Grève à l'Hôpital de Cahors (46) à partir d'aujourd'hui

Publié le par La Dépêche

L'Hôpital de Cahord, un bel outil vu de l'extérieur, mais à l'intérieur le malaise social est bien présent

L'Hôpital de Cahord, un bel outil vu de l'extérieur, mais à l'intérieur le malaise social est bien présent

La CGT de l'hôpital de Cahors appelle à un mouvement de grève et à un rassemblement demain devant l'accueil général de l'hôpital, à 14 heures. Motifs : «les CDD et la santé au travail».
L'hôpital de Cahors est incontestablement un établissement ultra-moderne et doté des meilleurs équipements à la pointe des technologies médicales. ça, c'est la partie visible de l'iceberg. La réalité, humainement parlant, paraît moins idyllique. Sinon, pourquoi un préavis de grève aurait-il été déposé pour ce mardi 24 février par la section CGT de l'hôpital ?

La CGT, qui n'a pas l'habitude de garder la langue dans la poche de sa blouse, répond en quelques «maux» : «Souffrance au travail, pénibilité, suppressions de contrats…».

Par la voix de sa secrétaire générale, Laurence Chabert, la CGT de l'hôpital dénonce «le non-renouvellement de contractuels de l'établissement alors qu'ils avaient une ancienneté de 3 et 4 ans. Ceci les met dans une situation sociale dramatique», lance-t-elle. «La direction nous a expliqué qu'elle n'avait pas le choix et que l'ARS (Agence régionale de santé) avait validé la venue de 18 personnes de la clinique du Quercy dont nous récupérerions l'activité du bloc opératoire», explique Laurence Chabert. Les CDD non-renouvellés feraient donc les frais de l'arrivée du personnel de la clinique. Pas de confirmation de la direction de l'hôpital que nous avons tenté de joindre vendredi, en vain. La fièvre monte.

D'une certaine manière, la CGT ressort du placard le rapport remis en 2012 par des experts sanitaires à l'issue d'un audit qui avait révélé le malaise hospitalier. Malaise également confirmé, à l'époque, par la personne la mieux placée pour ausculter le personnel soignant : l'ancien médecin du travail de l'hôpital. Martine Peucat avait vu juste. En avait-elle trop dit ?

L'hôpital a classé son dossier.

Ce médecin exerce ses compétences ailleurs et préfère savourer le délicieux présent que s'attarder sur son douloureux passé. Pour d'autres la douleur persiste. «La santé au travail nous préoccupe», insiste Laurence Chabert (lire aussi l'encadré). Alors posons la question en toute liberté : cet hôpital qui veut être un modèle de soins en Midi-Pyrénées arrivera-t-il un jour à être un modèle social à Cahors ?

Une visite de certification le 10 mars

«Aucun ordre écrit n'a été envoyé par l'Agence régionale de santé à la Direction des ressources humaines de l'hôpital pour signifier le transfert d'activité. Or c'est obligatoire», prévient Laurence Chabert.

Cette grève intervient un an jour pour jour après le mouvement de protestation observé lors de l'annonce de la suppression de 15 lits en rhumatologie. La CGT demande «de bonnes conditions de travail, chacun à ses vraies missions, des jours de repos respectés, une DRH impliquée et attentive aux souffrances des agents…». En l'absence de «décisions constructives», la CGT pourrait déposer un autre préavis de grève pour le 10 mars. Ce jour-là la direction recevra des experts chargés d'évaluer l'hôpital et de lui attribuer une certification.

Publié dans Luttes sociales

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