En grève, les salariés d’Areva veulent faire céder l’État

Publié le par Solidarité Ouvrière

« Non à la mort d’Areva… » Avec des cercueils représentant les différentes activités du groupe, les salariés en grève hier s’opposent aux suppressions de postes et au découpage de la société.

« Non à la mort d’Areva… » Avec des cercueils représentant les différentes activités du groupe, les salariés en grève hier s’opposent aux suppressions de postes et au découpage de la société.

Les salariés d’Areva des sites de Cadarache et des Milles ne décolèrent pas ! En grève hier à l’appel des organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, UNSA, SPAEN et CFE/CGC), ils se sont mobilisés pour défendre les emplois au sein du groupe tricolore.

Ils se sont d’abord rassemblés devant le CEA Cadarache durant toute la matinée, puis en début d’après-midi devant le site Areva des Milles.

L’intersyndicale avait appelé les salariés à un arrêt de travail de 24 heures sur l’ensemble du territoire pour la « sauvegarde de l’emploi, des conditions de travail et des garanties collectives ». Un mouvement visiblement bien suivi au niveau national afin d’adresser un message clair aux décideurs politiques et à la direction: « L’avenir d’Areva ne se fera pas sans les salariés ».

Dans le Pays d’Aix, entre un tiers et la moitié des salariés ont débrayé hier et une centaine s’est rassemblée devant le site d’Aix-Les Milles.

« 5 milliards d’euros de déficit et 7 milliards d’endettement »

Depuis la publication des résultats catastrophiques de l’entreprise, le groupe Areva, une perte de 4,8 milliards d’euros en 2014, avait annoncé qu’il s’apprêtait à supprimer entre 3 000 et 4 000 emplois en France d’ici à 2017 et 5 000 à 6 000 postes au total dans le monde, sur un effectif global de 45 000 personnes.

« Nous n’acceptons pas ce plan social, rappelle Guy-Laurent Lagier, délégué syndical CGT Areva TA. On va faire payer aux salariés des erreurs de gestion et de stratégie. L’entreprise enregistre 5 milliards d’euros de déficit et 7 milliards d’endettement. Sur les sites de Cadarache, on nous dit que nous ne serons pas directement impactés par les suppressions de poste. Mais nous serons concernés par un nivellement par le bas de nos statuts sociaux. »

Et d’ajouter : « En revanche, nos sous-traitants seront les premiers touchés par les mesures envisagées. Et ce sera autant de perte d’emplois dans les Bouches-du-Rhône. Nous voulons avoir des réponses à nos questions. Quelle stratégie de l’État pour la filière nucléaire française ? Comment sera financée la fin des travaux du réacteur Jules Horowitz de Cadarache ?  »

La crainte d’un « propable découpage des activités d’Areva »

Les syndicats espèrent que la réunion qui doit se tenir aujourd’hui à l’Élysée définira un horizon plus clair à la filière nucléaire française. Mais rien n’est moins sûr.

Au mieux, le gouvernement pourrait tenter de limiter la casse. Car ce que redoutent le plus les salariés, c’est « le probable découpage des activités d’Areva. »

Fin mai, EDF a fait une offre pour racheter l’activité « réacteurs » d’Areva pour 2 milliards d’euros. Si les syndicats voient d’un mauvais oeil le démantèlement du groupe, l’État pourrait opter pour une filière « France nucléaire » où viendraient s’imbriquer les activités de constructeur, d’opérateur et d’équipementier.

Dans le cas du scénario d’un rachat d’Areva par EDF, c’est l’électricien qui sortirait le chéquier.

Qui paiera la note ? EDF pourrait indirectement faire porter la charge aux consommateurs.

L’autre scénario serait une recapitalisation d’Areva par l’État, actionnaire du groupe à 87%. L’Etat doit trancher. Quoi qu’il en soit, les syndicats du géant du nucléaire veulent être partie prenante de ces négociations estimées à plusieurs milliards d’euros.

Publié dans Luttes sociales

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