Toyota (Nord) vaincu par la détermination d'un salarié victime d'une grave injustice...

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

A Douai, le 15 septembre 2016 - Ludovic Milice, devant la cour d'appel de Douai.

A Douai, le 15 septembre 2016 - Ludovic Milice, devant la cour d'appel de Douai.

La détermination d’un ouvrier a rendu célèbres les toilettes de l’usine Toyota d’Onnaing. Il vient de gagner son procès contre la firme automobile…

 

Son acharnement judiciaire a fini par payer. La justice a donné raison à Ludovic Milice, ce salarié de l’usine Toyota à Onnaing, près de Valenciennes, dans le Nord, qui avait été licencié après être allé aux toilettes lors du discours du président. La cour d’appel de Douai a estimé que le licenciement de cet ouvrier était sans cause réelle et sérieuse.

La société Toyota devra donc verser des dommages et intérêts à hauteur de 11.000 euros, soit un peu moins d’un an de salaire, à Ludovic Milice qui en réclamait 61.000. Le constructeur automobile est également condamné à rembourser à Pôle emploi six mois d’allocations-chômage.

>> A lire aussi : Il avait été viré après être allé aux toilettes pendant le discours de son PDG

Dans son argumentaire, le juge considère que le licenciement est « disproportionné par rapport au fait et à la personnalité du salarié » et que l’entreprise Toyota n’apporte aucune preuve d’une quelconque faute.

En revanche, le magistrat rejette l’accusation de discrimination syndicale : Ludovic Milice avait été délégué CGT avant son licenciement. « Le mauvais climat social ne peut faire présumer une discrimination sur sa propre personne », évalue le jugement. « Je suis quand même content et très fier d’avoir fait condamner une multinationale comme Toyota après quatre ans de bataille », affirme l’ancien salarié.

Ludovic Milice avait engagé une procédure judiciaire contre son employeur après avoir été licencié pour « abandon de poste » et « insubordination », en octobre 2012. Alors qu’il a toujours affirmé qu’il s’était simplement rendu aux toilettes pendant le discours de son patron, la direction de Toyota l’accusait d’avoir été vu dans l’usine « sans casque, ni gants » dans une zone où ils sont obligatoires, et « avec son téléphone entre les mains », alors que c’était interdit durant les heures de travail.

Un extrait de sa lettre de licenciement donne, par ailleurs, le ton avec des propos déconcertants : « Nous nous étonnons donc de votre capacité à vous “gratter la tête” tout en tenant potentiellement votre casque, puisque vous auriez donc dû le remettre après avoir fini de vous gratter la tête, tout en tenant également votre téléphone portable. »

L’ancien ouvrier avait perdu en première instance. Contrairement à la cour d’appel, les Prud’hommes de Valenciennes avaient jugé que le licenciement était justifié. En janvier 2012, Ludovic Milice avait déjà fait condamner Toyota pour non-paiement d’indemnités de déplacement.

Publié dans Libertés Démocratie

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