Ambroise Croizat sera présent dans le métro

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Ambroise Croizat sera présent dans le métro

Dans la station parisienne Porte-d’Orléans, près d’une place 
qui porte son nom, une plaque rappelle désormais la mémoire 
du ministre communiste fondateur de la Sécurité sociale.

Comme le rappelle si bien Michel Etievent, le seul ministre qui fut appelé "ministre des travaileurs" tant son engagement fut total au service des travailleurs, des plus humbles. Son oeuvre est gigantesque et marquera à toujours l'histoire de notre pays.

Toutes les lois qu'il créa et fit voter ont fait du progrès social le fondement du redressement de la France, de son développement qui ouvrit la pérode des trentes glorieuses avant que le libéralisme ne commence à vouloir les réduire au nom de la crise.

Tranche d’histoire. 
Hier matin, sur le quai du métro Porte-d’Orléans, une petite foule s’est réunie pour dévoiler une « plaque mémorielle », comme l’on dit à la RATP qui pilotait l’événement.

Désormais, les 23 000 usagers quotidiens de cette station parisienne pourront enfin en savoir un peu plus sur Ambroise Croizat, dont le nom a déjà été donné à 
une placette voisine.

Il fut en 1936 député communiste de ce 14e arrondissement 
de la capitale, mais surtout fondateur de la Sécurité sociale, il y a soixante-dix ans.

Ministre du général de Gaulle de 1945 à 1947, après avoir été libéré du bagne d’Alger où il fut détenu pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut un des concepteurs des Jours heureux, le programme du Conseil national de la Résistance (CNR) qui marque encore fortement aujourd’hui le cadre des avancées sur le plan social.

Désormais, souligne Bernard Lamirand, animateur du comité d’honneur national Ambroise Croizat, « nous pouvons espérer que sera mis fin au silence de l’État concernant la reconnaissance de son rôle central dans l’élaboration de lois sociales ».

Une espérance que formule aussi avec émotion Liliane Caillaud-Croizat, sa fille, évoquant « des acquis à défendre et à développer ». « Il est aussi à l’origine de progrès sociaux comme la retraite, les comités d’entreprise, la médecine du travail, etc. », complète le conseiller de Paris Hervé Bégué, entouré de plusieurs élus parisiens, notamment Nicolas Bonnet, président du groupe Front de gauche, et Didier Le Reste.

« Il nous faut toujours dénoncer le détricotage de ces acquis sociaux », souligne Hélène Bidard, maire adjointe (PCF) à la maire de Paris, rappelant que « Croizat exhortait à lutter en expliquant à ses camarades : rien ne pourra se faire sans vous ». Pour l’élue, il n’est « pas question d’avoir une image idéaliste de cette période, mais elle nous rappelle le rôle joué alors par les salariés avec leurs organisations -politiques et syndicales ».

Ce qu’a réaffirmé aussi Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, en rendant hommage non seulement à l’ancien ministre et membre du CNR mais également à l’ancien secrétaire de la fédération CGT de la métallurgie.

« Jeune apprenti à l’âge de treize ans, il s’est engagé contre la guerre, a milité lors de grandes grèves à Roanne comme à Vénissieux et, bête noire du patronat, il est ensuite venu à Paris pour préparer avec d’autres militants le Front populaire… Plus tard, alors que le monde ouvrier l’appelait ministre des Travailleurs, plutôt que ministre du Travail, il parvient à imposer une augmentation de 25 % des salaires », souligne le dirigeant syndical.

« Vous êtes des militants de la mémoire », se félicite Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, à l’heure des discours. « Il est important que ce souvenir reste vif face à la casse des droits sociaux en France et en Europe », a noté le dirigeant communiste, qui a interpellé à nouveau le ministre du Travail d’aujourd’hui afin que soit prise « une autre direction que celle qui est suivie, notamment avec la loi Macron ».

Et Olivier Dartigolles de souhaiter que « la ministre Marisol Touraine (Affaires sociales) se souvienne elle aussi un peu plus d’Ambroise Croizat, alors que l’on vit dans une société qui se fracture, dans laquelle on voit des jeunes et des moins jeunes renoncer à se soigner faute de moyens… ».

Le ministre des Travailleurs est mort à l’hôpital en 1951. Il avait cinquante ans. Un million d’hommes et de femmes l’ont alors accompagné dans son dernier voyage.

Source l'Humanité

Publié dans Histoire

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