Le deux poids, deux mesures bat son plein chez Orange

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Le deux poids, deux mesures bat son plein chez Orange

Hier, les salariés se sont rassemblés en marge de l’assemblée générale des actionnaires pour dénoncer les maigres hausses de salaires au regard de la flambée des dividendes des actionnaires.

Une pluie de billets de 500 euros.

Hier, devant le palais des congrès de Paris, les salariés d’Orange ont sorti la souffleuse pour faire tourbillonner l’argent factice sous le nez des actionnaires en route pour leur assemblée générale annuelle. Pendant que les détenteurs d’actions bénéficient d’une hausse rondelette de 8% des dividendes, la plupart des 96 000 employés doivent se contenter d’un maigre 1,1% d’augmentation des salaires décidée dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO).

« C’est scandaleux ! Réagit Christian Pigeon, secrétaire fédéral de Sud-PTT . La prime d’intéressement a également été baissée de 170 euros pour chacun. L’absence de reconnaissance est totale. En revanche, les 1 100 « top managers » ont reçu une prime d’environ 20 000 euros par personne. Nous revendiquons donc 500 euros d’augmentation tout de suite ! » 

Une pétition portant cette exigence a déjà recueilli des milliers de signatures.

La CGT s'est déployée dans les services pour informer les salariés. Avec 3,2 milliards d’euros de bénéfices générés par la multinationale en 2016, l’inéquité de traitement alimente la colère chez le personnel. « Tout le monde a bien conscience de cet énorme problème de partage des richesses, explique Cédric Carvalho, délégué syndical central Fapt-CGT.

Nous avons adressé un courrier à Stéphane Richard, le PDG, pour lui demander de rouvrir les NAO pour aller au-delà des 1,1%. La direction met aussi en avant les 500 euros en actions gratuites octroyés par an pour chaque salarié quelque soient les résultats du groupe, mais ils veulent plus de pouvoir d’achat tout de suite ! »

Pour les syndicats, cette manne de 8% versée aux actionnaires aurait pu être utilisée afin de recruter dans ce groupe où 13 000 emplois sont voués à la disparition entre 2016 et 2018.

Le sous-effectif pèse déjà sur les missions d'Orange et sur les conditions de travail. « Il se traduit par un recours massif à la sous-traitance et par un service qui n’est pas à la hauteur des exigences. Même si la digitalisation de l’entreprise progresse, les services techniques et de vente ont du mal à répondre aux demandes.

Avec cette augmentation des dividendes, 4 000 embauches auraient pu être réalisées ! Elle aurait aussi permis de financer 25% d’investissement en plus. Pas étonnant que de plus en plus d'employés se mobilisent localement », tonne Christian Pigeon.

Un nouveau rassemblement est prévu devant le siège du groupe le 29 juin prochain à l’appel de Sud-PTT.
 

Sources CGT et Humanité

Publié dans Luttes sociales

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