Ségur de la santé, le gouvernement loin du compte et des attentes. Les mobilisations doivent se poursuivre !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Ségur de la santé, le gouvernement loin du compte et des attentes. Les mobilisations doivent se poursuivre !

Devant les mobilisations des soignants et des citoyens, l’exécutif a du reculer mais la contestation se poursuit.

Malgré l’octroi de primes et de médailles, le gouvernement se retrouve forcé de mettre de réelles augmentations de salaires sur la table, dans le cadre du Ségur.

Mardi soir, le nouveau premier ministre a du annoncer le gonflement de l’enveloppe prévue pour les revalorisations d’un milliard d’euros supplémentaires, portant le montant total à 7,5 milliards d’euros et promettre 15 000 créations de postes. Une proposition qui ne convainquait toujours pas les syndicats.

« Le gouvernement inclut les créations de postes dans l’enveloppe des 7,5 milliards d’euros », précise Patrick Bourdillon, secrétaire national de la CGT santé.

« En gros, ils ont augmenté le périmètre de l’enveloppe et pas l’enveloppe elle-même », fustige-t-il. « On nous prend pour des ânes, on attend toujours qu’ils mettent du fric sur la table », insiste-t-il, rappelant que les revendications mises en avant par les syndicats reposent sur une augmentation de 300 euros pour l’ensemble des personnels hospitaliers, mais aussi sur 100 000 créations de postes, un plan de formation et l’arrêt des fermetures de lits.

Le gouvernement propose un projet d'accord et arrête la négociation autoritairement.

Bien loin des 300 euros d’augmentation exigés par les syndicats hospitaliers, ce projet d’accord gouvernemental doit trouver preneur d’ici lundi, échéance fixée par le gouvernement.

Si ce Ségur de la santé a bien été mené au pas de charge avec les syndicats, le bilan au terme de sept semaines de discussions est loin d’être à la hauteur des attentes exprimées par les personnels hospitaliers et leurs représentants. Alors qu’ils réclamaient 300 euros d’augmentation pour tous, ce serait finalement 180 euros supplémentaires qui seraient accordés aux paramédicaux - la rémunération des médecins faisant l’objet d’une négociation distincte.

Le projet d’accord mis sur la table par le gouvernement prévoit en effet une augmentation en deux temps - 90 euros au 1er septembre puis 90 euros en mars 2021 - pour les agents des établissements publics. Les paramédicaux du secteur privé bénéficieraient d’une revalorisation de 160 euros. Une refonte des grilles est également à l’ordre du jour pour certains métiers. L’exécutif souhaite par ailleurs que les établissements octroient aux personnels un intéressement collectif. Enfin, l’engagement de procéder à 15 000 embauches dans le système hospitalier est sur la table.

Ces propositions constituent certes des avancées, mais tous les syndicats ne se positionnent pas de la même manière.

« On a été au bout de ce qu’on pouvait faire », a réagi Didier Birig, secrétaire général de FO santé. « 7,5 milliards d’euros, ce n’est pas une petite somme », a-t-il estimé. Cet accord « a le mérite d’exister », a confirmé la CFDT santé, Ève Rescanières, évoquant pour sa part « un bon accord ». (sic)

Du côté de la CGT, le ton est plus critique. « Les revalorisations vont concerner des établissements privés, y compris ceux à but lucratif, alors que par ailleurs 35 000 fonctionnaires du secteur médico-social vont en être exclus », dénonce Patrick Bourdillon, secrétaire national de la CGT santé-action sociale.

La CGT regrette en outre que les effets de seuil défavorables aux bas salaires ne soient pas pris en compte. « Certains agents vont perdre le droit à des aides sociales ou devenir imposables avec cette augmentation, ce qui v a neutraliser le gain réel pour le salarié à la fin du mois », estime-t-il.

Sur les 15 000 embauches annoncées, seules 7 500 correspondraient à de réelles créations de postes, les autres étant des emplois vacants non pourvus et déjà budgétés, précise le syndicaliste.

Mais au-delà des insuffisances, le texte contiendrait aussi certains reculs sociaux.

« Ce protocole d’accord contient une attaque frontale contre les 35 heures en prévoyant de modifier le décret de 2002 pour permettre de faciliter le recours aux heures supplémentaires sans qu’on ne connaisse ni le plafond d’heures ni le niveau de majoration envisagés », pointe Patrick Bourdillon.

« Il n’est toujours pas question de réouvertures de lits ni de la participation des agents à la gouvernance de l’hôpital », déplore en outre Anne-Françoise Thiollier, membre du collectif Inter-hôpitaux.

« 180 euros, ce n’est pas rien mais notre mobilisation première visait à offrir un service public de qualité pour tous. Or dans mon établissement, à l’hôpital pédiatrique Robert-Debré, on continue à fermer des lits malgré les promesses inverses d’Olivier Véran », s’indigne-t-elle.

Le gouvernement doit trouver d'ici lundi matin une organisation syndicale qui veuille bien signer ce protocole. Qui va s'exposer alors que le mécontentement ne cesse de grandir devant les manoeuvres gouvernementales ?

D'autant que les mobilisation vont se poursuivre et ce dès le 14 juillet avec les manifestations auxquelles sont appelés à participer massivement les personnels de santé et les citoyens.

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