Syrie :Les attentats en Syrie fragilisent le processus de paix à Genève

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Syrie :Les attentats en Syrie fragilisent le processus de paix à Genève

Les pourparlers de Genève pour tenter d'amorcer un règlement politique au conflit syrien sont fragiles et peuvent cesser notamment au lendemain d'un attentat terroriste à Homs avec plusieurs victimes civiles innocentes, qui a replacé le "terrorisme" au coeur du débat.

L'attentat sans précédent depuis une attaque en 2012 à Damas, a fait entre 30 et 42 morts et tué un proche du président syrien, le chef du renseignement militaire de Homs, Hassan Daaboul. Ce nouveau crime terroriste a été revendiqué par le groupe Fateh al-Cham, l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda. Immédiatement, l'ONU s'est inquiétée d'une tentative de faire "dérailler" les négociations de Genève.

"A chaque fois que nous avons des pourparlers, il y a toujours quelqu'un qui essaye de faire dérailler le processus. Nous nous y attendions", a déclaré l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura.

Mais la réaction la plus forte est venue des autorités syriennes, qui a promis de ne pas laisser cet attentat impuni, et estimé, par la voix de son représentant aux négociations de Genève, que l'attentat envoyait un "message clair". Dans une conférence de presse particulièrement offensive après avoir rencontré M. de Mistura, le chef de la délégation gouvernementale syrienne a sommé l'ONU et surtout l'opposition de condamner clairement les attaques de Homs considérant comme "complice" toute partie refusant de condamner l'attentat.

"Ce qui s'est passé aujourd'hui a jeté une ombre sur les pourparlers de Genève", a-t-il poursuivi. "La priorité numéro un à Genève est de discuter du terrorisme", a-t-il répété à plusieurs reprises.

L'opposition, qui s'est exprimée dans la foulée, a condamné "le terrorisme", mais sans mentionner explicitement Homs. Interrogé pour savoir si elle parlait de Homs, il a été répondu: "Nous condamnons toutes les opérations terroristes, et si ce qui s'est passé à Homs est une opération terroriste, alors mes déclarations sont claires".

L'attentat de Homs est venu fragiliser des discussions de paix déjà difficiles. Les négociations de Genève engagées jeudi font suite à trois précédentes sessions en 2016. A chaque fois elles avaient échoué, victimes de la reprise de la violence sur le terrain et du fossé entre les belligérants. Damas répétait que sa priorité était de "lutter contre le terrorisme", quand l'opposition réclamait des négociations sur une transition politique.

Depuis la cérémonie d'ouverture jeudi, M. de Mistura a multiplié les bilatérales, mais les discussions s'enlisent dans des questions de procédure. "Nous avons exclusivement parlé de questions relatives au format des discussions", avait ainsi déclaré M. Jaafari vendredi.

Censées aborder sur le fond la question d'un règlement politique du conflit, les discussions se retrouvent de nouveau dominées par la question du "terrorisme".

Les attaques de Homs se sont produites au lendemain d'un autre jour sanglant en Syrie vendredi, où des attentats revendiqués par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) ont fait 83 morts, dont 45 civils, près d'Al-Bab dans le nord du pays.

Cette violence générale illustre la fragilité de la situation dans un pays ravagé par six ans de guerre, où interviennent des acteurs multiples notamment des groupes terroristes qui n'ont pas été éradiqués définitivement et peuvent encore faire l'objet d'utilisation par certaines forces politiques frustrées d'avoir été mises hors jeu dans le processus de paix qui s'engage.

Il est temps que l'ONU les ramène à la raison car la guerre en Syrie a déjà fait plus de 300.000 morts et des millions de réfugiés. Le peuple syrien comme celui du Yémen a aussi droit à la paix !

Publié dans Moyen Orient

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