Manifeste des syndicats unis pour le "vivre ensemble", contre les extrémismes et les populismes

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Les représentants syndicaux CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, FSU, UNSA et Solidaires lors de la signature du "manifeste" pour défendre le "vivre ensemble"

Les représentants syndicaux CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, FSU, UNSA et Solidaires lors de la signature du "manifeste" pour défendre le "vivre ensemble"

Pour faire vivre leur conception commune du "vivre ensemble" et combattre les extrêmistes et les populistes qui cherchent des boucs émissaires, stigmatisent une partie de la population, les syndicats français ont décidé de dépasser leur divergences et de s'unir.

Les 7 secrétaires généraux de sept syndicats - CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU, Solidaires - ont signé un "manifeste" commun pour défendre le "vivre ensemble" et "l'esprit du 11 janvier" et pour combattre la montée "inquiétante" des "extrémismes et des populismes".

Réunis à la Bourse du travail à Paris ils ont dévoilé lors d'une conférence de presse un texte de 8 pages, intitulé "après le 11 janvier 2015: vivre ensemble, travailler ensemble", fruit de leurs débats depuis fin janvier.

Ces centrales ont "décidé de travailler ensemble pour s'opposer à la montée du populisme, de l'extrême droite et de ses idées, de la xénophobie, du sectarisme et du fondamentalisme" et aussi "pour rechercher et exiger des réponses à la crise économique et sociale", souligne le texte.

L"initiative est "une première", a souligné Laurent Berger (CFDT), une "configuration historique", selon Philippe Martinez (CGT).

Ce texte "est un manifeste contre les populismes" et "le syndicalisme doit être un rempart contre les populismes", a lancé le numéro un de la CGT. Il a souligné "l'incompatibilité" entre les valeurs syndicales et celles prônées par l'extrême droite et le FN.

"Les syndicats portent les valeurs de fraternité et d'humanisme" face "aux discours intolérants" et le sujet "dépasse" la seule question du Front national, a souligné Laurent Berger.

Il s'agit de raviver "l'esprit du 11 janvier" face à ceux qui "reprennent des sujets contre lesquels les Français s'étaient levés" lors de la grande marche, souligne Luc Bérille (Unsa).

L'unité entre les sept syndicats s'explique par l'urgence de la situation et la diffusion des idées du FN jusque dans leurs rangs. "La montée des populismes, des idées d'extrême droite" et "des fondamentalismes est une réalité extrêmement inquiétante", souligne le texte.

Ainsi la CFE-CGC a décidé de participer pour la première fois à une initiative unitaire qui dépasse le cadre de l'entreprise, a rappelé sa présidente, Carole Couvert. Elle souligne la nécessité d'"une réponse des sept syndicats rassemblés dans une dynamique positive".

L'objectif est de "donner de l'espoir" et adresser "un message confiance", de dire que "le mouvement syndical est bien là", résume Bernadette Groison (FSU).

Rappelant "les doutes des Français quant à l'utilité des syndicats", révélés, selon elle, par des sondages ou les taux de syndicalisation et de participation aux élections professionnelles, elle prévient qu'il s'agit là d'une "alerte".

Pour Cécile Gondard-Lalanne (Solidaires) "ce texte est la base d'une réponse forte à la montée de l'extrême droite".

L'absence de Force ouvrière - qui traditionnellement boude ce type d'initiative - a été regrettée par ses partenaires.

Le texte décline en 5 chapitres les champs d'actions favorisant le vivre ensemble: en premier lieu l'emploi, "facteur d'intégration sociale", et aussi la lutte "contre les discriminations à l'embauche", l'action dans les quartiers, l'éducation, la laïcité au travail.

Philippe Louis (CFTC) a insisté sur la nécessité de renforcer les mesures en faveur de la diversité.

Sur les sujets sensibles liés à la laïcité dans l'entreprise et aux revendications à caractère religieux - comme les jours fériés, les temps de pause pour la prière - les leaders syndicaux ont renvoyé leur règlement au "dialogue" sur le lieu de travail.

Les organisations entendent donner une suite à leur initiative, ce "n'est pas un coup et puis plus rien", lance Carole Couvert.

L'objectif pour l'heure est de populariser le manifeste. Les centrales appellent leurs militants et les salariés à en débattre sur les lieux du travail.

Publié dans syndicats

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