Macron fait mal au PS en construisant son avenir avec la droite

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Macron fait mal au PS en construisant son avenir avec la droite

On savait que Manuel Macron aimait les milliardaires et les rois, ceux là mêmes qui détestent les idées des Lumières sur lesquelles se fondent les valeurs de la République. On peut en déduire que ce ministre n'est donc pas de gauche.

La chose sera confirmée au cours de son court mandat de ministre quand il s'en prit publiquement à des femmes qui selon lui avaient le défaut de défendre leur emploi et leur entreprise. On en a déduit à l'époque que Macron et les luttes ne faisaient pas bon ménage.

Quelques mois après c'est la fameuse loi libérale qui porte le nom de ce sinistre ministre. De quoi mettre en colère quelques députés socialistes attachés aux valeurs de gauche qui refusent d'etre des bénis oui-oui alignés sur des choix politiques qu'ils ne partagent pas et surtout très inéfficaces. Le ministre Macron, c'est vrai inexpérimenté, du contraindre Valls et Hollande à utiliser à plusieurs reprises le 49/3 pour faire passer en force sa loi. On découvrit alors avec stupeur que Macron et la démocratie ne faisaient pas bon ménage.

Mais Macron est un récidiviste. Battu à l'Assemblée Nationale il répondit avec empressement à l'invitation de Gattaz à participer aux universités d'été des actionnaires grands et petits. Macron que l'on sentait chez lui, est-il venu encourager les patrons à embaucher ou est-il venu chercher sa feuille de route pour l'année en cours?

Sur l'emploi rien de nouveau dans son discours avec les habituelles formules dogmatiques sur le coût du travail et les rigidités (les droits et libertés des salariés) qui freineraient la machine à profits. Il en fallut pas plus pour déchainer une vague d'applaudissements nourris accompagnée du "Macron on t'aime, Macron on t'aime !"

Le ministre ne se sentant plus, se laissa aller et se mit à clamer ce que les patrons attendaient : la réduction du temps de travail est une faute ! Adieu les 35h ! Aussitôt le gratin du fric se déchaina à nouveau, claqua des pieds et des mains, vociféra, hurla avec hystérie : "Macron on t'aime! Macron on t'aime!".

Les gens de gauche furent éberlués d'entendre de telles sottises déchainer un tel spectacle dans le sacro saint de la finance, mais cela renforca leur conviction que ce Macron n'était vraiment pas des leurs, il appartient au camp d'en face, celui des patrons, des actionnaires et des millardaires qui pillent la France et sont responsables des 6 millions de chômeurs et d'une France qui s'enfonce dans le déclin.

Valls monta aussitôt au front pour corriger le jeune ministre. Trop tard le mal était à nouveau fait, il n'y a pas d'issue à gauche avec ces gens là ! D'autant qu'après les congralutions du président du Medef, c'est Sarkozy qui le montre en exemple dans un interview. La vieille droite réactionnaire n'est pas en reste puisque Mme Lagarde, la Présidente du FMI, salue le travail du jeune Macron et invite même la France à décider de nouvelles lois qui pourraient s'appeler Macron 2 voire Macron 3 ! Un avenir se construit pour ce ministre...

Finalement, Macron n'était-il pas passé à l'IUniversité d'été du Medef pour chercher une possible nomination comme ministre dans un gouvernement de droite, en cas de défaite du PS en 2017 ? Le puzzle semble se mettre en place peu à peu! Est-ce aussi pour cela qu'il ne cesse de clamer qu'il ne serait pas adhérent au PS ? Quand les rats doivent quitter le navire on ne néglige rien !

D'ailleurs dès ce week-end, il a récidivé. Après sa charge contre les 35 heures, Macron a déclaré  à propos du statut de fonctionnaire qu'il n'était "plus adéquat" et "plus justifiable compte tenu des missions". C'était lors d'un débat public organisé par le think tank "En temps réel".  "...avoir un emploi à vie garanti sur des missions qui ne le justifient plus sera de moins en moins défendable", a lancé le ministre de l’Économie, lui-même haut fonctionnaire.

Et il poursuit : le statut des fonctionnaires n'est "plus adapté au monde tel qu'il va".

Selon lui la société serait divisée entre "insiders et outsiders", des gens très protégés et d'autres sans aucune protection, Macron a affirmé: "Je ne sais pas justifier que quelqu'un qui travaille dans la cybersécurité dans une PME soit un contractuel en CDD et que quelqu'un qui travaille, par exemple, dans mon ministère dans le développement économique doit être un fonctionnaire."  "Il n'y a plus de justification fonctionnelle à ça". Le ministre a, selon Les Échos, estimé que la gauche devait ouvrir le débat sur la fonction publique. "Nous devons mener cette réflexion car elle est un levier de changement", a-t-il dit. 

Selon Les Échos, le ministre a aussi jugé qu'il fallait mener ce débat non "pas en stigmatisant celles et ceux qui travaillent dans le service public, mais en mettant les choses de manière moderne et en construisant notre propre pensée".

Si Valls avait du réagir rapidement pour rassurer les Français attachés dans leur grande majorité aux 35 heures, c'est aujourd'hui François Hollande qui a désavoué Macron : "Etre fonctionnaire, ce n'est pas être dans une position figée, ce n'est pas refuser la modernité, être fonctionnaire, c'est, au contraire, être toujours capable d'anticiper, de prévoir et de servir". "Et c'est la raison pour laquelle le fonctionnaire a des droits, le statut, et a des devoirs et qu'il doit en permanence s'adapter, évoluer et être capable d'être au meilleur pour être au service du public."

Sévèrement corrigé le ministre a du se fendre d'un correctif auprès de l'AFP : "A aucun moment je n'ai parlé d'une réforme du statut de la fonction publique ...". Ce "statut n'est pas remis en cause", a déclaré Macron en se défendant de l'habituel: "Les propos partiels rapportés donnent une vision déformée de ma pensée".

Pourquoi pas, cela ne coûte rien surtout quand le mal est fait. Macron est à l'image d'un PS qui a renoncé aux valeurs de gauche. En portant les idées les plus rétrogrades de la droite il lui donne des gages. Macron prépare son devenir... avec la droite aux affaires peut être en 2017 !

Publié dans Parti Socialiste

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