Adrexo : les salariés dénoncent un «retour à l'esclavage»

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Fatigués parfois usés, ils ne lâchent rien !

Fatigués parfois usés, ils ne lâchent rien !

Les salariés de l'entreprise Adrexo, soutenus par le syndicat départemental CGT PTT des Hautes-Pyrénées, veulent mettre sur la place publique les pratiques inadéquates et indélicates de leur entreprise. Ils parlent même de «retour à l'esclavage».

Cette société, Adrexo, est une société de distribution d'imprimés publicitaires chez les particuliers. Vous les voyez, ces distributeurs, sillonner les rues des villes et du rural en début de semaine, qui à voiture, qui à scooter, qui à vélo, qui à pied. Ils sont chargés comme des mules et glissent les publicités dans nos boîtes aux lettres. Celles-là mêmes que nous jetons illico, sans y consacrer une seule minute d'intérêt.

Ces personnes - précaires, en fin de droits, handicapées, parent isolé, chômeur, retraité aux petits revenus - sont recrutées par Adrexo qui «impose des contrats dégradants et exploite la misère sociale», soulève Angélique Sidou, secrétaire générale CGT PTT 65, car les distributeurs ne sont pas rémunérés pour l'ensemble de leurs tâches, seule la distribution est prise en compte et les cadences sont intenables.

Et que dire des heures supplémentaires passées à préparer les liasses au fond de leur garage faute de hangar collectif adéquat, à remplir voiture et sacoches ? «Nous n'y arrivons pas. Nous travaillons du lundi au dimanche sans arrêt et nous sommes contraints de demander à nos proches de nous aider car tout doit être mis en boîte le mercredi midi. Nos familles servent de main-d'œuvre gratuite et nous sommes seuls à ramener l'argent du ménage.»

Autre problème soulevé, l'utilisation du véhicule personnel, lorsqu'ils en ont un, son usure, l'essence, les pneus, l'assurance, rien n'est pris en compte par la société et nos revenus ne sont pas mirobolants. Alors, «si on met bout à bout tous nos frais, on serait presque mieux payé en étant inscrit au RSA», explique l'un d'entre eux.

Pourtant, ils s'accrochent eu égard à leur autonomie. Certains sont même là depuis plus de dix ans «mais nous sommes quelques rares, il y a beaucoup de turn-over. Les gens sont dégoûtés de travailler sans repos hebdo, sur des secteurs trop larges, moi, par exemple, j'en ai 11, ça me prend beaucoup de temps et d'énergie, alors que j'ai 66 ans.

Et toujours cette contrainte de temps», se plaint Christiane. «Et la nouveauté qui ne va pas nous épargner est une badgeuse, elle ne comptabilisera jamais le bon temps de travail», s'offusque Bertrand.

Avec l'aide de la CGT PTT, les salariés mécontents ont adressé une lettre ouverte à la direction générale et locale de l'Adrexo, aux pouvoirs publics et s'adressent au public.

Ils crient leur colère car, à l'évidence, il n'existe aucun volet social dans cette société. Ils ne demandent qu'à travailler dignement, être respectés et l'ouverture de négociations locales sur leurs conditions et organisation de travail.

Contacté par nos soins, le service communication d'Adrexo, basé à Aix-en-Provence, n'a pas donné suite à notre demande de renseignements.

Publié dans Luttes sociales

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