Colère à Pontoise contre le retour de l'équilibre à l'hôpital !

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Colère à Pontoise contre le retour de l'équilibre à l'hôpital !

Une soixantaine de postes supprimés et de nombreux lits en moins. Pour la Cgt, « la rentabilité se fera au détriment des patients et des agents hospitaliers ». Le directeur répond.

La semaine dernière, la direction du centre hospitalier René-Dubos a dévoilé son plan de retour à l’équilibre (Pre) lors du comité technique d’Établissement (Cte). Ce dernier est une instance représentative du personnel dotée de compétences consultatives sur les sujets ayant une incidence sur le fonctionnement et l’organisation de l’établissement.

17 M € à « gratter »

Et si les finances à l’issue de l’année 2016 sont assez bonnes, avec un déficit passé de 15 à 8 millions d’euros, le Pre prévoit une nouvelle économie de 17 millions d’euros sur 5 ans. Un chiffre qui a fait bondir la section syndicale Cgt du centre hospitalier, dont les membres ont distribué un tract plutôt véhément au personnel hospitalier.

120 agents « de trop »

« Il ne s’agit pas de ne plus rien dépenser du tout. Le budget de l’hôpital continuera de croître. Ces 17 millions d’euros représentent le différentiel qu’il nous faut atteindre par rapport aux perspectives actuelles. Pour cela, il nous faut à la fois freiner l’accélération des dépenses, mais aussi repenser et développer les recettes, un gros chantier que nous avons déjà entamé », explique Alexandre Aubert.

La Cgt craint avant tout des réductions d’effectif : « D’ici à 3 ans, 20 postes administratifs, 16 postes en cuisine et 28 autres liés à la fermeture de la blanchisserie seront supprimés, car l’agence régionale de santé (Ars) considère que nous aurions 120 agents de trop. »

chr-rene-dubos.JPG

Fermetures de lits

Le syndicat dénonce, par ailleurs, les fermetures de 22 lits : « dix en gastroentérologie, douze en cardiologie, sans compter les 30 lits de chirurgie qui pourraient basculer en ambulatoire. »

Autre politique pointée du doigt : celle consistant à favoriser le présentéisme.

La réorganisation du temps de travail sur le dernier trimestre 2016 a notamment permis de réduire les dépenses d’1,2 million d’euros. « Les personnels fixes de nuit ont perdu de 300 à 500 euros sur leur salaire mensuel malgré l’engagement du directeur de ne pas toucher aux heures supplémentaires, alors qu’ils effectuent 35h depuis 2004, au lieu des 32h30 légales. Et en dehors des soignants, les agents travaillent 30 minutes de plus par jour, non rémunérées, pour prendre leur pause repas obligatoire… », dénonce Christine Appiani pour la Cgt hôpital.

Investissements et salaires

Pour la direction, l’augmentation non maîtrisée des déficits du centre hospitalier pourrait porter ces derniers à près de 20 millions d’euros. « Si l’on ne fait rien, on ne pourra plus investir dans du matériel, comme le scanner à 600 000 euros ou le 2e Irm à un million d’euros dont nous avons besoin. »

Ce scénario catastrophe pourrait également se traduire, entre autres, « par une incapacité à assumer les salaires ou à payer les fournisseurs, sans emprunt massif ». Mais ce que le directeur de l’hôpital redoute par-dessus tout, « c’est la perte des usagers, qui iront ailleurs si nous ne répondons pas à leurs attentes. »

Publié dans Politique nationale

Commenter cet article