Ensemble, exigeons d’autres solutions

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Mathieu Bayart

Mathieu Bayart

« La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère ! Oui, cela est possible ! Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas le fait, le devoir n’est pas rempli. » Victor Hugo, discours à l’Assemblée nationale le 9 juillet 1849.

La souffrance de notre peuple s’est exprimée à l’occasion des élections régionales. Les listes du F.N. se sont présentées partout au second tour. Ce résultat est le fruit des lâchetés et renoncements gouvernementaux.

Les terribles attentats de cette année 2015 ont lancé un défi à la République : que faire face à la barbarie ? Ouvrir enfin de nouvelles perspectives en changeant de politique sociale et économique, ou, comme le fait le Gouvernement, encourager les peurs, accroître l’austérité, détricoter les services publics, asphyxier les budgets des communes ? Le Gouvernement socialiste a réaffirmé ses choix dangereux et néfastes.

Plus grave, le Président de la République, malgré l’avis de plusieurs de ses Ministres, a remis en cause les fondements de la République. François Hollande, Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis ont décidé de mettre en cause l’aspect fondamental de notre Constitution : article 1 « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. »

En décidant d’ajouter à la Constitution que certains de nos concitoyens – parce qu’ils sont binationaux – pourraient être exclus de la nationalité française, ils remettent en cause un principe fondamental. La République ne sera plus une et indivisible, les citoyens ne seront plus égaux …

La déchéance de nationalité ne saurait en aucun cas être une réponse aux crimes barbares.

Cette mesure est d’autant plus grave que nombre d’habitants de notre commune ont la double nationalité. Comment vont-ils vivre ce soupçon porté à leur égard ?

Cette menace frappe aujourd’hui les djihadistes. Demain, certains arrivés au pouvoir ne pourraient-ils pas l’appliquer pour des actions syndicales, revendicatives qui, déjà aujourd’hui, sont criminalisées ?

DAESH est une organisation d’extrême droite, fasciste. En aucun cas les crimes commis en son nom ne doivent être assimilés à une religion ou une origine. Chercheurs, sociologues, observateurs de la vie sociale signalent à juste titre que les souffrances de notre jeunesse, le chômage auquel elle est confrontée favorisent ces engagements criminels.

Est-ce efficace de couper seulement les fleurs nauséabondes sans se soucier du terreau qui facilitent leur croissance ?

Notre société est pourrie. Tous ensembles, nous devons tout mettre en œuvre pour la transformer. Au-delà du problème de la sécurité des biens et des personnes, le devoir des responsables politiques est de se poser les bonnes questions et d’attaquer le mal à la racine.

Dans les quartiers, nombreux sont les jeunes qui veulent s’en sortir mais ne peuvent se projeter dans leur avenir. Ils sont humiliés, méprisés, accusés de tous les maux et souvent avec eux leurs parents. Arrêtons ces discours fallacieux : les chômeurs ne sont pas responsables du chômage. Beaucoup, y compris de nombreux jeunes, voudraient travailler. Au contraire, les contrats précaires s’enchaînent pour ceux qui réussissent à franchir la porte d’une boite.

Mais ce chômage permet aux financiers de s’enrichir sans vergogne. Est-il normal que les actionnaires qui dirigent les banques empruntent à 0% à la BCE et prêtent aux communes, aux PME et PMI, aux associations à des taux de 2 à 4 % ?

Tout ceci favorise chômage et misère mais permet à une minorité de privilégiés de s’enrichir. Ces choix capitalistes mettent en cause l’avenir de notre jeunesse, de chacun d’entre nous, de notre pays, de notre planète.

Tant que l’austérité choisie par notre Gouvernement durera, la barbarie trouvera de nouveaux candidats.

Au contraire, nous devons détruire la misère, culturelle, éducative et financière, pour offrir à toute une génération un nouvel horizon, dans le respect de chaque individu et de sa dignité.

Voilà ce que ferait un Gouvernement responsable … Faire reculer les peurs qui poussent à nous replier sur nous-mêmes… Refuser l’urgence du tout sécuritaire Exiger tous ensembles d’autres orientations économiques et sociales, la mise en place d’une politique d’urgence sociale

Mathieu BAYART, Secrétaire de la section de Pont-de-la-Deûle du P.C.F., cellule d’Auby.

Publié dans Politique nationale

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