Aux régionales de décembre, EELV fait le choix de l'autonomie vis à vis du PS au 1er tour
Emmanuelle Cosse, 41 ans, secrétaire nationale d'EELV et vice-présidente en charge du logement, de l'habitat et de la rénovation urbaine à la Région Ils de France
Confirmant leur stratégie d’autonomie face au PS, les écologistes ont désigné ce week-end leurs têtes de liste pour les régionales de fin d'année.
Malgrè quelques remous parmi leurs élus-es qui souhaiteraient retourner gouverner avec Hollande sur la ligne très libérale de ce dernier, les écologistes ont décidé de maintenir leur analyse qui les avait conduits à quitter le gouvernement et à s'inscrire pour les départementales dans la construction du rassemblement de la gauche anti-austérité.
Ainsi ils ont fait le choix pour les régionales de faire des listes autonmes vis à vis du PS avec lequel les désaccords sont importants. Pas question de faire liste commune au premier tour, affirment-ils !
Feront-ils des listes seuls ou s'inscriront-ils dans une construction de listes de rassemblements de la gauche radicale, anti-austérité comme aux départementales ? Il est encotre trop tôt pour le dire. La direction d'EELV n'évacue pas cette possibilité. Dans de nombreux cas, ils vont rechercher des alliances avec les autres forces de gauche pour affirmer les valeurs de gauche et pour porter les valeurs de l'écologie.
Ce week-end, la direction d’Europe Écologie-Les Verts a désigné à parité, ses têtes de liste dans 12 des 13 régions (La Corse manque). Un treizième candidat a été désigné pour La Réunion. Les écologistes ont désigné leur secrétaire nationale, Emmanuelle Cosse, en Île-de-France.
Les têtes de liste investies : Sandrine Bélier (Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes), Françoise Coutant (Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes), Cécile Prudhomme (Bourgogne – Franche-Comté), René Louail (Bretagne), Charles Fournier (Centre), Emmanuelle Cosse (Île-de-France), Gérard Onesta (Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées), Yanic Soubien (Normandie), Sandrine Rousseau (Nord-Pas-de-Calais Picardie), Sophie Camard (Provence-Alpes-Côte d’Azur), Sophie Bringuy (Pays de la Loire), Jean-Charles Kohlhaas (Auvergne Rhône-Alpes), et Jean-Alain Cadet (La Réunion).
Ces têtes de liste vont battre campagne en s’appuyant sur la feuille de route décidée localement. Dans chacune des nouvelles régions, les militants ont déjà décidé de leur propre stratégie, avec un point commun. « La tendance unanime est l’autonomie plutôt que l’alliance avec le PS », résume David Cormand, chargé des élections.
Chaque fois que les défenseurs d’un dialogue avec le PS ont tenté de faire valoir leur point de vue, ils ont été mis en minorité. Difficile dans ces conditions de prendre le risque d'un échec interne sanctionné par les militants.
Si l’idée d’une alliance dès le premier tour avec les socialistes ne l’a emporté nulle part, les militants, dans certaines régions hésitent encore sur la possibilité d’union avec la gauche radicale et notamment le Front de gauche.
Bien décidés à faire listes séparées, avant de monnayer chèrement une éventuelle fusion dans l’entre-deux tours, EELV pourrait toutefois accepter un ou deux cas particuliers, là où le FN est position de s’imposer. « En PACA et dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, nous sommes favorables à un rassemblement de la gauche, y compris avec le PS, pour éviter une catastrophe. Cela devra se faire par la négociation », prévient David Cormand.
Le secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui voit déjà se profiler une nouvelle défaite nationale après les débâcles des municipales et des départementales a aussitôt sauté sur l'occasion en confirmant cette possibilité d’alliance en PACA et en Nord-Pas-de-Calais Picardie.
Tout va dépendre du contenu du programme du PS. De ce point de vue, le congrès du PS sera éclairant, soit il rompt clairement avec la ligne de l'austérité du gouvernement soit il décide de suivre ce dernier jusqu'au bout. De la réponse dépendront les alliances possibles ou pas au 1er tour.
