Thomas Portes : les mots ont un sens

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Thomas Portes : les mots ont un sens
Thomas Portes : les mots ont un sensThomas Portes : les mots ont un sens

Les mots ont un sens, épisode 1.

Chaque semaine, retour sur l'actualité politique et sociale au travers du décryptage des déclarations d'hommes et de femmes.

Carlos Ghosn.

En plein forum de Davos, symbole de l’entre-soi des puissants de ce monde, le vorace PDG de Renault s’est livré à une confidence sur sa future rémunération de 2017 : « il serait quand même surprenant, que si les résultats de l’entreprise sont records, la rémunération du patron diminue ». Carlos Ghson serait-il inquiet ? Il est vrai que faire aussi bien que 2016 parait difficile. Non rassasié par ses trois salaires, le PDG de Renault s'est offert un petit cadeau de noël : 6 6 M€ de plus-value en revendant ses stock-options. Par contre, pour les salariés pas d’augmentation en vue, simplement un accord de compétitivité qui flexibilise et précarise le travail.

Mais que Carlos Ghosn se rassure, la loi Sapin 2 n’entre en vigueur qu’en 2018. D’ici là, profitant de la complaisance de l’état, il pourra continuer à se gaver sur le dos des salariés. Bienvenue dans l’empire Ghosn.

François Fillon.

Voilà que le champion de la rigueur se fait épingler par le Canard Enchainé sur les conditions de rémunération de son épouse. Montant des émoluments : 500 000 euros. Cela fait plutôt mauvais genre pour quelqu’un qui n’a cessé de qualifier les pauvres d’assistés. Mais qui sont vraiment les assistés ? François Fillon n’en est pas à son premier coup d’essai. En 2009, il s’était déjà payé des vacances marocaines aux frais de l’état, utilisation du Falcon et services de personnels compris. Explication donné à l’époque « tout le monde a besoin de se ressourcer pour mieux agir ensuite ». En 2016, la communication de l’ex-premier ministre n’est pas bien meilleure. Plutôt que de répondre sur le fond, François Fillon préfère dénoncer « le mépris et la misogynie » qui entoure cette affaire. Il est vrai qu’en se prononçant contre le droit à l’IVG, tout en soutenant la manif pour tous, Fillon place la défense des libertés des femmes au cœur de son programme présidentiel ! Mais au final, il est ici question d‘éthique en politique.

Est-il normal de salarier quelqu’un de sa famille ? Comme l’a exprimé Pierre Laurent : « légal ou pas, cela devrait être le bon sens, quand on est parlementaire, de ne pas embaucher sa famille comme assistant parlementaire ». Chez Fillon, l’éthique comme la défense du droit des femmes ne sont sans doute pas une priorité.

Pierre Gattaz.

«Je suis très angoissé sur (son) plan irréaliste", c’est avec ses termes que le patron du MEDEF a accueilli le programme de Benoit Hamon. On pourrait presque le comprendre, lui qui a dicter la politique du gouvernement depuis 5 ans. Son cauchemar : le revenu universel. Pour Pierre Gattaz « le meilleur pouvoir d'achat c'est l'emploi" ». Et les 1 million d’emplois promis en contrepartie des 40 milliards de CICE on en parle ? Pas avare de conseil, le patron des patrons a quelque peu tancé François Fillon concernant sa proposition de supprimer 500 000 fonctionnaires, "Dit comme ça, vous mettez le feu au pays, aux fonctionnaires. Ce n'est pas bon ». Une critique sur la forme et non sur le fond, car supprimer des fonctionnaires c’est plus que bon pour Gattaz. Dès 2013 il expliquait au micro de Jean-Jacques Bourdin que le problème de la France était qu’il y avait "trop de fonctionnaires en France".

Angoisse, oui. Mais pour les salariés de ce pays, pas pour le patron du MEDEF.

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