Cannes : coup de gueule de Bertrand Tavernier

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Bertrand Tavernier au festival de Cannes a piqué sa colère en présence de Valls et Pellegrin

Bertrand Tavernier au festival de Cannes a piqué sa colère en présence de Valls et Pellegrin

A l’occasion de la projection de "Lumière" en hommage aux frères Lumière, Bertrand Tavernier en a profité pour pousser un violent coup de gueule. En effet, la projection a attiré quelques membres du gouvernement, notamment Fleur Pellerin et Manuel Valls, de passage à Cannes pour assister à un colloque sur la question du droit d’auteur à l’ère du numérique. Un sujet dérisoire selon le cinéaste, comparé à la question des exils fiscaux des grosses firmes américaines
 
"On nous vole avec la complicité de Monsieur Juncker"
 

"Les membres du gouvernement parlent surtout des problèmes des droits d’auteur, de la lutte contre la piraterie. Internet permet aussi à des énormes compagnies américaines d’échapper à l’impôt.

Si Amazon payait ce qu’ils devaient en impôts, ce serait une grande partie du trou de la sécurité sociale qui serait comblée.

Ça laisse rêveur ce qu’il nous a volé avec la complicité de Monsieur Juncker, qui d’un autre côté n’arrête pas de morigéner la France sur le fait de payer une dette mais qui ne fait rien pour que l’argent rentre dans les caisses, qui permettrait de payer cette dette.

Sinon on voit les membres de la Commission européenne s’attaquer à la culture, s’attaquer au droit d’auteur alors qu’ils auraient des sujets hyper importants à s’occuper. Je ne pense pas que le droit d’auteur soit un sujet qui mette en péril l’Europe alors que l’illettrisme, alors que la montée de l’ignorance, alors que la montée de l’extrémisme, ça ce sont des sujets plus préoccupants !" s’est-il exclamé dans une interview filmée par le Parisien.

En effet, rappelons que Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, a été mêlé au scandale de l’affaire Luxleaks en 2014 qui révélait l’organisation de l’exil fiscal de plus de 1000 entreprises avec l’approbation de l’administration luxembourgeoise des impôts.

Ainsi des firmes, comme Amazon, évitent le paiement d’impôts plein pot car elles sont facturées depuis le Luxembourg.

Les filiales locales déclarent alors un chiffre d’affaires dérisoire, ce qui leur permet de payer des impôts ridicules.

Par exemple, en 2012, Amazon a payé 1.8 million de livres d’impôts sur un chiffre d’affaires déclaré de 207 millions de livres. Une marge de rentabilité que dénonce aujourd’hui Bertrand Tavernier.


 
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