Nicaragua : les électeurs plébiscitent les sandinistes et leur politique sociale

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Nicaragua : les électeurs plébiscitent les sandinistes et leur politique sociale

Ce 6 novembre, pour la troisième fois d’affilée, le Front sandiniste de libération du Nicaragua (FSLN) a remporté les élections, avec 72,5 % des suffrages. Daniel Ortega, président du FSLN, est reconduit à la présidence.  Une manière pour le peuple de valider une politique qui a réduit la pauvreté et l’analphabétisme, tout en développant l’économie sur une base sociale.

Fondé en 1961, le FSLN est l’un des mouvements de libération les plus performants du continent américain. En 1979, il était parvenu à chasser le dictateur Somoza. Mais cela n’avait pas été du goût des États-Unis qui perdaient là un pion important en Amérique centrale. Pendant près de 10 ans, les États-Unis allaient financer les « Contras », une armée de mercenaires, dans l’intention de renverser le gouvernement sandiniste. La guerre avait fini par épuiser le pays et sa population. En 1990, celle-ci, lassée de la guerre, élisait à la présidence Violeta Chamorro, candidate de l’opposition unie qui pouvait compter sur le soutien des États-Unis et de l’ONU.   

Malgré cette défaite, le FSLN poursuivait son action sur le terrain. Il restait ainsi étroitement en contact avec la population, ce que lui permettaient également ses propres stations de radio et de télévision. En même temps, le FSLN maintenait son influence au sein de l’appareil d’État, de la justice et de l’armée. 

Pendant ce temps, la politique néolibérale du nouveau gouvernement laissait des traces. En 2006, quelque 80 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté, gagnant moins de 2 dollars par jour ; 50 % des travailleurs n’avaient  pas un emploi décent. La population a donc décidé de changer. Lors des élections présidentielles de 2006, 38 % des Nicaraguayens se prononçaient pour le FSLN et Daniel Ortega redevenait président. 

Couverture

Le Nicaragua donne de l’espoir à la gauche latino-américaine, fortement mise sous pression. (Photo Solidaire, Thierry Warmoes)

L’approche sociale du FSLN reprenait l’avantage. L’enseignement et les soins de santé redevenaient gratuits. Les agriculteurs bénéficiaient à nouveau d’un soutien économique et les programmes sociaux consacraient leur attention à la situation des femmes.

En un minimum de temps, l’analphabétisme dégringolait de 36 à 3,5 %. L’extrême pauvreté de 17 à 9 %, la mortalité infantile et maternelle diminuaient de 90 %. Le pays grimpait de la 90e place à la 6e dans le classement mondial concernant le respect des droits des femmes.

Ce revirement social n’a pas empêché pour autant à l’économie de progresser. Elle connaît une croissance de 4,5 % par an, l’un des chiffres les plus élevés de la région. 60 % de la production économique vient du secteur public et des coopératives. Cela permet une importante redistribution, ce qui permet de faire régresser l’inégalité dans tout le pays. Depuis 2006, le salaire minimum a été augmenté à quatre reprises et le revenu moyen a progressé de 39 %. 

C’est ce palmarès social que six millions de Nicaraguayens ont plébiscité. En 2011, le FSLN obtenait 62,5 % des suffrages. Cette année, il a donc fait 10 % de mieux encore. 

L’engagement permanent du FSLN en faveur de la population nicaraguayenne a été de nouveau récompensé, ce qui donne aussi de l’espoir à la gauche latino-américaine, fortement mise sous pression.

Article publié dans le mensuel Solidaire de décembre 2016

Publié dans Amérique Latine

Commenter cet article