Esacalade dangereuse d'Israël aux frontières syrienne et libanaise

Publié le par L'Orient le jour

Esacalade dangereuse d'Israël aux frontières syrienne et libanaise

Suite aux agressions d’Israël dans les zones frontalières libanaises et syriennes, le Hezbollah qui assure la sécurité des habitants du Liban Sud a répliqué en bombardant un convoi militaire israélien dans la zone occupée des hameaux de Chebaa (Liban) par Israël, près de la frontière.

Le Premier ministre Tammam Salam et le ministre des Affaires étrangères libanais ont vivement réagi  "L'escalade israélienne dans les régions frontalières vise à ouvrir la porte à de graves événements qui ne sont pas dans l'intérêt de la paix et de la stabilité dans la région", a indiqué M. Salam. "Le Liban tient à la résolution 1701 du Conseil de sécurité", a-t-il poursuivi. M. Bassil a condamné "le bombardement qu'a subi le Liban de la part d'Israël »

L'aile militaire du Hezbollah, a indiqué dans un communiqué qu'"un groupe des martyrs de Kuneitra (...) a atteint avec des roquettes (...) un convoi militaire israélien". "Plusieurs véhicules ont été détruits et il y a des victimes", a ajouté le groupe chiite. Deux soldats israéliens et un casque bleu espagnol de la Force intérimaire des Nations Unie au Liban (Finul) ont également été tués.

La résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'Onu, votée en 2006 à la fin du conflit entre Israël et le Hezbollah, appelle, entre autres, à la cessation des hostilités entre les deux pays et prévoit le déploiement des forces armées libanaises et de la Finul au Liban Sud.

Cette riposte du Hezbollah fait suite à la mort de six de ses combattants et d’un général iranien par un raid israélien sur la partie syrienne du plateau du Golan, le 18 janvier.

Les parlementaires libanais ont mis en garde contre les "intentions agressives de l'ennemi israélien", estimant que la "sécurité et la paix du Liban se maintiennent en s'éloignant de tout acte dangereux et en respectant la résolution 1701." Et les députés de poursuivre : "Nous demandons au gouvernement d'effectuer les contacts nécessaires afin d'aboutir à une réunion du Conseil de sécurité de l'Onu pour discuter de la situation délicate à la frontière sud du Liban et empêcher toute éventuelle escalade." 

Le chef du Parti socialiste progressiste (PSP) Walid Joumblatt  a de son côté estimé qu' "il semble que nous entrions dans une phase de grands bouleversements". "La cause principale est la folie israélienne, précisément celle de Netanyahu, qui à travers l'opération de Kuneitra, voudrait renforcer sa position à la lumière des élections, comme il l'a fait à Gaza. La réponse, attendue, a eu lieu. A la lumière de ces événements, il s'agit d'être prudent, au cas où Israël mènerait une nouvelle guerre contre le Liban », a estimé le leader libanais druze.

L'ancien président de la République libanaise Michel Sleiman a, pour sa part, appelé "les parties libanaises à soutenir le gouvernement". M. Sleiman a mis en garde contre les visées israéliennes, notamment celles "électorales" du Premier ministre israélien, estimant qu'Israël chercherait à provoquer des affrontements qui lui seront "profitables".

Le Hezbollah a montré qu'il sait riposter en respectant « les règles de l'affrontement » admises depuis la fin de la guerre de 2006. Il n'a pas réagi à partir du Golan et n'a donc pas ouvert un nouveau front. Il n'a pas non plus frappé une cible à l'intérieur d'Israël et il n'a pas agi contre des intérêts économiques, politiques ou civils israéliens. L'opération a eu lieu dans un espace considéré comme conflictuel, contre des militaires israéliens, et, par conséquent, la marge de la réaction israélienne devrait rester limitée.

Et au cas où Israël songerait à réagir violemment, le Hezbollah a montré aux Israéliens que le parti est prêt à toutes les éventualités, et donc que les menaces israéliennes ne l'effraient pas. La chaîne al-Manar a montré des habitants des villages frontaliers du Sud sortant dans les rues pour se réjouir et se féliciter de la riposte.

Les médias israéliens quant à eux se posaient la question suivante : comment le Hezbollah a-t-il pu réussir à frapper en plein jour un convoi militaire israélien composé de neuf véhicules, dans une zone militaire protégée par des radars très sophistiqués et alors que les troupes israéliennes sont en état d'alerte maximale depuis une semaine ? L'audace de l'opération et sa précision ont frappé les esprits, et les milieux aussi bien militaires que diplomatiques et politiques ne cachaient pas hier leur soulagement.

Selon toute probabilité, les Israéliens ne pourront pas invoquer le dépassement par le Hezbollah des « lignes rouges » virtuelles établies depuis la fin de la guerre de 2006, même si le coup qui leur a été porté leur fera certainement mal, tant sur le plan militaire que sur le plan du moral des Israéliens.

Connaissant Netanyahu nul ne peut exclure de possibles représailles israéliennes, surtout pendant cette campagne électorale dans laquelle l'actuel Premier ministre est contesté par la droite extrémiste, mais aussi par le centre et les travaillistes, alors que l'administration américaine actuelle ne cache pas qu'elle souhaite son départ du gouvernement israélien.

Publié dans International

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