Sans revenu, il entame une grève de la faim

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Sans revenu, Pierre Ignacel va entamer une grève de la faim pour protester contre sa situation./Photo Laurent Dard.

Sans revenu, Pierre Ignacel va entamer une grève de la faim pour protester contre sa situation./Photo Laurent Dard.

À partir de lundi, Pierre Ignacel va investir la Caisse d'allocations familiales (CAF) qui refuse d'accéder à sa demande de Revenu de solidarité active (RSA). C'est son ultime recours pour se faire entendre.

«Je suis un citoyen comme les autres, ni plus ni moins, j'ai le droit de vivre et de manger.» Dans la voix, pourtant calme de Pierre Ignacel, pointent l'indignation et la révolte, un peu comme le personnage du film couronné par la Palme d'or à Cannes «Moi, Daniel Blake».

Lundi, ce Tarbais de 50 ans, sans enfant, entamera une grève de la faim à la Caisse d'allocations familiales (CAF) des Hautes-Pyrénées. Demandeur d'emploi en fin de droits, il touchait l'Allocation de solidarité spécifique (ASS) qui s'élève à 488 € par mois. Mais celle-ci lui a été suspendue «parce que j'ai trouvé un contrat de 18 heures en chèque emploi service et qu'un allocataire n'a pas le droit de la cumuler avec un job même d'une heure».

Le péché d'ignorance s'élève à la somme astronomique de 172 € par mois. Début février, devant la fin de non-recevoir de Pôle Emploi, il se retourne vers la Caisse d'allocations familiales (CAF) pour effectuer une demande de RSA (Revenu de solidarité active). Mais là aussi, comme il dépasserait le plafond de ressources lui permettant de prétendre aux minima sociaux, sur les trois derniers mois précédant sa demande, la CAF lui enjoint de revenir début mai pour déposer un nouveau dossier.

«Je ne demande pas le RSA par confort»

«En attendant, je n'ai plus rien pour vivre. J'ai reçu un rappel de mes précédentes allocations avec lequel j'ai payé mon loyer de mars et il ne me reste plus que 200 € pour vivre jusqu'à la fin du mois. Et après, comment je fais pour manger et garder mon toit ? Déjà, j'ai dû me séparer de ma voiture parce que je ne pouvais plus mettre de carburant.

Sachez que je ne demande pas le RSA par confort. Avant que l'on me supprime l'ASS, j'étais déjà bien en dessous du seuil de pauvreté. C'est une nécessité absolue. Et je veux bien qu'on me donne du travail à la place ,» explique celui qui a travaillé en intérim comme menuisier, aux pompes funèbres ou encore à l'usine Euralis à Maubourguet.

Ainsi, Pierre Ignacel entamera une grève de la faim dans les locaux de la CAF à partir de lundi, «sauf si ma situation se débloque d'ici là, mais cela m'étonnerait fort». Il s'installera avec sa couverture et son oreiller et s'arrêtera de manger «mais aussi de boire» jusqu'à ce que la CAF veuille bien prendre en compte son cas.

«Chanteur amateur» à ses heures perdues, de tessiture «baryton moyen», «je peux aussi élever la voix s'il le faut». Histoire de se faire entendre dans le silence assourdissant de l'administration.

Cyrille Marqué

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