Pierre Laurent appelle la gauche au « dialogue » pour construire « une majorité politique »

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Primaire, affaire Fillon… pour les communistes, les cartes sont rebattues pour 2017. Rappelant l’engagement de son parti dans le soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, le secrétaire national du PCF a invité les candidats de gauche à la présidentielle et leur formation à un débat sur les propositions pour « une politique résolument à gauche ».
 
Après la primaire du PS qui a qualifié Benoît Hamon comme candidat à la présidentielle, pas question de changer de pied pour le PCF. « Nous sommes engagés dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon», a affirmé Pierre Laurent, son secrétaire national, qui, après avoir gardé le silence depuis dimanche, a également dit hier, à l’occasion d’une conférence de presse au Sénat, sa détermination à poursuivre la démarche de « rassemblement » engagée depuis un an par son parti.
 
Une démarche que le dirigeant communiste estime confortée par les résultats de la primaire socialiste. « Nous considérons que nous sommes dans une situation nouvelle » et que « la désignation de Benoît Hamon (en) est la marque », a-t-il déclaré, jugeant que François Hollande et Manuel Valls ont été « éliminés parce qu’il y a parmi le peuple de gauche l’envie de tourner cette page et de retrouver l’espoir ».  « On nous a expliqué depuis des mois que le scénario était joué d’avance, c’est moins vrai que jamais aujourd’hui », a ajouté le sénateur de Paris,  considérant « la candidature à droite fragilisée » avec « l’affaire Penelope Fillon » et avant cela des « propositions très dures » notamment sur la Sécurité sociale. « Nous voyons bien que le Front national est en embuscade, a-t-il concédé. Mais en maquillant son programme. Cette imposture (sur ses propositions dites sociales, NDLR) peut être démasquée dans les semaines à venir. »
 
Pour ce faire c’est au « dialogue » à gauche que le PCF appelle. Il ne s’agit pas, selon ses dirigeants, de demander à Jean-Luc Mélenchon ou à Benoît Hamon de se retirer en faveur de l’autre pour la présidentielle : «Cela n’aurait pas de sens. Ils ont chacun leur légitimité. Jean-Luc Mélenchon a fait un bon début de campagne et Benoît Hamon a emporté la primaire », a relevé le porte parole du PCF, Olivier Dartigolles. « Jean-Luc Mélenchon est moins isolé que Yannick Jadot et ni plus ni moins que Benoît Hamon », a ajouté Pierre Laurent. La direction communiste, qui a rendu publique une déclaration, hier, considère nécessaire de « retrouver le chemin du dialogue » en vue de la « constitution d’une majorité politique mettant en œuvre une politique résolument à gauche » à l’issue des scrutins de cette année. «Nous sommes prêts à toutes les rencontres » , a insisté Pierre Laurent, qui a parlé par téléphone avec Jean-Luc Mélenchon lundi soir et avec Benoît Hamon mardi matin. « Il y a nécessité de reconstruire rapidement des repères de ce que doit être une politique de gauche », a abondé Olivier Dartigolles.
 
« Beaucoup d’occasions ont été ratées, une nouvelle se présente. Pour la saisir utilement il faut débattre de la politique qu’il faut mettre en œuvre», a-t-il poursuivi. Sans attendre, le PCF a mis hier sur la table plusieurs dossiers : la question sociale (« Par quoi remplacerons nous la loi El Khomri? », a interrogé Pierre Laurent, avançant la proposition de loi de sécurisation de l’emploi et de la formation  déposée aujourd’hui par les députés communistes), la lutte contre la finance et l’évasion fiscale, le nouveau mode de développement, la politique européenne…
 
Pierre Laurent a également assuré que les communistes allaient amplifier leur « campagne contre la droite et l’extrême droite, démasquer Macron et mettre (leurs) propositions en débat ». Quant aux législatives, elles demeurent, selon le comité exécutif national du PCF, « plus que jamais une étape essentielle pour construire une majorité qui vote des lois, au nom et en faveur du peuple ». Avec Jean-Luc Mélenchon, «le dialogue va être plus facile » a-t-on glissé hier alors que PCF et France insoumise ne se sont pour l’heure pas entendu pour éviter des candidatures concurrentes. « Nos candidats aux élections législatives construisent dans leur circonscription des arcs de rassemblement qui ne sont pas enfermés dans les appartenances partisanes », a assuré hier le secrétaire national du PCF.
 
Julia Hamlaoui
 
 

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