Témoignage en direct d'Alep par Georges Malbrunot (Journaliste à RTL)

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Témoignage en direct d'Alep par Georges Malbrunot (Journaliste à RTL)

C'est sans aucun doute un tournant dans la guerre en Syrie. Les troupes de Bachar al Assad ont totalement repris la ville d'Alep. Des dizaines de milliers de civils et de rebelles ont été évacués ces derniers jours et conduits en territoire rebelle, un peu plus à l'ouest. Les derniers ont quitté la partie est de la ville, jeudi 22 décembre.

Dans Alep-Ouest, des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour fêter la victoire du régime. Les derniers rebelles ont quitté la ville, avec à leurs côtés des troupes russes, alors que quelques heures avant les deux camps s'affrontaient. "C'était même surréaliste. J'ai vu un soldat russe à qui un rebelle a tendu la main pour aller vérifier sous une bâche que les rebelles ne cachaient pas d'insurgés", explique Georges Malbrunot, envoyé spécial à Alep pour le Figaro.

Il précise que les observateurs de la Croix-Rouge "qui ont été les vrais témoins de toutes ces évacuations", estiment que ce sont les Russes qui ont été à la manœuvre. "Ça souligne également le retrait des soldats syriens, probablement de 
Bachar al Assad qui n'est pas maître de toutes les décisions", note Georges Malbrunot.

Le journaliste précise que les forces russes ont accepté que les rebelles puissent sortir d'Alep-Est avec leurs armes légères et quelques armes lourdes. Pourtant Bachar al Assad était opposée à cette option, "mais il a dû céder, ça montre bien que sur le terrain, ce sont les Russes, accessoirement les Iraniens et le Hezbollah, qui sont maîtres de la situation", analyse Georges Malbrunot.

Les civils et les rebelles qui ont dû quitter Alep-Est se rendent dans la province d'Idleb, à l'ouest, "l'un des derniers fiefs de l'insurrection anti-Assad, frontalière de la Turquie", précise le journaliste qui estime que c'est là que se jouera 
la prochaine bataille en Syrie.

D'ailleurs, le régime syrien et la Russie ont commencé à bombarder la région. "C'est une rébellion, qui dans cette poche d'Idleb, est très fortement islamiste. C'est en quelque sorte, une sorte de mini émirat jihadiste tenue par ceux qui sont liés à l'ancienne branche locale d'Al-Qaïda", conclu le journaliste.

Publié dans Moyen Orient

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