Bravo ! Une place Jean Ferrat à Paris

Publié le par Humanité

Jean Ferrat en 1191

Jean Ferrat en 1191

Vendredi matin, à 10 h 45, sous un soleil splendide, Isabelle Aubret a chanté « Ma France » avant de lever le voile qui couvrait le nom de cet homme, dont les poèmes et les chansons éclairent toujours les parcours de militants partageux autant qu’opiniâtres. Véronique Estel était là aussi, très émue. Elle a lu un poème de son père.
 
Sa France est là, qui se presse à la sortie du métro Ménilmontant, où Anne Hidalgo inaugurait vendredi matin une place au nom du chanteur, à la frontière des XI et XX èmes arrondissements de la capitale.

Ce sont les habitants du quartier qui ont choisi de baptiser le lieu au nom de Jean Ferrat, disparu il y a tout juste cinq ans, témoignant une fois de plus de la place à part qu’il occupe dans le cœur des français. Ils sont des centaines : habitants du quartier, militants communistes, fan(e)s du chanteur. L’un d’entre eux porte la triple casquette.

La place sur laquelle donne ses fenêtres va désormais porter le nom de « celui qui a accompagné les grands moments de sa vie ». Une passante, qui finit son marché, est interpellée par les paroles de « Regarde toi Paname » : « Tu trouves la misère importune/Mais tu portes tes beaux quartiers…Mais à trois pas de tes hauts marbres/En face du quai de Passy/Y a des mômes de par ici/Qui n'ont jamais grimpé aux arbres »…

Elle repart avec le numéro spécial de l’Humanité sous le bras. Et ils sont nombreux à se l’arracher « ce journal que l’on vent le matin d’une dimanche ».

Car ici pas question d’édulcorer Ferrat. On est à deux pas du mur des Fédérés, du Square Marcel Rajman, au cœur du Paris populaire. « A rebours de toutes les incantations identitaires frelatés », rappelle la maire de Paris, entourée de Pierre Laurent et des élus communistes.

« Non, tu n’as pas chanté pour passer le temps », lance au micro Gerard Meys, ami et producteur de l’artiste, avant que sa fille, Véronique Estel, ne scande à son tour les vers du poète. Envahie d’émotion, la complice de toujours, Isabelle Aubret interprète « Ma France ».

En cette période qui sent le soufre, les mots du poète en soulèvent plus d’un, conscients « qu’ils tiennent l’avenir, serrés dans leurs mains vides ».

 

Publié dans Musiques aimées

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