Régionales en PACA. Le PCF met en débat son pacte de rassemblement
Jean-Marc Coppola, désigné porte-parole des communistes de Paca présentait leur démarche hier.
« Nous refusons le scénario pré-établi selon lequel la Région serait dominée par l’extrême droite ou la droite extrême », affirme dès ses premiers mots Jean-Marc Coppola, fraîchement élu porte-parole régional par les représentants des communistes des six départements de Paca. Pas question non plus pour lui, de « voir la région devenir une courroie de transmission du gouvernement et de l’Union européenne qui mènent des politiques d’austérité au mépris des choix démocratiques ».
Pour engager une dynamique alternative, les communistes mettent en débat un « pacte de rassemblement », explique Jean-Marc Coppola. Le texte, issu de la conférence régionale du PCF qui l’a désigné porte-parole, s’adresse « aux femmes et aux hommes, aux forces du Front de gauche, aux forces politiques, sociales et associatives qui veulent faire émerger un projet pour une Région citoyenne, solidaire et écologiste ».
Cela exclut-il Christophe Castaner, la tête de liste PS qui fut à l’Assemblée nationale l’un des rapporteurs de la loi Macron ? « On ne fera pas de question de personnes. La question c’est "qu’est-ce que dira le PS dans le débat". Nous, nous faisons cet acte de saisir la population », répond Pierre Dharréville, Secrétaire départemental du PCF 13.
Objectif : initier un débat populaire sur la manière dont une région de gauche pourrait répondre aux difficultés auxquelles ses habitants sont confrontés. Des urgences que Fabienne Haloui, Secrétaire de la fédération communiste du Vaucluse juge éloignées des « propos abjects tenus par Christian Estrosi après le jugement rendu dans l’affaire Zyed et Bouna ». Pierre Dharréville, son homologue des Bouches-du-Rhône, l’affirme : « on ne laissera pas dire les horreurs proférées par Christian Estrosi et Marion Le Pen mais en même temps, on ne les laissera pas dévier le débat. La question pour les habitants c’est : "est-ce que la Région sera utile dans ma vie ?" »
Un appel aux abstentionnistes
Une question délicate en pleine réforme territoriale qui « vise à réduire les espaces de démocratie et à éloigner les citoyens des centres de décision », estime Jean-Marc Coppola qui compte a contrario porter dans le débat l’exigence d’un approfondissement de la démocratie à tous les échelons de la République.
Comment appréhende-t-il la menace de voir la Région basculer aux mains du Front national ? « Il n’y a pas plus de risque qu’en 1998, 2004 ou 2010. Ce qui m’inquiète, ce sont les idées de l’extrême droite qui se diffusent avec la porosité que l’ont voit chez le candidat UMP ou le Maire de Venelles. Parmi ceux qui décideront, je pense aux abstentionnistes dont on trouve la majeure partie à gauche, qui parfois ont voté Hollande et sont déçus par un Président qui tourne le dos aux valeurs de la gauche. Ils sont dans l’attente de quelque chose qui les remotiverait. »
« On joue gagnant. On veut que la gauche l’emporte pour mener une politique de gauche », affirme Pierre Dharréville. « Le débat est très ouvert, chez les écologistes, sur le terrain beaucoup s’interrogent. Certains souhaitent l’alliance avec le Front de gauche », ajoute Fabienne Haloui.
« Nous ne voulons être ni guide ni centre mais moteur du rassemblement », conclut Jean-Marc Coppola.
Léo Purguette (La Marseillaise, le 20 mai 2015)
6 et 13 décembre. À ces dates se tiendront les premier et second tours des élections régionales. D'ici là, le Conseil national du Parti communiste se réunira le 10 juin pour examiner la situation politique et donner une orientation stratégique nationale. Une nouvelle conférence régionale aura lieu en Paca fin septembre.
« Le projet d’une gauche qui ne renonce pas ». Dans le « pacte de rassemblement » que la conférence régionale du PCF, a adopté mardi dernier, elle affirme : « notre ambition est d’œuvrer, avec les forces du Front de gauche, avec les forces de gauche disponibles, à la constitution d’un large rassemblement de femmes et d’hommes, de forces sociales, politiques, associatives pour faire émerger le projet d’une Région solidaire, citoyenne et écologiste, refusant de s’engager sur la voie libérale, un projet de gauche. Le projet d’une gauche qui ne renonce pas et s’attache à construire concrètement un nouvel espoir ».
La Marseillaise, le 20 mai 2015
