Macron a provoqué la fronde des militaires par son autoritarisme et son amateurisme !

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Jean Jacques Bridey

Jean Jacques Bridey

Cela sonne comme un acte important de défiance d'un membre de la majorité envers Macron. Et ce, le 14-juillet et en pleine polémique autour du budget de la Défense, alors que le chef de l'État (mais surtout des armées) a tenté d'imposer sèchement son autorité aux cadres de l'état-major qui contestent publiquement les arbitrages de l'exécutif.

Jean-Jacques Bridey, président (La République en marche) de la commission de la Défense de l'Assemblée et conseiller défense d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, entre lui aussi dans la danse de la protestation.

Sur RFI le 14 juillet, le député du Val-de-Marne dit "regretter" les économies demandées au ministère de la Défense. Ne s'arrêtant pas là, il conteste clairement un sens des priorités qu'il ne partage pas : "C'est un choix. Personnellement, je le regrette, surtout quand je vois l'explication qui a été donnée par Bercy, puisqu'on nous dit qu'il faut faire 4 et quelques milliards d'économies mais que dans le même temps, on ouvre 1,5 milliard d'ouverture de crédit pour la capitalisation d'Areva."

Jean-Jacques Bridey va donc clairement dans le sens du chef d’état-major des armées, Pierre de Villiers, ainsi que d’autres haut-gradés, qui plaident depuis plusieurs jours dans les médias et devant les parlementaires pour un rééquilibrage budgétaire. Ce qui leur a valu, ce jeudi, un très sévère recadrage de la part d'Emmanuel Macron.

Malgré ce recadrage, le général Vincent Desportes a qualifie "d'amateurisme" le gouvernement pour ne pas citer le nom de Macron.

"Cette affaire est une maladresse profonde. Le problème de fond, c’est probablement un problème de tenue du gouvernement. Cette annonce n’aurait jamais dû être faite avant le 14 juillet. Donc on est bien dans une maladresse. Est-ce qu'on est devant de l'incompétence ? Peut-être bien. De l'amateurisme ? Très probablement !"

À l'hôtel de Brienne devant les armées pour le traditionnel discours d'avant 14-juillet, le Président a eu un acte d'autorité insupportable et irrespectueux :

"Il ne m’a pas échappé que ces derniers jours ont été marqués par de nombreux débats sur le sujet du budget de la Défense. Je considère, pour ma part, qu’il n'est pas digne d’étaler certains débats sur la place publique. J’ai pris des engagements. Je suis votre chef. Les engagements que je prends devant nos concitoyens et devant les armées, je sais les tenir. Et je n’ai, à cet égard, besoin de nulle pression et de nul commentaire. De mauvaises habitudes ont parfois été prises sur ces sujets, considérant qu’il devait en aller des armées comme il en va aujourd’hui de nombreux autres secteurs. Je le regrette. J’aime le sens du devoir. J’aime le sens de la réserve qui a tenu nos armées où elles sont aujourd’hui. Et ce que j’ai parfois du mal à considérer dans certains autres secteurs, je l’admets encore moins lorsqu’il s’agit des armées."

Complètement ridicule, semble-t-il, pour empêcher Jean-Jacques Bridey de dire le fond de sa pensée publiquement quelques heures plus tard. Où l'on découvre que, malgré une certaine caporalisation de la majorité parlementaire, des dissensions commencent à se faire jour en macronie...

Dans la journée, deux autres députés LREM ont eux aussi contesté ces arbitrages budgétaires, comme l'a repéré un journaliste du Figaro. Il s'agit de Jean-Charles Larsonneur et Gwendal Rouillard.

Cela c'est pour l'année 2017, car pour 2018 et les années suivantes l'engagement de Macron est de porter l’effort de défense à 2% du PIB en 2025 pour être en conformité avec les demandes de Trump pour le financement de l'OTAN. Il a aussi affirmé que le budget allait bien augmenter en 2018, à 34,2 milliards d'euros contre 32,6 milliards cette année.

De quoi peut-être rassurer Pierre de Villiers, qui défend régulièrement le budget des armées et qui, auditionné par la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, avait déclaré qu’il ne se laisserait pas "baiser" par Bercy.

Sources : Le lab Europe 1

Publié dans Politique nationale

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