Les communistes de Pierre Bénite rendent hommage à la Résistance...

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Les communistes de Pierre Bénite rendent hommage à la Résistance...

Le 27 mai 2015, l'Assemblée Générale des communistes de la section de Pierre Bénite élargie aux amis et sympathisants de notre parti, a rendu hommage à La Résistance.

Jean Chambon, secrétaire de notre section, a prononcé l'intervention suivante:

"Chers-es amis-es et chèrs-es camarades,

Notre assemblée élargie à nos amis et sympathisants a été fixée à aujourd’hui 27 mai car c’est la journée nationale de la Résistance. En effet, le 27 mai est la date anniversaire de la création du CNR, le Conseil National de la Résistance, et de l’unification de la résistance.

Elle prend cette année une importance particulière avec le 70ème anniversaire de la victoire contre le nazisme. En cette occasion, le Président de la République a décidé de panthéoniser quatre héros et martyrs de la résistance : Germaine Tillion, Geneviève Anthonioz-de Gaulle, Jean Zay et Pierre Brossolette.

Ce sont quatre facettes d’un courage qui a conduit des hommes et des femmes, une poignée d’abord dans l’hébétement d’une défaite, à relever la tête, à refuser l’ordre noir, à jouer leurs vies pour l’avenir. Le ferment semé a levé et la France s’est rassemblée, les combattants des villes et des campagnes, les résistants immigrés et les antifascistes de toujours. 

Des ruines et de la misère ont surgi le progrès social, une dynamique économique et l’invention démocratique.

La masse des ouvriers, des salariés, se devait de chasser l’envahisseur nazi, de reconquérir la souveraineté du pays souillée par le régime de Vichy, la paix, les valeurs de notre République et de conquérir des « jours heureux ». Le Front Populaire et ses acquis étaient toujours présents dans les esprits. Il avait démontré que cela était possible et que rien ne pouvait s’opposer à un peuple debout, mobilisé, déterminé et rassemblé. Le chemin était tracé, il restait à le prendre.

Le rôle de la Résistance, de toute la Résistance, fut de prendre la tête de ce mouvement, au nom de l’intérêt général dès 1940. Cela fut aussi de reconnaître l’utilité et le rôle précieux de chacun et de tous, créant ainsi les conditions de l’unification des mouvements de la Résistance, première tâche fixée par le Conseil National de la Résistance en 1943.

Les communistes rendent hommage à ces résistants qui entrent au Panthéon, marque de la reconnaissance de la République aux hommes et aux femmes qui engagèrent leur vie pour défendre et faire progresser les valeurs inscrites à son fronton : la liberté, l’égalité et la fraternité.

Disant cela, nous ne comprenons pas pourquoi le Président de la République qui a voulu honorer toutes les familles politiques engagées dans la résistance, a fait le choix d’ignorer le rôle reconnu des communistes. L’Histoire de notre pays ne peut s’écrire avec une gomme à effacer certaines pages dont celles des martyrs tombés pour la République et la liberté de notre peuple.

C’est une faute politique contraire aux valeurs qui prévalurent dans le choix fait par les résistants d’unifier la résistance dans les heures sombres que traversait notre pays.

La résistance communiste a été essentielle. Dès l’appel de Charles Tillon en 1940, des femmes et des hommes, jeunes et moins jeunes, se sont engagés. Beaucoup firent le choix de la clandestinité, le choix des maquis. Elles, ils ont été des acteurs de moments décisifs qui conduisirent à la victoire et à la libération du pays.

Dans chaque ville et village les noms de ces martyrs sont inscrits sur les plaques commémoratives. Beaucoup d’entre eux tombèrent au combat, d’autres furent prisonniers, torturés, assassinés comme les 27 de Châteaubriant ou déportés dans les camps de la mort d’où un grand nombre ne revint pas.

Certaines et certains sont encore vivants, témoignent et apportent leur pierre au devoir de mémoire. C’est très souvent ce que fait notre ami et camarade Marius, ici présent avec nous ce soir.

Leur engagement était animé par leur soif de liberté, leur refus d’un pouvoir autoritaire et antidémocratique sous la férule des fascistes allemands et des collaborateurs de Vichy. Ils refusaient que leur pays, la France, celui de la Révolution et des Lumières, celui de la Commune et de Jaurès soit souillé, piétiné et broyé sous les bottes de l’occupant nazi dont la bourgeoisie française s’était faite complice avec son slogan « Il vaut mieux Hitler que le Front Populaire ».

Ils refusaient que « 36 », ses acquis sociaux et l’espoir d’une société nouvelle soient brisés. Ils étaient déterminés à ouvrir un chemin pour de nouvelles avancées sociales et démocratiques.

Ils étaient engagés et motivés pour le combat immédiat, pour vaincre et pour reconstruire l’avenir, celui des jours heureux et de la paix pour leur génération et celles qui suivraient.

C’est pourquoi, ils prirent place au sein du CNR où avec d’autres, malgré les différences idéologiques, ils firent vivre les valeurs progressistes de la résistance.

Leur rôle et leur utilité furent reconnus par la Nation quand ils prirent leur place dans la gestion du pays avec le général de Gaulle. Ils jetèrent les fondements d’une politique nouvelle qui permit la reconstruction rapide du pays et l’engageât vers les trente glorieuses où le social, la réponse aux besoins de notre peuple et du pays, et la démocratie furent de puissants moteurs. Ils gardent aujourd’hui toute leur modernité.

Ainsi naissaient la Sécurité Sociale œuvre d’Ambroise Croizat le seul ministre du travail appelé le « ministre des travailleurs », le statut de la fonction publique, la nationalisation des grands groupes privés comme Renault ou Berliet, la naissance d’EDF-GDF avec Marcel Paul, les droits nouveaux dans l’entreprise, les conventions collectives, le rôle économique des CE comme moyen d’intervention dans la gestion. Ce sont là quelques exemples concrets de l’immense œuvre réalisée dont nous sommes les héritiers.

Comment pouvoir effacer de telles pages de notre histoire ?

Si nous le comprenons d’un membre du Medef Denis Kesler qui osa affirmer, il y a quelques années, qu’il était important que la France oublie le programme du CNR, nous ne pouvons pas le comprendre d’un Président de la République et encore moins quand il se déclare de gauche !

Les communistes d’hier et d’aujourd’hui avec tous les démocrates de notre pays refusent cet oubli.

Les leçons de la Résistance furent rappelées avec éclat, il y a une dizaine d’années, par quelques-uns de ses acteurs illustres dans un texte intitulé «Créer c’est résister. Résister c’est créer», qui valait comme un appel à refuser les injonctions au fatalisme, à la résignation et à l’impuissance, à la démission devant la loi des puissants.  

Durant les quatre ans de cendres, de sang et de deuils, les animateurs des maquis surent aussi confluer, sans renoncer à leur histoire ou à leurs rêves, adoptant le vers d’Aragon : «Fou qui songe à ses querelles au cœur du commun combat.»

A l’initiative de la direction nationale du PCF les communistes ont décidé dans tous le pays, avec leurs militants, avec les citoyens et citoyennes d’organiser des initiatives afin de rendre hommage aux résistantes et résistants qui ont combattu pour la liberté et pour des jours heureux.

C’est aussi l’occasion de réparer l’oubli dans le choix présidentiel alors que des résistantes et résistants communistes connues et ayant marqué la résistance auraient pu être choisis, nous pensons particulièrement à Marie Claude Vaillant Couturier qui après son engagement en Espagne et dans la résistance fut faite prisonnière, déportée à Auschwitz et Ravensbrück et témoigna au procès de Nuremberg, à Martha Desrumaux responsable nationale de la CGT déportée dès 1941 à Ravensbrück, à Missak Manouchian responsable de la MOI et fusillé en 1944 au Mont Valérien avec ses camarades de l’affiche rouge, à Gabriel Peri, à Georges Politzer ou d’autres encore comme Henri Rol-Tanguy, André Tollet qui prirent une part très active à la libération de Paris ou Max Barel de Villeurbanne torturé par Klaus Barbie et fusillé à Saint-Genis-Laval.

Se faisant nous n’opposons pas les familles de la résistance entre elles, nous les reconnaissons toutes sans en effacer aucune.

Notre motivation est de remplir notre devoir de mémoire afin que les générations d’aujourd’hui et de demain sachent détecter en tout moment, les paroles, les prises de position et les actes qui peuvent favoriser le retour de la « bête immonde » qui sommeille et pour les mettre en situation de réagir, de ne pas laisser faire, de résister.

Notre initiative n’a rien de nostalgique. Nous voulons comme cela est notre devoir, aider à la prise de conscience que si nous pouvons vivre libres aujourd’hui, dans un monde de paix et avec encore un certain niveau de vie, nous le devons à ces résistantes et résistants, à ces martyrs.

Nous voulons être dignes d’eux. Etre fidèles aux valeurs progressistes qui les motivaient et pour lesquelles ils ont combattu, et sont tombés nombre d’entre eux.

C’est notre engagement fort au moment où en Europe progressent l’extrême droite et ses idées nauséabondes, comme le populisme, les nationalismes étroits, le racisme, le rejet de l’autre parce que différent de par ses origines, son âge, son sexe ou sa religion ou les tentatives de faire de l’Europe une forteresse interdite aux citoyens du monde dont certains fuient la misère, la pauvreté, les humiliations et les violences de régimes politiques que l’Occident contribue à mettre en place ou soutient.

Nous disons merci à la Résistance, à tous ses acteurs sans exclusion et nous nous engageons à être dignes du combat et des idées qu’ils portaient : la liberté, la souveraineté populaire et l’émancipation humaine.

Je vous demande que nous fassions une minute de silence."

Publié dans La Résistance

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