Grèce, un vote crucial pour la Grèce et l'Europe !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Grèce, un vote crucial pour la Grèce et l'Europe !
Devant plusieurs milliers de personnes place Syntagma à Athènes, le Premier ministre sortant a appelé ses compatriotes à continuer le travail entamé il y a neuf mois et à voter pour Syriza aux législatives anticipées de dimanche.
 
En début de meeting, le leader espagnol de Podemos, Paplo Iglesias, et le président du Parti de la Gauche Européenne, le communiste Pierre Laurent ont assuré de tout leur soutien Alexis Tsipras, actuellement au coude à coude dans les sondages avec le leader de la droite (Nouvelle démocratie) Envangelo Meïmarakis.

N’en déplaise aux médias boudeurs et à l’ambiance feutrée qui entoure cette campagne, le résultat des législatives de ce dimanche en Grèce auront une valeur historique bien plus importante qu’il n’y paraît à première vue. Pour le futur de la Grèce, d’abord mais pour celui de l’Europe au moins autant.

Ce vendredi soir sur une place Syntagma remplie de drapeaux violets, verts et rouges aux couleurs de Syriza, les leaders de la gauche européenne qui se sont succédés sur la scène avant qu’Alexis Tsipras ne prononce son dernier discours d’avant scrutin, ont largement contribué à faire entendre cette réalité d’autant plus brûlante depuis la crise des réfugiés qui frappe le vieux continent.

« Votre vote est attendu par 27 autres pays européens, pour les peuples desquels, une victoire de Syriza serait symbole d’espoir et de lutte ! » a ainsi déclamé Pierre Laurent, président du Parti de la gauche européenne, « Réélisez Syriza et Alexis Tsipras, car ils continueront de se battre contre ce vieux système politique » a-t-il continué avant d’être remplacé sur scène par Pablo Iglesias « Je m’adresse à vous peuple grec, car il faut que vous sachiez qu’Alexis s’est battu comme un lion pendant 7 mois ; jamais votre pays n’a eu gouvernant qui a défendu son peuple comme celui-là. L’amitié se voit dans les moments difficiles, alors je le dis, Podemos soutient fermement Alexis Tsipras. » conclut le futur candidat aux élections générales espagnoles prévues en fin d’année.

Après les louanges de ses camarades, Alexis Tsipras a insisté à son tour sur la dimension historique du vote de dimanche : « Aujourd’hui, cela me rappelle, le rassemblement qu’il y avait eu après la dictature… » commence l’ancien Premier ministre, n’hésitant pas à comparer le régime des Colonels qui étouffa la Grèce de 1967 à 1974, à la main mise de la Troïka ( Banque centrale européenne, Fonds monétaire international et Commission européenne) et sa politique d’asphyxie financière maniée de janvier à Juillet contre le gouvernement Syriza et le peuple grec.

L’ancien premier ministre est aussi revenu sur les conditions de la signature du troisième mémorandum dont le candidat Tsipras avait promis début janvier, avant son élection, de ne jamais en infliger à la Grèce la moindre ligne : «Nous avons perdu une bataille, mais nous devons rester unis, a-t-il insisté, « Nous avons des marges de manœuvre réelles malgré le mémorandum et surtout nous avons besoin d’un gouvernement stable et solide pour les quatre années à venir.

Dimanche il s’agit d’un vote crucial avec une question qui se pose au peuple : allons nous revenir en arrière ? Ou allons nous continuer d’avancer. En juillet, le peuple grec avait su dire non au passé, non à l’oligarchie, non à l’ancien régime corrompu ! Non aussi à Meïmarakis dont le parti, Nouvelle démocratie, a coulé notre pays. Pendant huit mois  difficiles, nous nous sommes battus dans des conditions de guerre et de chantage… Mais notre petit pays a résisté et l’on a osé se lever, et cela tous les autres peuples ont pu le voir…Il faut en avoir conscience !»

Après avoir rappelé son bilan comptable - l’argent alloué pour faire face à l’urgence humanitaire, la réouverture de la télévision publique, la réembauche de près de 5000 fonctionnaires, l’assurance faite aux retraités de recevoir leurs pensions, l’étalage de l’impôt etc.- Alexis Tsipras a de nouveau insisté sur la dimension internationale de cette élection.

« Notre victoire sera un résultat déterminant pour l'Europe, et un message pour les autres pays soumis à des politiques de rigueur », a-t-il insisté, « et le message de notre victoire sera envoyé à Pablo en Espagne, à Gerry Adams en Irlande et pour Premier ministre progressiste au Portugal ».

Une victoire de Syriza serait en effet déterminante pour l’Europe, non seulement pour des raisons économiques et politiques, mais aussi quant à l’identité même de celle-ci. Les trois  thématiques sont intimement liées. En cela, la crise des réfugiés qui a marqué la campagne représente une problématique de fond pour l’Europe de demain.

Alexis Tsipras le rappelle par une image simple : « Voulez vous une Europe qui ressemble au boulanger de Kos (faisant  référence à un boulanger qui a volontairement préparé et donner du pain aux migrants qui échouaient sur son île) ou bien préférez vous celle du président hongrois, monsieur Orban ? » et de conclure par l’enjeu final de cette élection : « Il faut se battre pour changer l’Europe  lui redonner de nouvelles valeurs ! Il faut donc aussi se battre pour que les idées fascistes ne passent pas. »

Publié dans Grèce

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