Frédéric Taddeï nouvelle victime du pouvoir...

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Frédéric Taddeï animateur de l'émission "Ce soir ou jamais" sur Antenne 2

Frédéric Taddeï animateur de l'émission "Ce soir ou jamais" sur Antenne 2

Frédéric Taddeï, l'un des derniers journalistes indépendants français, c’est fini.

Frédéric Taddeï, l’un des rarissimes journalistes français qui osait encore inviter à la télévision des intellectuels subversifs qui n’ont pas leur langue dans leur poche vient d’être informé que son émission « Ce soir où jamais » sur France2, allait être remplacée par un talk-show.

Taddeï est ce journaliste français qui avait été pris à partie par un autre journaliste, Patrick Cohen, qui lui avait reproché d’inviter des « cerveaux malades ». Cohen avait donné comme noms « Tarik Ramadan, Dieudonné, Alain Soral, Marc-Edouard Nabe … ».

Taddeï avait répondu que son émission faisait partie d’un espace public où tout le monde avait droit à la parole du moment que les invités respectaient la loi française et ne s’adonnaient pas à la diffamation.

Cette déontologie, saluée par le journal Le Monde dans un portrait publié il y a quelques mois, doublée d’une indépendance d’esprit, n’ont apparemment pas plu en haut lieu. Son émission qui a réalisé son record d’audience cette semaine avec près de 1,3 millions de téléspectateurs n’a pas pesé lourd face à certains lobbys.

Remarque de Jean-Marc Morandini, un observateur attentif du PAF (Paysage audiovisuel français), « cette décision de France 2 risque de faire beaucoup parler dans les prochains jours dans les couloirs de France 2 ! ». Et pas seulement dans les couloirs de France2.

Frédéric Taddeï a ceci de noble, l’honnêteté intellectuelle. Sa noblesse, c’est le fait de laisser parler les invités sans les interrompre. Ni censeur ni procureur. C’est justement cette manière de faire que des invités se ridiculisent quand ils se livrent, dans leur soliloque, à des dérives qui desservent plutôt leurs sorties hasardeuses. Il n’est pas débatteur ou donneur de leçons et laisse cette latitude aux invités, celle de s’exprimer, de s’indigner ou de protester contre les propos des autres. Visiblement, pour certains, ces mamamouchis de la rectitude morale galvaudée, professionnels des indignations sélectives, partisans de l’entre-soi, ça ne passe pas. Qui sont-ils ?

Après Patrick Cohen, soutenu par certains dictateurs du système et les spécialistes de l’entre-soi, c’est maintenant au tour de Bruno-Roger Petit (BRP) de Le Plus (Nouvelobs), qui se lâche, accusant à son tour Frédéric Taddeï d’inviter "n‘importe qui" pour dire "n'importe quoi".

Or, il est vraiment important d’entendre tout le monde. Les gens ne sont pas fous et savent faire le distinguo entre le bien et le mal. Vouloir tout diligenter est le début de la dictature.

Dans un article au vitriol, BRP ainsi s’indigne que Taddeï invite une série "d'extrémistes" qui ne devraient pas passer à la télévision: Dieudonné, Elisabeth Levy, Tariq Ramadan ou Richard Millet.

A écouter cet individu il devrait hurler quand les représentants de l'extrême droite passent régulièrement dans les radios et télés notamment les Le Pen ou Filippot qui déversent à longueur d'antenne leurs monstruosités. Mais que nenni, BRP reste silencieux, pas un mot, pas une remarque.

En fait ce qui dérange le plus ce censeur, ces censeurs, ce sont celles et ceux qui sont invités par Frédéric Taddéï et qui critiquent sur le fond la politique actuelle, ses finalités et méthodes abjectes et qui démontrent avec des idées novatrices et de façon argumentée qu'une autre politique est possible tout en combattant les idées de l'extrême droite qui en acceptant de passer dans les radios et télés se vautre dans le système qu'il dit combattre, révélateur de l'arnaque que ses représentants préparent à la France.

Bien sur, ces intellectuels subversifs, spécialistes opposants, syndicalistes, politilogues critiques refusent l'ordre établi et le politiquement correct. Avec leurs idées, ils ébranlent les certiitudes déversées quotidiennement par les tenants de la pensée unique, donnent confiance dans l'action citoyenne, dans le renouveau politique avec une nouvelle pratique du débat démocratique et ouvrent ainsi des espoirs aux téléspectateurs.

Cette présence est insupportable au pouvoir en place, car elle ne fait pas le jeu, ni de la droite, ni du PS et ni de l'extrême droite qui veulent amplifier le couple terrible FN/Abstentions pour mieux se maintenir au pouvoir, avec ou sans l'extrême droite, avec pour unique objectif ne rien changer à cette politique libérale rejetée par nos concitoyens, et pour l'aggraver encore.

Combattre le pluralisme, essayer d'interdire les expressions plurielles, différentes voire divergentes en s'attaquant à la liberté d'expression est la nouvelle étape choisie par le régime actuel et ses amis, les directeurs de chaînes de télé ou de radios. Elle est en phase avec l'utilisation du 49-9 visant à interdire aux représentants de la nation de voter les lois ou avec les méthodes indignes des eurocrates non élus de l'Europe qui veulent maintenir la Grèce sous l'eau en piètinant la volonté populaire grecque.

C'est le signe d'un régime en grave crise politique, au point qu'il devient autoritaire, voire totalitaire et qu'il n'a rien retenu de l'historique manifestation qui a suivi les attentats du 7 janvier et du contenu que les français y ont mis car fortement attachés à nos valeurs républicaines.

La société nouvelle que nous voulons construire a pour but et moyen la démocratie. C'est à dire l'impulsion et le respect du pluralisme et de la liberté d'expression afin de favoriser le débat démocratique, l'esprit critique, la culture non marchande, la recherche collective de réponses visant à changer l'ordre existant en toujours mieux !

La seule condition est celle portée par Frédéric taddeï, à savoir le respect de la loi française, le refus de la diffamation et de propos ouvertement racistes.

Ce sont des enjeux de fond de la bataille citoyenne pour un changement radical de société qui ne saurait exclure le droit à l'information et à la communication. Cela suppose de sortir les télés et radios de la domination des grands groupes médiatiques liés à ceux de la finance.

Il s'agit de conditions permettant l'élévation culturelle des citoyens, leur émancipation en leur donnant les moyens d'une intervention afin qu'ils puissent faire valoir eux-mêmes et en permanence l'intérêt général. Ces transformations autont toute leur place dans notre projet de 6ème République car ce sont des nejeux de civilisation.

Publié dans Libertés Démocratie

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