Après la censure d'un spectacle inspiré de Charb, la rédaction de «Charlie» réagit

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Après la censure d'un spectacle inspiré de Charb, la rédaction de «Charlie» réagit

 

Le journal satirique consacrera deux pages mercredi à la «censure» du spectacle tiré du livre posthume de Charb.

«C'est symptomatique et il nous fallait réagir», estime Gérard Biard, rédacteur en chef de «Charlie Hebdo» qui consacrera mercredi deux pages à la «censure» du spectacle tiré de «Lettre aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes», livre posthume de Charb, son directeur de la publication tué dans l'attaque du 7 janvier 2015 qui avait fait douze morts.

Montée par le comédien Gérald Dumont, cette lecture a été annulée à l'université Lille-II, puis dans un local de la Ligue des droits de l'homme et du Mrap d'Arras, et refusée par deux salles pour le Off d'Avignon.

«Une censure sécuritaire», ont dénoncé le comédien et Marika Bret, DRH de l'hebdo qui a oeuvré à la publication de l'ouvrage. Le président de l'université a dit craindre des «débordements», à Avignon, on a opposé des arguments artistiques, réfutant toute «autocensure». «Nous n'avons de leçon à recevoir de personne en termes de prise de risque», estime-t-on à la Manufacture qui programme un spectacle sur l'affaire Merah et un sur la radicalisation islamique.

Ne pas accepter de se taire

Dans une tribune à lire ce mercredi, Biard dénonce des «responsables» cédant au «racket totalitaire». «Le terrorisme idéologique, c'est comme la mafia, estime le journaliste joint dimanche. On menace de détruire le magasin si on ne paye pas, on paye, mais à chaque fois le prix monte et au bout du compte ils font quand même sauter le magasin parce que c'est devenu trop cher... Céder n'arrête pas le terrorisme.»

Dans ce livre, Charb décortique et détruit l'islamophobie, «concept construit sur l'idée qu'on ne peut pas critiquer une religion, que toutes les personnes de culture musulmane sont obligatoirement religieux, radicaux et incapables de sens de l'humour», poursuit-il, défendant «un texte d'une grande valeur pédagogique parce que le langage direct de Charb parle aux jeunes».

Des risques de débordements ? Il balaie. «Depuis deux ans, on en a fait des lectures en milieu scolaire, il y a eu des débats levant d'importants malentendus, mais aucun débordement, assure-t-il. Ces annulations disent que les questions soulevées par ce livre, l'antiracisme, la laïcité, l'égalité, sont dangereuses et qu'il ne faut plus en débattre... Ce qui est dangereux, c'est que la culture accepte de se taire. Si elle le fait, elle est foutue.»

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