentait un avenir décent pour le peuple américain, et particulièrement pour les travailleurs quelle que soient leur langue, leur couleur de peau ou leur origine.

La victoire de Trump est a la fois le signe fort de la décomposition sociale, de la crise profonde de l'Amérique et la tentative illusoire de faire tourner en arrière la roue de l'histoire.

Qu'un président américain soit élu sur le slogan "make America great again" montre que les américains ont déjà intégré que l'Amérique n'est plus la superpuissance qu'elle était. L'écart entre le "rêve américain" et la réalité sociale de l'Amérique ne peut plus être masqué. Trump a surfé sur la colère de la petite bourgeoisie blanche (mais pas que) contre les ploutocrates qui ont sacrifié le peuple pour se sauver eux-mêmes.

A part sa personnalité charismatique, sa niaque, et son absence totale de scrupule, Trump n'a aucun programme crédible ni force sociale organisée pour agir sur les causes du chaos. Il n'est que la deuxième face d'une seule et même crise politique et sociale qui vient d'enfanter d'un monstre alors que cette crise appelle au contraire un changement radical de politique.

Le discours de Trump lors de sa campagne électorale est éclairant. Il ne promet pas une vie meilleure, pas une santé meilleure, plus de logements décents, une éducation de qualité, des salaires ou des emplois. Non, il vend de la "grandeur", un rapport de force entre les américains et le.monde, entre les américains et les immigrés, entre les USA et le Mexique ...

En d'autres termes, il va chercher à reporter sur les autres le poids de la crise américaine. C'est une marche de plus franchie vers une crispation généralisée, porteuse d'un conflit global.

Les USA, comme la plupart des régions du monde recèlent des ressources suffisantes pour permettre une vie digne à chacun. A conditions que celles-ci soient correctement utilisées (avec des modes de productions qui ne les épuisent pas, mais reconstituent et recyclent) et équitablement réparties. Il faut se rendre à l'évidence : le capitalisme ne sait pas faire cela.

Il est temps de s'organiser pour mettre en oeuvre d'autres rapports sociaux, fondés sur la propriété et la gestion collective du patrimoine commun, sur l'égalité, la solidarité avec le partage du travail et des richesses et, en un mot, d'envisager la suppression des classes sociales.

L'Europe a traversé une crise par des aspects comparables dans les années 30. N'en oublions pas les leçons, même si plusieurs générations se sont succédées depuis.

Publié dans Amérique du Nord

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