Vénissieux peut tenir le cap à gauche !

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Vénissieux peut tenir le cap à gauche !

Les élections législatives ont donc confirmé et même amplifié les élections présidentielles. On se demande si l’assemblée nationale sert encore à quelque chose puisqu’elle n’est au final que l’assemblée du président... plus besoin de 49-3 ou de longues batailles d’amendements parlementaires, le président et son gouvernement écriront directement les lois !

Dans ce contexte, le résultat Vénissian doit être analysé avec réalisme autant pour mesurer en quoi il est conforme à la tendance nationale et en quoi il est spécifique à la situation locale...

De premiers éléments d’analyse notamment dans la comparaison avec les précédentes législatives, marqués à l’époque par une vague nationale Hollande, moins importante cependant que la vague actuelle Macron.

Le premier constat est bien sûr comme partout l’abstention !

Il y a 4500 abstentionnistes de plus soit 15% des inscrits, ce qui porte l’abstention à près de 70% des inscrits (66,8%), autant dire que la grande majorité des Vénissians, surtout si on tient compte en plus des non inscrits, n’ont élu personne ! Ce constat est un peu moins vrai au moulin à vent, ou l’abstention ne progresse "que" de 10% des inscrits !

Dans ce contexte, de la gauche gouvernementale à l’extrême-droite, tout le monde perd des voix confirmant une fracture politique toujours plus large entre les citoyens et leurs institutions... et sans doute aussi cette année, une "fatigue" devant cette actualité politique qui dure depuis les primaires de fin 2016 avec sa succession d’affaires, d’histoires de personnes, de coup de théâtres, et au final, d’un choix de deuxième tour sans espoir de rupture avec les politiques suivies depuis des décennies.

L’extrême-droite perd presque 1000 voix et dans tous les quartiers... C’était déjà visible aux présidentielles, mais après le choc de 1995, nous avons bien contenu et fait reculer l’extrême-droite à Vénissieux !

La droite perd plus de 1000 voix et partout aussi. Son résultat de 2012 était déjà historiquement bas, mais la droite disparait du paysage politique et comme nous l’avions dénoncé dans notre dernier tract, laisse la place au mouvement En Marche ! Ceux qui connaissent les bureaux de vote ont noté d’ailleurs que les quelques assesseurs historiques de la droite étaient souvent cette fois à la pêche...

Mais malgré cet apport visible de droite, notamment au Moulin à Vent, ou le transfert vers Macron se sent le plus, la droite perdant 70% de ses voix des présidentielles et 66% de ses voix de 2012,

Yves Blein perd lui aussi sur 2012, sauf au Moulin à Vent ou il a suffisamment récupéré à droite pour compenser la démobilisation à gauche. Au total, il perd 1300 voix dont plus de 600 aux Minguettes, et c’est significatif du décrochage avec l’équipe Ben Khelifa qui avait fait l’ambiance délétère des dernières municipales en organisant un vote populiste sur quelques bureaux des Minguettes... Cette fois, les Minguettes n’ont pas suivi Blein !

Yves Blein a réussi à faire oublier qu’il était député socialiste sortant, un des bons élèves de François Hollande et Manuel Valls, et il a pu ainsi compenser la perte de soutiens à gauche en bénéficiant de la vague Macron.

Dans cette situation, il y avait bien place à Vénissieux pour une surprise et au total, les deux candidats qui représentaient une gauche alternative font ensemble plus de voix que Blein, et donc se seraient retrouvé en tête !

Le cumul Picard-Nivard aurait été la seule force à progresser en voix sur 2012 malgré l’abstention ! Autrement dit, la fracture et même la fatigue ne concernent pas ceux qui portent une rupture avec les politiques de la mondialisation capitaliste.

Au plan local, tout a été fait pour n’avoir qu’une candidature pour faire basculer la circonscription à gauche, mais les logiques nationales l’ont emporté sur les militants locaux, communistes, insoumis ou progressistes...

Le parti communiste perd ainsi 1000 voix sur 2012, et la France insoumise en fait 1500. Ce transfert est moins important aux Minguettes et à Max Barel qu’à Parilly et au Moulin à Vent, et sans doute faudra-t-il analyser si le développement de la ville et l’arrivée de nouveaux habitants, qui avait été favorable à l’équipe municipale en 2015 n’a pas cette fois conforté un vote plus national que local.

Mais le total Picard + Nivard progresse sur 2012 dans tous les quartiers... C’est un vrai sujet posé à tous ceux qui veulent tenir le cap à gauche face à la droite macronisée et au Front National... Comment faire s’exprimer cette force ?

Au plan national, ce que les communistes de Vénissieux dénonçaient dans la stratégie suivie par le PCF s’est confirmé. La valse hésitation confuse entre un accord avec Mélenchon et un accord avec les frondeurs, l’abandon d’un programme franchement communiste ont rendu le PCF nationalement invisible et Jean-Luc Mélenchon a réussi son pari de représenter la gauche dans son ensemble. Les situations locales n’ont nulle part résisté à cette vague issue des présidentielles, et l’apport du mouvement communiste après 1920 contre le réformisme et la soumission au capitalisme guerrier est entièrement à reconstruire.

Il reste qu’à Vénissieux comme dans d’autres villes, il existe une majorité contre ce gouvernement de recyclage des idées de droite, il faut lui permettre de s’exprimer, de se mobiliser dans les luttes sociales pour l’emploi, le logement, la solidarité, contre la précarité et les inégalités...

La lutte continue pour tenir le cap à gauche !

Pierre Alain Millet

Publié dans Législatives 2017

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