Régionales : un appel du maire PCF de Tarnos dans les Landes

Publié le par Jean-Marc Lespade

Régionales : un appel du maire PCF de Tarnos dans les Landes

Plus le temps passe, plus le Parti socialiste au gouvernement se perd dans d'inacceptables compromis avec les idées conservatrices d'austérité, qui ont pour seul résultat l'exponentielle explosion des inégalités sociales.

Ne prenons qu'un exemple : celui des finances locales. En 2012, François Hollande, alors candidat à l'élection présidentielle, s'engageait à lancer une grande réforme fiscale pour une plus grande justice sociale. Il est déplorable qu'après trois ans de mandat, les promesses se soient envolées. Pire, en avril 2014, Manuel Valls, fraîchement nommé Premier ministre, détaillait le contenu de son plan d'austérité, faisant porter 12 milliards d'euros d'économies sur le soutien que l'État apporte aux collectivités. Cette décision met aujourd'hui les collectivités territoriales en grande difficulté, alors même qu'elles pèsent seulement 9 % de la dette publique française.

Ces mesures d'austérité viennent renforcer le paradoxe de la décentralisation : alors que depuis les années 1980 l'État n'a cessé de transférer des compétences aux collectivités, ces dernières ont perdu la main sur les recettes issues de la fiscalité locale. Du transfert de charges non compensé à la suppression progressive de la taxe professionnelle, c'est le principe constitutionnel d'autonomie des collectivités qui ne cesse d'être attaqué. Le Parti socialiste à la tête des Régions ne s'est jamais élevé contre cette politique qui creuse les inégalités entre territoires. De manière générale, au-delà de la nécessité de mettre un terme à la politique d'austérité, il apparaît, notamment, utile de refonder la péréquation pour que l'État assume la responsabilité de réduire ces mêmes inégalités.

De mesures injustes en choix conservateurs rompant avec l'histoire de la gauche et ses repères, nos concitoyens sont de plus en plus nombreux à penser que l'action politique ne sert plus à rien, que les choses se décident ailleurs, que leur souveraineté populaire n'est plus incarnée. Et c'est l'idéologie du repli et du rejet d'égalité et de solidarité qui marque des points dans les consciences, faisant le lit de l'extrême droite et des thèses lepénistes.

L'éparpillement de ceux qui contestent les politiques d'austérité et le libéralisme dans lequel se fourvoient François Hollande et Manuel Valls ne fait que conforter le sentiment d'impuissance qu'éprouvent tant d'électeurs de gauche ; il rend peu perceptibles les différences de programmes qui ont tendance à n'être plus perçues que comme des querelles d'appareils ; il accroît le discrédit de la politique.

Il favorise aussi le tripartisme PS/Les Républicains/FN, qui repose sur deux logiques mortifères se nourrissant l'une de l'autre, avec, d'un côté, l'austérité et la régression, et de l'autre, la réaction autoritaire et la xénophobie.

Un sursaut unitaire redonnant espoir aux victimes de l'austérité et d'une logique économique tout entière déterminée par les exigences du capital devient désormais salutaire. Aussi, face au délitement idéologique d'une certaine gauche, dont la survie même commence à se poser, il devient salvateur de rassembler pour une politique sociale et écologique, renouant ainsi avec les fondamentaux de la gauche : exercer le pouvoir pour que les citoyens vivent mieux. Emploi, pouvoir d'achat, salaires, égalité républicaine, retour assumé de la puissance publique… C'est sur la base de telles orientations que la convergence du peuple de gauche peut à nouveau s'opérer. Des forces existent pour que s'enclenche cette dynamique de rassemblement.

À l'échelle régionale aussi, nous ne pouvons indéfiniment nous satisfaire du constat dressé par le démographe Hervé Le Bras et l'anthropologue Emmanuel Todd dans leur ouvrage « Le Mystère français » : « Nous nous extasions sur les charmes de l'Aquitaine et du Poitou, mais nous dépendons toujours, pour notre niveau de vie, de la Haute-Normandie, du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie. » Une politique économique plus ambitieuse et plus innovante doit impérativement être impulsée par la nouvelle institution régionale.

En vue du scrutin des 6 et 13 décembre prochain, une liste indépendante des forces du système doit pouvoir se constituer dans la nouvelle région, autour d'un projet anti-austérité, de progrès économique et social, écologique et démocratique. Le rassemblement de tous ceux qui ont des convergences en la matière doit pouvoir être possible : forces politiques qui constituent le Front de gauche, Europe Écologie-Les Verts, les socialistes critiques, les forces vives de la société civile.

Le signal d'une alliance nouvelle à gauche doit donner l'envie de s'engager à des millions de nos concitoyens, qui attendent un sursaut. La situation sociale et politique dans laquelle se trouve notre pays ne nous permet pas d'échouer dans la constitution de ce rassemblement.

jean-marc lespade (pcf)

maire de tarnos, conseiller départemental des landes

Publié dans Régionales 2015

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article