La France continue d'aller très mal !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

La France continue d'aller très mal !
La croissance auarit été de 0 ,6% du PIB au premier trimestre. Aussitôt les médias libéraux se réjouissent et font leurs titres.
 
Pourtant quand on y regarde de près, rien ne peut conduire à un excés d'optimisme. Il est vrai que ces médias libéraux ne vivent pas dans la réalité. Ils sont avant tout les supports de l'idéologie libérale qui veut nous faire croire que tout irait mieux et que le remède de cheval (super austérité) imposé au pays ne l'aurait pas tué !
 
Regardons les chiffres. Ceux du chômage continuent de progresser et de battre des records. 6 milions de personnes sont privées d'emploi. Et cela risque de s'aggraver puisque les entreprises ont détruit 13.500 emplois durant ce même trimestre 2015. Ainsi l'emploi marchand recule de 0.1%. A ces drames humains s'ajoute la progression de la pauvreté qui frappe tous les milieux sociaux du fait d'un pouvoir d'achat en berne, du chômage, de l'exclusion sociale. Ouvriers, employes, retraités et les jeunes sont les plus touchés et consituent principalement les 12 millions de pauvres de notre pays. Peu à peu, sous l'effet des pressions patronales et du libéralisme, la solidarité recule. La France n'est pas un pays d'assistés mais un pays d'abandons.
 
Il apparait que l’augmentation du PIB est surtout imputable à l’augmentation des dépenses de consommation des ménages qui progressent de 0,8% contre une progression de 0,1% le trimestre précédent.  Cela ne signifie nullement que les français auraient plus acheter pour satisfaire leurs besoins. En effet l’INSEE précise que « les dépenses d’énergie pour le chauffage rebondissent vivement, les températures ayant retrouvé des niveaux de saison après un quatrième trimestre 2014 particulièrement doux ».
 
La consommation de biens fabriqués en progrès également (+ 1,4% après + 0,5%), est essentiellement portée par les achats d’automobiles. Pourtant les ménages investissent moins. Selon l’Institut, cette baisse est de - 1,4% sur le premier trimestre 2015 après -1,1% au cours du dernier trimestre 2014, le recul des investissements des ménages dans l’achat de logements étant de -1,3% en ce premier trimestre après -0,9% le trimestre précédent. Faute de pouvoir accéder à la propriété, on achète parfois une nouvelle voiture, le recours au crédit étant plus facile dans ce cas.
 
Telles sont les principales explications de ce petit rebond trimestriel de la croissance française. Une donnée lourde, la crise sociale est toujours là, bien présente dans les difficultés de millions de familles. En dépit de la baisse du prix du pétrole, cette croissance française n’est donc pas un signe de bonne santé économique.
 
Les importations augmentent de 2,3% au premier trimestre 2015 après une augmentation de 1,5% le trimestre précédent à cause d’achats accrus d’énergie et de matériel de transport essentiellement. Dans le même temps, nos exportations ne progressent que de 0,9% au cours de ce trimestre contre + 2,5% le trimestre précédent.
 
Les médias libéraux nous cachent que les cours des actions des 40 plus grosses entreprises françaises cotées en Bourse ont augmenté de 19% depuis le début de l’année. En voilà un taux de croissance élevé!  Cet argent qui spécule sur des profits attendus ne conduit pas les grandes entreprises à investir dans la production tandis que les petites qui voudraient produire davantage peinent à obtenir des emprunts auprès des banques. Ces dernières préfèrent spéculer sur les produits financiers depuis que la Banque centrale européenne (BCE) leur facilite ce jeu pervers en faisant tourner la planche à billet pour, officiellement, faire diminuer le loyer de l’argent.
 
Ce plan de 1.100 milliards d’euros que met la BCE sur les marchés en 18 mois au nom d’une politique « d’assouplissement quantitatif», que l’on nomme « quantitave easing» ( Q E), pourrait même provoquer une nouvelle bulle financière débouchant sur une nouvelle crise monétaire.
 
Ce que laisse entendre, après d’autres spécialistes de la finance Alberto Gallo, de RBS, dans Les Echos. « Les marchés, dit-il, sont devenus moins stables. C’est une conséquence du comportement moutonnier des investisseurs lié au QE. Beaucoup de fonds d’investissements fonctionnent de la même façon et prennent les mêmes risques. Aussi, quand les marchés sont sous l’eau, la plupart liquident leurs positions en même temps». 
 
C’est bien ainsi que murissent puis explosent les crises financières quand la politique monétaire se contente de gaver les spéculateurs au lieu de s’investir dans les dépenses utiles au bien-être de la population.
 
Pour limiter ces risques et pour qu'il soit utile à l'emploi et à une croissance saine, il faudrait que ces 1100 milliards constituent l'apport à un fonds européen pour le développement des services publics en Europe comme le permettent les traités européens. Ainsi sur la base de projet concrets, effectifs et dont la mise en oeuvre serait contrôlée, il serait possible aux états de faire appel à ce fonds à des conditions favorables (taux zéro). Des services publics en expansion sont la garantie de retombées rapides en terme d'emplois sécurisés, d'activités et de meilleurs services rendus aux populations et notamment celle les plus en difficultés. ce sont les ingrédients fondamentaux pour une croissance saine et durable
 
Il est donc possible de faire autrement, y compris au niveau européen, mais pour cela il faut résister à la pression des marchés financiers et spéculatifs. Il faut faire des choix politiques radicalement opposés à ceux qui sont faits actuellement en France et en Europe.

Publié dans Economie

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