Ils ont peur de la démocratie ...

Publié le par Ludovic Lamant Médiapart

Ils ont peur de la démocratie ...

Juncker redoute un « blocage total » de l'UE si Podemos l'emporte

 

Le président de la commission européenne profite d'un entretien fleuve au quotidien espagnol El País publié mercredi pour envoyer des messages à Syriza et Podemos. Plongée dans la tête de Jean-Claude Juncker, alors que s'ouvre le 22 mars, en Andalousie, un marathon électoral en Espagne, censé durer jusque début 2016...

Sur la Grèce:
« Tsipras a franchi une étape décisive. Il a commencé à assumer ses responsabilités. Mais il est confronté à un problème: il doit encore expliquer que certaines des promesses qui lui ont permis de remporter les élections, ne seront pas tenues. Tsipras a le mérite d'avoir posé les bonnes questions. Mais il n'a jamais apporté de réponses. S'il a donné une réponse, ce fut toujours une réponse à l'échelle nationale. Mais il est évident qu'il y a 19 opinions  publiques qui comptent, en ce qui concerne la Grèce (celle des 19 Etats de la zone euro, ndlr). Les élections ne modifient pas les traités. Il est évident que l'on peut assumer une autre approche de la crise grecque, il peut y avoir plus de flexibilité, mais la victoire de Tsipras ne l'autorise pas à tout changer. La lecture de la situation grecque dépend des lunettes avec lesquelles on la regarde, allemandes, grecques, portugaises ou espagnoles (La foto griega es muy colorida en función de quién mira, si los alemanes, los griegos, los portugueses o los españoles) »

Sur Syriza et Podemos:
« Ce nouveau type de partis analyse souvent la situation de manière réaliste. Ils identifient avec acuité les immenses défis sociaux auxquels nous sommes confrontés. Mais une fois élus, ils se révèlent incapables de tenir leurs promesses, de transformer leur programme en réalité. Les propositions de certains de ces partis, ne sont pas compatibles avec les règles européennes. Cela nous mènerait à une situation de blocage total. »

Sur la Troïka:
« Les gens découvrent aujourd'hui que cela fait des années que je dis qu'il serait pertinent de mettre un point final à la Troïka. En partie pour des raisons de dignité. Nous ne nous sommes peut-être pas montrés assez respectueux.

El País: C'est exactement ce que dit Tsipras.
C'est différent. Mon point de vue, c'est de dire que les pays qui ont fait l'objet de programmes d'aide, ont dû s'asseoir, non pas avec la commission ou l'Eurogroupe (réunion des ministres des finances de la zone euro, ndlr), mais avec des fonctionnaires. Ce n'était pas adéquat. Deuxième problème: lorsqu'on lance un programme d'ajustement budgétaire, il est indispensable de l'accompagner d'une évaluation de son impact social. Cela n'a pas été fait et l'on découvre aujourd'hui que 25% des Grecs ont été expulsés du système de sécurité sociale. Nous aurions dû éviter ce genre de conséquences ».

Sur « l'Europe allemande »?
« La Grèce est l'exemple qui prouve que cette impression d'une Europe dirigée par l'Allemagne avec une main de fer, ne correspond pas à la réalité. Plusieurs pays se sont montrés bien plus sévères que l'Allemagne avec la Grèce: les Pays-Bas, la Finlande, la Slovaquie, les pays baltes, l'Autriche. Ces dernières semaines, l'Espagne et le Portugal se sont montrés très exigeants aussi dans le dossier grec ».

Sur la loi Macron et d'éventuelles sanctions à la France:
« El País: Comment expliquez-vous à un Espagnol, qu'après trois réformes du marché du travail et une réforme des retraites, l'Espagne a obtenu deux ans de délai, en 2013, pour rentrer dans les clous du déficit public, tandis que la France a obtenu quatre ans, en tout, depuis 2013, sans avoir ni même lancé une seule réforme de cette ampleur?

Juncker:
La France n'a pas fait suffisamment de réformes. Mais elle a mis en marche ce processus. Elle a réformé le cadre de ses régions, et approuvé la loi Macron, même si celle-ci n'est pas suffisamment ambitieuse. Paris a transmis à la commission un document de 47 pages qui précise comment elle va aborder les réformes. Elle sait qu'elle doit mieux faire. Et elle va le faire ».

Deux réactions aux propos de Juncker :

Discours d’ A. Tsipras au Comité Central de SYRIZA

http://syriza-fr.org/2015/03/04/discours-d-a-tsipras-au-comite-central-de-syriza/

Junker, l'ex dirigeant d'un paradis fiscal, nie la démocratie, c'est logique... Il n'y a que les peuples pour lui faire entendre raison !

...et pendant le même temps : Traité transatlantique, la France manœuvre pour les multinationales

http://www.humanite.fr/traite-transatlantique-la-france-manoeuvre-pour-les-multinationales-567332

Publié dans Europe

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