USA : où sont passés les électeurs ?

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

USA : où sont passés les électeurs ?

Des milliers de personnes ont manifesté mercredi soir dans plusieurs villes des Etats-Unis pour protester contre la victoire de Donald Trump, condamnant les propos polémiques tenus par l'homme d'affaires lors de la campagne.

À New York, les manifestants se sont dirigés par milliers vers la Trump Tower, la résidence luxueuse du futur 45e président des Etats-Unis situé sur la Cinquième avenue tandis que des centaines d'autres se rassemblaient dans un parc de Manhattan au cris de "Pas mon président".
 
Dans le centre de Chicago, quelque 1.800 personnes massées à l'extérieur d'un bâtiment appartenant au magnat immobilier - la Trump International Hotel and Tower - ont scandé des slogans tels que "Non à Trump ! Non au KKK (Ku Klux Klan) ! Non à une Amérique raciste !"
 
À Seattle, un homme a blessé cinq personnes par balles, dont l'une se trouve dans un état critique, lors d'une dispute qui a éclaté non loin d'une manifestation contre Donald Trump.
 
À Oakland, en Californie, quelque 6.000 manifestants ont bloqué le trafic routier et lancé des projectiles en direction des forces de police. Des vitrines de magasin ont été brisées et des poubelles incendiées. La police a riposté en tirant des gaz lacrymogènes.
 
À Los Angeles, ils étaient un peu plus de 5.000 à avoir répondu à un appel à un sit-in géant contre le milliardaire républicain.
 
Des centaines de personnes se sont également rassemblées à Philadelphie, Boston, Portland ou encore Austin, la capitale du Texas.
 
Lors de son discours de victoire, tard dans la nuit de mardi à mercredi, le magnat de l'immobilier a lancé un appel à l'unité au terme d'une campagne qui a mis en lumière de manière souvent crue les divisions profondes de la société américaine. De son côté, après avoir concédé une défaite "douloureuse", la démocrate Hillary Clinton, a souhaité que Donald Trump soit un bon président pour tous les Américains, ajoutant qu'il fallait lui laisser "la chance de diriger".
 
Plus tôt dans la journée, plus d'un millier de lycéens et d'enseignants avaient quitté les classes à Berkeley, en Californie, pour protester sous le mot d'ordre "Pas notre président" contre Donald Trump. Quelque 1.500 lycéens se sont rassemblés dans la cour de la Berkeley High School, selon Charles Burress, porte-parole du district scolaire, dans la baie de San Francisco. Ils se sont ensuite dirigés vers le campus de l'université de Berkeley, ville connue pour son progressisme. Brandissant des pancartes frappées de slogans anti-Trump et des drapeaux mexicains, les étudiants scandaient : "Not my president !" (pas mon président) et "Si se puede !", formule classique du mouvement des droits civiques des immigrés.
 
Des manifestations avaient eu lieu dès mardi soir dans la région de San Francisco. Une autre manifestation a eu lieu à l'Université de Californie, à Davis, non loin de la capitale de l'Etat, Sacramento, où des étudiants ont bloqué les rues et scandé : "Vous n'êtes pas l'Amérique ! Nous sommes l'Amérique !"
 
Ces manifestations contre l'élection de Trump témoignent de la frustration que vivent des millions d'étasuniens qui veulent sortir de la crise sociale, de la domination de l'oligarchie, qui aspirent à la dignité, au respect et voir mis un terme aux inégalités et aux discriminations. Ils rejettent aussi un système électoral qui ne les représente plus et détourne leur choix majoritaire.
 
On peut ainsi se poser la question, les USA sont souvent présentés comme le summum de la démocratie, mais est-ce bien la démocratie?
 
En effet Trump a rassemblé moins de voix que son adversaire et seulement 26 % des électeurs inscrits. C'est à dire que 74 % des électeurs n'ont pas voté pour lui !Donald Trump est élu avec 200 000 voix de moins qu'Hillary Clinton !
 
Trump obtient 58,97 millions de voix et Clinton 59,11 ! sur un total de 225 millions d'électeurs inscrits.

Rajoutons que le système de primaires sous couvert de choisir celui jugé comme le meilleur de chacun des deux grands partis, est en fait le moyen d'éliminer ceux qui gênent comme fut étouffé Sanders qui est le seul à avoir pu mobiliser la jeunesse et les milieux populaires qui ne supportent plus les représentants de l'oligarchie, les Clinton, les Trump et autres Obama.

Ce résultat sidérant est le fruit de plusieurs facteurs. Notamment le caractère fédéral de ce pays avec des Etats surreprésentés dans le sud en particulier où l'on s'est fortement mobilisé.

Le second facteur est l'abstention. Par rapport à 2008,  Mme Clinton perd 10 millions de voix sur le score d'Obama qui avait obtenu 69.45 millions de voix ! M. John Mc Cain l'adversaire républicain de l'époque avait alors obtenu plus de voix de Trump (soit 59.9 millions). De même en 2012 alors qu'Obama obtenait 66 millions de voix, son adversaire Mitt Romney obtenait 60,9 millions soit également plus que D. Trump.

Trump n'a donc pas gagné l'électorat populaire aux Démocrates. Il n'a pas non plus créé un enthousiasme nouveau, ni un vote important des ouvriers sur des thèmes xénophobes.

Il a su mobiliser un électorat populaire Républicain, très majoritairement blanc, peu diplômé et dans en grande difficulté, qui s'est trouvé un leader qui leur parlait de leurs difficultés et désignait des boucs émissaires qui apparaissaient à cet électorat comme les responsables.

En face, Hillary Clinton a fait fuir ses électeurs car elle incarne un système économique dont les gens ne veulent plus et dont ils constatent les désastres. Le tout avec un très fort taux d'abstentions qui frappe surtout les milieux populaires.

Faire reculer l'abstention demeure la clé de toute solution progressiste.

Les aberrations démocratiques des USA sont possibles comme elles le sont en France avec  des Présidents qui ne représentent pas une majorité du Peuple et des députés qui pour être élu-e doivent obtenir le double de voix d'un autre député lui élu-e avec deux fois moins de voix. Tans qu'il n'y aura pas la proportionnelle intégrale le représentation du peuple français à l'Assemblée Nationale sera totalement faussée!

La proportionnelle intégrale à toutes les élections est un des piliers de la 6ème République que propose les communistes.

Publié dans Amérique du Nord

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