Areva : les besoins urgents de transparence et de justice ...

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Areva ou les dessous d'un scandale d'état

Areva ou les dessous d'un scandale d'état

L’heure de vérité est arrivée pour Areva, celle d’un scandale d’État qui risque d’être un des plus retentissants de la Ve République. Le géant du nucléaire a annoncé une énorme perte pour l’année 2014. Ce déficit s’ajoute aux 2,4 milliards d’euros perdus en 2011.

Cette situation financière place en situation de faillite virtuelle un groupe détenu majoritairement par l’État, considéré comme d’intérêt stratégique et vital pour la France et qui emploie environ 45 000 salariés, dont 29 000 en France.

Les syndicats s’attendent à une catastrophe sur le plan social, avec un plan de restructuration dont les détails pourraient être communiqués rapidement.

Cette facture présentée aux employés est liée à des opérations catastrophiques réalisées sous la présidence d’Anne Lauvergeon (2001-2011). Les placards d’Areva sont pleins de cadavres. Ils ont pour nom Uramin, East Asia Minerals, Forte-Energy, Sumnit Resources, West Australian Metals…

Ces opérations de rachat de mines auraient plombé la société, selon les documents réunis par l’expert financier Marc Eichinger.

Leur histoire est celle d’une descente aux enfers pour Areva, jadis vu comme le fleuron de la technologie et de l’inventivité française, à l’époque où la France rêvait d’un nouvel âge d’or mondial du nucléaire. C’était avant la catastrophe de Fukushima au Japon, en mars 2011.

Un même scénario catastrophique, voire frauduleux, se dessine dans toutes ces opérations : des centaines de millions, voire des milliards seraient partis en fumée, les sociétés n’ayant en réalité aucun actif valorisable. Des opérations de corruption sont soupçonnées. La question est posée du véritable but de ces acquisitions.

L’hypothèse du financement occulte d’une gigantesque opération de corruption en Afrique du Sud, où Areva a espéré vainement un contrat nucléaire historique, est avancée.

Le parquet national financier est déjà saisi de deux enquêtes préliminaires de police sur deux aspects du dossier, l’éventuelle falsification des comptes de la société Areva par Anne Lauvergeon et un volet de malversations présumées en Centrafrique lors du rachat d’Uramin. Le procureur national financier Éliane Houlette s’exprime dans Hexagones sur la conduite de ces procédures par la brigade financière, dont elle garantit l’effectivité et l’énergie.

L’État centrafricain et des ONG anti-corruption comme Sherpa, défendus par le même avocat William Bourdon, entendent cependant déposer de nouvelles plaintes pour obtenir la saisine de juges d’instruction, indépendants par leur statut du pouvoir exécutif. Me Bourdon s’en explique sur Hexagones.

La question de la responsabilité d’Anne Lauvergeon, fondatrice du groupe et présidente du directoire jusqu’en juin 2011, est posée.

Elle n’a pas répondu à nos sollicitations. Nous exposons ses arguments sur le fondement de déclarations antérieures. Elle souligne le contexte de 2007 où les cours de l’uranium flambaient, et explique que la dégringolade a été mondiale après la catastrophe de Fukushima au Japon en 2011. Elle rappelle que l’OPA sur Uramin s’est déroulée en bourse ce qui rendrait impossible toute malversation.

L'enquête sur les acquisitions et notamment l’opération Uramin met en lumière plusieurs anomalies, notamment la présence récurrente de personnages troubles comme Stephen Dattels, l’homme qui a créé Uramin et qui est le principal bénéficiaire apparent de l’opération.

Hexagones a rassemblé toutes les pièces du puzzle, dévoile tous les visages inconnus du scandale, présente les éléments du dossier. L’affaire passe par la Chine, l’Afrique du Sud, le Canada et l’Afrique. De lourds soupçons pèsent sur des personnalités en France et à l’étranger.

Ce qui ressort de ces élements est un besoin urgent de transparence et de justice. Si malversations il y a, elle doit être sévèrement punie par leurs auteurs et commanditaires. En auncun cas notre filière nucléaire doit en sublir les effets et encore moins les salariés. L'Etat a sa part de responsabilité dans le laisser faire de telles opérations et maintenant pour sauvegarder notre filière nucléaire, l'ensemble de ses activités et de ses emplois.

Sources : Hexagones

Pour en savoir plus : http://www.hexagones.fr/article/2015/03/03/areva-le-scandale-d-etat-va-commencer

 

Publié dans Industries

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