CHU de Montpellier : " Il faut faire toujours plus avec moins de personnel "

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

De g. à d. : Ngoun Trem (CNI), Simone Dutheil (SUD), Philippe Péretti (CGT) et Françoise Gaillard (CGT). Photo A.M.

De g. à d. : Ngoun Trem (CNI), Simone Dutheil (SUD), Philippe Péretti (CGT) et Françoise Gaillard (CGT). Photo A.M.

CGT, CNI et SUD appelaient mardi à une journée d'action. Après la suppression de 400 postes, le retour à l'équilibre devait être assuré. Il n'en est rien et les personnels sont épuisés et il faudrait au moins 3% de plus pour "maintenir l'existant".

"On s'émeut quand il y a la grippe, mais c'est tous les jours la guerre". Simone Dutheil (SUD Santé) ne fait pas dans la dentelle, mais elle sait qu'avec ces mots durs, elle illustre parfaitement la situation que vivent ses collègues. "Les anciens sont épuisés, les jeunes partent", résume Ngoun Trem, de la Coordination nationale infirmière (CNI).

Avec la CGT, ces organisations appelaient mardi à une journée d'action et notamment à un rassemblement entre midi et deux devant l'hôpital Lapeyronie de Montpellier.

400 postes ont été supprimés depuis 2012 dans le cadre d'un "contrat de performance". Un "plan stratégique d'augmentation de l'activité" a suivi, accompagné de la promesse d'un retour définitif à l'équilibre. Si les trois derniers exercices ont en effet été équilibrés en recettes et dépenses, cette année, c'est un budget en déficit de 7 millions d'euros que le directeur général va présenter à l'ARS (Agence régionale de santé).

"La machine va casser"

Dans l'enveloppe globale du CHRU, les mesures salariales et statutaires du gouvernement n'ont en effet pas été prises totalement en compte. "Pour simplement maintenir l'existant, explique Françoise Gaillard, il faudrait une augmentation de 3% de l'enveloppe" qui ne s'est vu attribuer qu'un supplément de 1,5%. "C'est la moitié de ce qu'il faudrait juste pour continuer de souffrir comme on souffre", ajoute Simone Dutheil.

"L'hôpital ne tourne que grâce au professionnalisme des soignants", insiste Philippe Péretti (CGT) quand Ngoun Trem prévient : "La machine va casser". "Il faut faire toujours plus avec moins de personnel", résume Philippe Péretti.

Les syndicalistes ont rencontré le directeur général et s'ils lui reconnaissent la "transparence" nécessaire, ils lui ont fait part d'une "inquiétude légitime" avec une première revendication : l'arrêt des suppressions de postes. "Le directeur général a bien conscience qu'on est à bout", mais ça ne l'empêche pas de prévoir une nouvelle "optimsation" de l'organisation "pour mettre des moyens là où on en a le plus besoin". "On a du mal à imaginer un service où l'on s'en sort si bien", ironise Françoise Gaillard. En outre, ajoute-t-elle, "il y a une question à laquelle il ne répond pas : va-t-on être encore obligés de céder de l'activité au secteur privé qui lui se porte bien ?" Déjà, des médecins reconnus sont partis étant donné la difficulté qu'ils ont à exercer dans le public.

"Si on n'a pas de rallonge, ce sera du sang et des larmes"

Le ministère envisage aussi - "c'est la marotte de la ministre" - de développer encore la chirurgie ambulatoire. Son objectif est de 66% des actes chirurgicaux, le CHRU est à 32%. "Pour en faire plus il faut des restructurations, de l'investissement, changer des locaux... Si la direction générale maintient les effectifs, il faudra bien qu'elle fasse des choix sur la part réservée à l'investissement", analyse Françoise Gaillard.

"Plus on fait d'efforts, plus il faut en faire", dénonce encore Simone Dutheil en montrant du doigt "un système qui nous amène dans le mur". Système né sous la présidence de Chirac avec la loi Bachelot, qui n'a pas été remise en cause ensuite. "Au contraire, la loi Santé de Marisol Touraine est plus drastique encore. C'est la casse du système de santé", estime Françoise Gaillard, "au profit, ajoute Simone Dutheil, de ceux qui investissement dans le marché de la santé".

La commission médicale d'établissement a été interpellée. "Il faudra bien un jour qu'avec les médecins, on rame dans le même sens", estiment les syndicalistes. La population - "c'est elle qui est maltraitée" - sera appelée à la rescousse le 7 mars, jour d'une manifestation nationale et d'une mobilisation en région.

"Si on n'a pas de rallonge, ce sera du sang et des larmes" promet Philippe Péretti, persuadé qu'il est impossible de supprimer encore des postes et des lits. "On trouve bien des milliards pour sauver les banques !" ponctue Ngoun Trem.

Source La Marseillaise

Publié dans Luttes sociales

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