Congrès extra 2018 : intervention de Jean Marc Durand au CN de juin

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Congrès extra 2018 : intervention de Jean Marc Durand au CN de juin

Conseil National des 23/24 juin 2017 Intervention

Onze députés communistes élus à l’Assemblée Nationale cela remet un peu de baume au cœur d’autant plus que nous pouvons créer un groupe autonome. Mais cette embellie ne gomme pas pour autant notre résultat historiquement bas aux législatives.

La question est pourquoi en sommes-nous arrivés là ? D’ou l’importance de faire un bilan critique et contradictoire de la phase électorale écoulée mais pas seulement de cette phase-là d’ailleurs.

Je vais tenter de donner ma lecture de la situation.
Il est difficile de demander à nos concitoyens de nous reconnaître électoralement sur un plan national alors que nous-mêmes, non seulement nous ne valorisons pas notre existence mais nous nous donnons souvent beaucoup de mal à la dissimuler, voire à l’effacer comme au moment de l’épisode de la candidature à la présidentielle. A se demander si nous croyons encore en nous et en ce que nous faisons et représentons.

C’est ce qui ressort de nos stratégies, je dirai même de notre stratégie tant elle est identique, développée depuis la gauche plurielle en passant par les collectifs anti-libéraux jusqu’au Front de Gauche. Un Front de gauche qui était une belle idée si sa tache originelle n’avait pas été d’une part un sous-entendu de fusion dans une seule organisation nous faisant disparaître et d’autre part une construction au sommet. Une construction comme toutes celles que nous avons entreprises depuis un certain temps, qui faute d’une dimension essentielle : la mobilisation et l’action du peuple autour de deux ou trois idées force incarnant le ciment de ce rassemblement, ne peut aboutir positivement ; diverses expériences historiques l’ont d’ailleurs démontré.

Je veux encore préciser que nous sommes continuellement revenus à cette même démarche stratégique, et cela malgré nos propres décisions de congrès proposant autre chose. J’en veux pour preuve notre dernier congrès à propos de la candidature à la présidentielle.

Et naturellement il est très difficile de créer les conditions d’une intervention populaire lucide alors que nous ne jouons pas notre rôle d’impulsion, de force motrice du débat politique avec nos propositions qui loin d’être un obstacle au rassemblement en sont une cheville ouvrière. De ce point de vue nous avons aussi à nous interroger.
Depuis quand n’avons-nous pas été capables de mener une vraie campagne politique sur la durée, dans la proximité, ponctuée d’initiatives marquantes avec suivi et impulsion ? Certes il y a eu quelques tentatives mais elles ont vite avorté.

Et quand nous nous exprimons dans les médias, nos propositions sont trop souvent absentes de nos interventions. Pourtant notre parti est riche de contenus et de propositions. Nos commissions travaillent et produisent des choses très intéressantes mais il faut bien remarquer qu’elles ont beaucoup de mal à dépasser un cercle d’initiés. Pourquoi les travaux de notre conseil national ne consacrent pas une partie de leur temps à échanger, débattre et s’approprier collectivement ces propositions ?

Comment dès lors et sur quoi être visible, audible, identifié dans le pays par les salariés et nos concitoyens ? Il faut bien avouer que c’est très difficile. D’ailleurs dans les rencontres que nous avons pu faire pendant les campagnes électorales il n’était pas rare de rencontrer des gens nous disant : « mais vous existez encore ? » Qu’ils nous disent à quoi ils nous identifient aujourd’hui devenait une véritable gageure.

Pour conclure je dirai que Oui il y a besoin d’un congrès (en juin prochain ce serait bien) pour débattre de tout cela. Oui il faut placer ce congrès sous le contrôle de chaque adhérent d’où le besoin d’une commission de transparence et d’animation de ce congrès élargie. Oui on peut travailler à partir de questions précises mais l’issue doit être un document de congrès. Et il y a nos statuts à revoir !

Et enfin oui il y a besoin d’un congrès pour redéfinir une orientation et une stratégie et élire à partir de celles-ci, les camarades qui les porteront dans le respect du vote des communistes, avec courage et détermination et la volonté de les faire vivre sans reculer face au moindre obstacle et sans succomber aux sirènes de l’électoralisme.

Publié dans Congrès extra 2018

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