Macron recycle les ringards, les brebis galeuses et les chercheurs de "gamelle"

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Macron recycle les ringards, les brebis galeuses et les chercheurs de "gamelle"

Avec le savonnage de la planche à Benoît Hamon par le PS, Macron avec son programme de droite d’inspiration néolibérale, voit se multiplier les ralliements de vieux ringards de la politique et parmi eux les habitués de la "gamelle" pour continuer de vivre de la politique.

Il est jeune, beau et riche au point qu’il plait aux belles-mères des jeunes "bobos" en recherche d’un bon placement pour leur progéniture. Mais comme on dit « l’habit ne fait pas le moine » ou « grattez le vernis et la réalité réapparaîtra vite », preuve nous est donnée par ces ralliements qui font que le mouvement "En marche" et son contenu sentent chaque jour un peu plus la naphtaline. Nous sommes bien loin de l’image de renouvellement, d’alternance et de renouveau démocratique, cultivée par le jeune banquier.

Avec la déconfiture attendue de Fillon, Macron apparaît certes comme le moins pire face à Marine Le Pen pour nombre d’électeurs notamment de gauche. Ce piège est terrible! La CGT toujours pertinente, vient d’attirer l’attention « elle appelle à voter pour le progrès social et à choisir le meilleur plutôt que le moins pire ! »

En effet, quand nous grattons le vernis du jeune banquier que découvrons nous ? D’abord un programme libéral de droite qui fait rougir de gêne le patronat tant il est la copie conforme du leur avec le retrait de l’Etat soumis à la dictature de la finance et des grandes multinationales dont le jeune candidat est le représentant ! Dans son "livre publicité" intitulé « Révolution », Macron omet par calcul politicien de préciser de quelle révolution, il s’agit de « la Révolution conservatrice », cette précision est très utile pour ne pas être le couillon de la première heure.

C'est aussi la révolution de Fillon avec le même sens et les mêmes finalités. Il fallait bien le cacher. Ce jeune homme qui est loin d’avoir la stature d’un chef d’Etat est déjà rompu aux vieilles ficelles politiciennes, il sait très bien qu’on n’attire pas les mouches avec du vinaigre !

Sans expérience d’élu, sans aucune connaissance de la vie des collectivités territoriales alors qu’elles sont à proximité des citoyens, sans aucune expérience de parti politique et donc d’exercice de la démocratie politique comme cela a pu être vérifié sur les bancs de l’Assemblée, où il ne fut jamais élu par le peuple mais où il n’eut de cesse de provoquer les élus du peuple qu'ils soient de droite ou de gauche !

Face à une telle inexpérience et à un manque de stature avéré, nombre de vieux leaders politiques ont décidé de le rejoindre individuellement ou à sa demande pour venir l’aider si par malheur il était élu chef d'Etat ! La liste est impressionnante !

Il y a d’abord Gérard Collomb usé par le pouvoir. Ce cumulard des postes politiques illustre un PS qui a fait le choix définitif du néolibéralisme contre le social et la démocratie. Le vieux sénateur qui ne met jamais les pieds au Sénat, n’est pas synonyme du renouveau politique loin s’en faut, mais il sait être influent vis-à-vis de toutes celles et tous ceux qui sont à la recherche d’une "gamelle" et prêt à obéir au « chef », le petit doigt sur la couture du pantalon !

L’ancienne Présidente du Medef, Mme Parisot qui dès qu’elle le peut, renouvelle sa marque de confiance au jeune banquier. Il y a de quoi rassurer les patrons et la finance avec un tel vieux joyau dans sa chaussure !

Suivent dans la foulée Jacques Attali le penseur des révolutions conservatrices, Alain Minc l’économiste vermoulu, Elie Cohen usé par les plateaux libéraux des télés et Dominique Strauss-Khan le "queutard Newyorkais". Tous accros à la vieille économie ultralibérale des années 80 et 90 coupée du réel et qui a conduit le pays dans la grave crise qu'on connait.

Vint le tour de Jean Pisani-Ferry, économiste, commissaire général de France Stratégies et Président du comité de suivi du crédit pour la compétitivité et l'emploi. Il est membre de plusieurs clubs européens, dont Bruegel, Notre Europe et En Temps Réel. Ce penseur néolibéral devint le directeur du «pôle programmes et idées». Il anima les travaux pour le programme de Macron, c’est tout dire !

Comme on ne gagne pas une présidentielle sans maîtriser les sondages, après le soutien de Mme Parisot viendra celui de Denis Delmas, grand spécialiste, ancien président de l'institut de sondage TNS Sofres, il conseille Macron sur l’état de l'opinion avec certainement quelques bricolages à la clé !.

Bayrou ne rata pas le train. Le vieux roublard centriste très lié à la droite n’a pas hésité à trahir Fillon quitte à ternir un peu l’image du jeune Macron, mais la "soupe" devrait être bonne pour lui ! Sylvie Goulard euro députée du Modem devait penser la même chose et a rejoint le clan tout comme Jean-Marie Cavada le Président du mouvement génération citoyens et ancien du Nouveau Centre.

Estimant que Macron était la synthèse entre le social libéralisme, la finance et la politique, Daniel Cohn Bendit l'ancien soixante-huitard a vite oublié les pavés du quartier latin et son expression gauchiste « élections pièges à cons ». Il a rejoint le clan pour apporter ses conseils anticommunistes et anti-jeunes.

Il manquait quelques ténors de droite, le trou fut bouché avec les ralliements d'anciens ministres de Chirac et Sarkozy, tous en recherche de postes avec la prévisible défaite de la droite : Alain Madelin et Jean Artuis vieux routiers du libéralisme, Jean-Paul Delevoye, ancien ministre chiraquien de la Fonction publique, Corinne Le Page, ancienne ministre de l’Environnement d’Alain Juppé, Anne-Marie Idrac ancienne ministre de Chirac, ex-secrétaire d’État aux Transports avec Alain Juppé (1995-1997 et secrétaire d’État en charge du Commerce extérieur sous Nicolas Sarkozy (2008-2010), Serge Lepeltier de l'UDI, ancien maire de Bourges et ancien ministre de l’Écologie, et Renaud Dutreil ancien ministre de Chirac.

Embarrassé par cette droitisation visible et la ringardisation de son proche entourage, Macron appela alors à la rescousse les chevaux de course du PS pour redonner un semblant de gauche rosie à son mouvement et un petit coup de jeune. Hélas, seuls les vieux chevaux de course rappliquèrent, sans doute confortés par François Hollande, comme Delanoé l’ancien maire PS de Paris qui apporte avec lui quelques vieilles badernes socialistes et écologistes comme Jean-Michel Baylet, Christophe Masse député dans les Bouches du Rhône, le député tendance droite du PS christophe Caresche, l’ex-ministre et sénatrice Nicole Bricq ou Jean-Paul Huchon, ex président du conseil régional d’Île-de-France et Bartolone le Président de l'Assemblée, tous habitués aux trahisons et à la bonne "gamelle" car ils savent fermer leur gueule et savent ce qu’est être un ministre ou un député godillot !

Kouchner, fit aussi preuve d’allégeance comme il l’avait fait quelques années plus tôt avec Sarkozy en devenant un des ses ministres. Kouchner a-t-il changé ? Bien sur que non, c’est Macron qui finalement n’est pas très loin du programme de Sarkozy, ce qui rassura Kouchner et lui permit de franchir à nouveau le Rubicon.

Au milieu de ce rassemblement hétéroclite soudé par le néolibéralisme et la finance, il y a bien toujours une ou deux brebis galeuses comme le député de Corse Paul Giacobbi qui vient d’être condamné à 3 ans de prison ferme pour détournement de fonds publics ou Robert Hue qui après avoir trahi les communistes, trahit aujourd’hui les socialistes, Patrick Braouzec l’ancien maire de Saint-Denis et Castro feront de même, comme les TIbéri le fameux clan des "siciliens" parisiens !

Macron ira même draguer Philippe de Villiers mais le ralliement ne fut pas officialisé, le souverainiste étant suffisamment malin pour rallier certains déçus par le FN sans avoir à s'afficher membre du nouveau clan des retraités, futur rassemblement de joyeux drilles d'une maison de retraite pour entres-soi.

Quand on prend connaissance d’un tel rassemblement, ceux qui croyaient qu’avec Macron il y aurait un rajeunissement de la vie politique ne peuvent être que désappointés, heurtés, choqués et déçus tant le discours du jeune banquier sonne de plus en plus faux et est en total décalage avec tous ces soutiens, c'est-à-dire ceux qui vont influencer sa vision politique. Macron serait-il le roi de l'arnaque ?

Et ce d’autant que parmi ces proches soutiens, figurent des personnalités très fortunées qui finissent de clarifier l’individu Macron. Excusez du peu, on trouve le milliardaire Xavier Niel, PDG de Free, copropriétaire du groupe Le Monde, Jacques-Antoine Granjon, PDG de Vente Privée, Marc Simoncini, PDG de Meetic, Christian Dargnat, ancien haut dirigeant de BNP-Paribas, Mathieu Laine, fondateur de la société de conseil en stratégie Altermind, Catherine Barbaroux, ex dirigeante de l’Adie, association de microcrédit, Françoise Holder, les Boulangeries PAUL, Bernard Mourad, ancien banquier conseil de Patrick Drahi, Pierre Bergé, homme d’affaires et soutien financier du Parti socialiste. En 2010, il prend le contrôle du quotidien Le Monde avec Xavier Niel et Matthieu Pigasse qui soutient aussi le jeune banquier.

A ceux-là s’ajoutent des personnalités du monde des médias comme Emmanuel Chain, producteur de l’émission Capital, Laurence Haïm, ex I-Télé mais aussi le juge Halphen et cerise sur le gâteau, Geneviève de Fontenay et Valéry Giscard d’Estaing, un couple formidable !

Face au peu de sérieux des ralliements de ces derniers jours, Macron se devait de redonner un coup de fraîcheur, c’est ainsi que rappliquèrent Jean Yves Le Drian le ministre socialiste de la défense, l’homme qui fait la guerre aux pauvres du monde, et Stéphane Le Foll le ministre en exercice dans le gouvernement Cazeneuve.

Mesurant que Hamon courrait à sa tombe dès le 1er tour, Manuel Valls l’ambitieux qui ne veut pas rester dans l’ombre, a fait savoir qu’il ralliait l’équipage. Macron n’a pas apprécié cette précipitation, car elle effarouche ceux de droite comme ceux du PS qui ont viré l’ancien premier ministre à la primaire socialiste, et qui déjà cherche à monnayer son ralliement.

Macron aura-t-il suffisamment de places pour satisfaire tout ce vieux monde qui constitue le système politique actuel de la France et qui nous a conduit dans la crise actuel et le rejet de la politique. Des ralliements souvent très embarrassants pour celui qui se présente comme l’un des candidats « anti-système ».

Pour diriger un tel rassemblement de politiciens vermoulus, de vieux ringards, d’ambitieux de la "gamelle", Macron n’a assurément pas ni la stature ni l’expérience ni la capacité de commandement et court à une déconfiture. Il n’est que le furoncle médiatique du système politique français. Et avec lui président, ce système sera au stade avancé de la nécrose.

Déchiré entre tous ses soutiens et peut être certaines promesses, Macron en est conduit à ne citer aucun nom de premier ministrable. On imagine les noms des poids lourds d’un éventuel gouvernement. En réalité, le fondateur d’En Marche n’a pas intérêt à entrer dans les détails. Contrairement à ce qu'il affirme, il n'est pas le seul « maître des horloges ».

S'il gagne la présidentielle, il aura réussi le casse du siècle. Mais il devra encore faire le pari de sa capacité à gagner les législatives avec ceux que François Fillon appelle ses « députés internet ». En cas de majorité relative, il devra ensuite trouver des accords sur les textes importants avec des députés autres que ceux labellisés En Marche !

Il y a vraiment quelque chose de pourri dans cette 5ème République puisque nous risquons ainsi de voir des députés et des personnalités socialistes former avec les députés macronistes la nouvelle majorité "rose" nécessaire à Macron. On reproduirait à l'identique ces cinq dernières années comme si rien ne s'était passé. Seul le chef aura changé, Macron remplaçant Hollande mais pour faire la même politique aggravée! N'est ce pas cela que ces messieurs qualifient d'alternance ! 

Ces compromis sont en marche, les vieux routiers de la droite et sociaux libéraux appuyés par les financiers sont là pour rappeler Macron à l’ordre et pour lui montrer leur cap ! Avec Macron rien n’aura donc changé !

Et s'il perd la présidentielle, son grand rêve de recomposition politique depuis l’Élysée partira en fumée. En quelques secondes.

 

 



 

 

 

Publié dans Présidentielle 2017

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ad 01/04/2017 21:22

vous avez omis l' "excellent" Doust blazy!!!