Les députés grecs votent le projet de référendum d'A. Tsipras

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Les députés grecs votent le projet de référendum d'A. Tsipras

Les députés grecs ont approuvé le projet de référendum du Premier ministre Alexis Tsipras sur les exigences des créanciers. Le Premier ministre est convaincu que le peuple opposera un refus net à l'ultimatum de l’UE et du FMI.

Le bras de fer entre la Grèce et ses créanciers insitutionnels  (UE-BCE et FMI) tend à se durcir. Ces créanciers ne veulent pas d'un référendum qui donne le pouvoir au peuple de décider ce qui lui convient pour son présent et son avenir.

L'idée d’organiser, le 5 juillet, un référendum populaire sur la dernière offre d'accord faite par les créanciers de la Grèce – Union européenne (UE), Fonds monétaire International (FMI) – a rencontré l’adhésion du parlement. Le référendum a été approuvé par 178 députés et rejeté par 120 sur un total de 300 parlementaires.

Les députés attachés à la démocratie et qui refusent depuis plusieurs années la dictature imposée par la Troïkas ayant conduit à la catastrophe humanitaire grecque se sont rassemblés en approuvant le projet de référendum. Les députés de droite et les socialistes du Pasok ont voté contre, tout comme le parti centriste Potami.

Les débats ont été houleux. La droite a été prise de court par ce référendum, et elle considère que quelle que soit la question posée aux Grecs dimanche prochain, cela reviendra à choisir pour ou contre l’euro, ce qui n'est pas la seule alternative possible. En somme la droite accepte et relaye l'ultimatum des créanciers et leur chantage qui humilie les grecs, les institutions grecques et les parlementaires.

Les Grecs lassés par les débats

Les débats se sont achevés par une intervention d’Alexis Tsipras qui est persuadé que "le peuple grec dira un grand non à l'ultimatum" des créanciers lors de cette consultation. "C’est une question de dignité, d’espoir et de démocratie. Nous le devons à nos enfants et aux futures générations, nous le devons au peuple grec et à ses sacrifices pour que nous restions un peuple souverain", a déclaré le Premier ministre au Parlement.

Risque de secousses financières

D’ici à dimanche prochain, le pays à court d'argent est exposé aux risques de secousses financières : mardi 30 juin, il risque de ne pas pouvoir rembourser le FMI d'un prêt de 1,5 milliard d'euros et le même jour prendra fin le plan d'austérité de la Troïka. C'est pourquoi le gouvernement dès ce week-end a pris des mesures nécesaires pour sauvegarder les moyens de la Grèce contre les spéculateurs qui ne vont pas manquer.

Après avoir rompu les négociations en cours, les pays de l'Eurozone ont refusé samedi de prolonger le plan d'aide le temps du référendum, comme le demandait le gouvernement grec, avec la possibilité que la BCE coupe le dernier canal de financement des banques grecques. On mesure que les créanciers sont prêts à aller très loin pour mettre le peuple grec à genoux et pour peser sur le rédérendum.

Après des mois de négociations, les créanciers, UE et FMI, ont soumis cette semaine à Athènes une proposition s'inscrivant toujours dans la logique de l'austérité. Le gouvernement grec a jugé le montant inadapté, suffisant juste pour couvrir ses remboursements des prochains mois aux créanciers, et les conditions inadéquates pour permettre une reprise de l'économie du pays.
 

Publié dans Grèce

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article