Hommage aux douze personnes assassinées il y a un an au siège de Charlie Hebdo

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Vous serez toujours dans nos mémoires et dans nos coeurs
Vous serez toujours dans nos mémoires et dans nos coeurs
Vous serez toujours dans nos mémoires et dans nos coeurs
Vous serez toujours dans nos mémoires et dans nos coeurs
Vous serez toujours dans nos mémoires et dans nos coeurs
Vous serez toujours dans nos mémoires et dans nos coeurs
Vous serez toujours dans nos mémoires et dans nos coeurs
Vous serez toujours dans nos mémoires et dans nos coeurs
Vous serez toujours dans nos mémoires et dans nos coeurs
Vous serez toujours dans nos mémoires et dans nos coeurs
Vous serez toujours dans nos mémoires et dans nos coeurs
Vous serez toujours dans nos mémoires et dans nos coeurs

Vous serez toujours dans nos mémoires et dans nos coeurs

Douze personnes étaient assassinées, il y a un an, dans l'attaque contre Charlie Hebdo : huit collaborateurs de l'hebdomadaire satirique, dont cinq dessinateurs, un invité du journal, un agent d'entretien et deux policiers.

Nous leur rendons hommage, non par voyeurisme ni par récupération ni par instrumentalisation. Ils symbolisaient la liberté d'expression mais aussi la sécurité des personnes assurée par le service public personnifié par Ahmed Mebaret et Franck Brinsolaro  .

Ensemble ou séparément, ils caractérisaient notre vivre ensemble, cet acquis formidable issu des mobilisations de notre peuple pour la conquête des libertés aujourd'hui menacées par leurs assassins et par une démarche sécuritaire avec la tentative gouvernementale de péréniser l'état d'urgence avec sa constitutionnalisation.

Notre hommage se veut aussi un acte de lutte contre cette terrible attaque contre les libertés individuelles et collectives, contre le vivre ensemble. On n'assure pas la sécurité avec moins de libertés, au contraire ce sont les libertés, les droits et la démocratie qui garantissent la sécurité et le vivre ensemble. C'est pour cela que nous agissons pour que le peuple prenne le pouvoir !

Un an après ce terrible drame nous disons à leurs assassins, ils et elle étaient nous, nous sommes et serons toujours eux, aujourd'hui et demain. Quoique vous fassiez vous ne parviendrez pas à éteindre notre flamme qui fait que nous sommes un peuple qui porte haut les valeurs universelles qui sont notre identité, issues de la Révolution française et de toutes les suivantes et que les peuples du monde ont utilisées pour eux mêmes ou nous envient.

Vous les douze de Charlie, vous serez toujours dans nos mémoires et dans nos coeurs.

Qui étiez-vous ?

Jean Cabut, dit "Cabu", pourfendeur inlassable de la bêtise et des religions, créateur du "beauf", caricature de Français raciste et râleur, porteur de tous les travers qu'il voulait dénoncer. Cabu avait signé plusieurs des caricatures de Mahomet qui en 2006 avaient valu à l'équipe de Charlie des menaces de mort. Anar rêveur derrière ses lunettes cerclées, écologiste convaincu et grand amateur de jazz, Cabu, à l'éternelle coupe au bol, avait gardé la hargne de ses débuts et n'avouait qu'un regret, celui de n'avoir pas toujours été assez féroce.

Stéphane Charbonnier, dit "Charb". Dessinateur corrosif et militant qui disait ne craindre personne, engagé dès son plus jeune âge, Charb dirigeait Charlie Hebdo depuis 2009. Il figurait en 2013 sur une liste de cibles publiée par Al-Qaïda. Avec son trait épais et ses trognes allumées, Charb ne reculait devant aucune plaisanterie, même du plus mauvais goût. Les guerres, la politique et les politiciens, la télé-réalité, la maladie ou les religions, aucun sujet n'était à l'abri de son crayon.

Philippe Honoré, dit "Honoré". Autodidacte, Honoré publie son premier dessin de presse à 16 ans, dans le journal Sud Ouest, selon Le Magazine Littéraire, l'un des nombreux médias où l'on pouvait croiser ses dessins en noir et blanc au style suranné (Le Monde, Libération, Les Inrockuptibles). Il collaborait avec Charlie Hebdo depuis sa reparution en 1992, selon le site des éditions Larousse, pour qui il avait notamment illustré l'édition anniversaire 2010 du Petit Larousse.

Bernard Verlhac, dit "Tignous". Caricaturiste et auteur de BD caustique et engagé, Tignous dessinait pour la presse depuis 1980, traquant la folie du monde avec un humour percutant et un brin désespéré. Il publiait régulièrement dans Charlie Hebdo et Marianne. Il collaborait également à des émissions télévisées dans lesquelles ses dessins accompagnaient les débats. Après avoir taclé le capitalisme, les actionnaires et les inégalités sociales, retracé le procès d'Yvan Colonna dans un album, il avait sorti en 2010 sa BD "Pandas dans la brume", où il donnait la parole à ces charmantes bêtes pacifistes et menacées d'extinction.

Georges Wolinski, dit "Wolinski". Irrévérencieux et grivois, Wolinski était un dessinateur de presse mythique pour toute une génération, père du célèbre "Roi des cons", pilier de la bande de Hara-Kiri dans les années 60, puis de Charlie Hebdo. C'est en Tunisie que le petit Georgie, comme l'appelait sa grand-mère, découvrit les "comics" grâce aux Américains débarqués en Afrique du Nord. Dans Charlie, chaque semaine, Wolinski mettait en scène deux personnages, un maigre timide et un gros, dominateur et péremptoire, qui enchaînait les propos de comptoir. Pendant plusieurs années il a dessiné pour le journal l'Humanité. Le dessinateur laisse quelque 80 albums.

Bernard Maris, "Oncle Bernard". Économiste iconoclaste de gauche, Bernard Maris était reconnu pour la qualité de sa pensée et son art de la vulgarisation. Ce chercheur intervenait régulièrement à la radio, à la télévision et dans la presse. Il rédigeait dans l'hebdomadaire satirique chaque semaine une chronique réputée qu'il signait "Oncle Bernard". Originaire du Sud-Ouest cet économiste défendit longtemps les thèses de la décroissance, fustigeant les ravages de la société de consommation. Ses "Anti-manuels d'économie" sortis au début des années 2000 ont connu un grand succès.

Elsa Cayat. Psychiatre et psychanalyste, Elsa Cayat passait deux fois par mois au crible des faits de société dans sa rubrique Charlie Divan. Elle était l'auteur de livres sur le couple et la sexualité.

Mustapha Ourrad, correcteur de Charlie Hebdo. Né en Algérie, orphelin, autodidacte, il était arrivé en France à vingt ans. Il était apprécié pour ses qualités de correcteur, son érudition, mais aussi son sens aigu de l'autodérision.

Michel Renaud. Fondateur du festival Rendez-vous du carnet de Voyage, à Clermont-Ferrand. Ancien journaliste devenu directeur adjoint du cabinet de l'ancien maire de la ville, grand voyageur, il était invité de Charlie Hebdo et participait à la conférence de rédaction, à l'initiative de Cabu, qui avait été invité d'honneur de son dernier festival.

Frédéric Boisseau. Agent de maintenance de la société Sodexo. Ce père de deux enfants se trouvait dans le hall d'entrée du journal pour effectuer des travaux d'entretien du bâtiment.

Franck Brinsolaro. Ce brigadier était membre du Service de la protection, chargé d'assurer la sécurité des dirigeants français ou étrangers en visite en France, ainsi que des personnes menacées. Marié et père de deux enfants, il était chargé de la protection de Charb.

Ahmed Merabet. Policier du commissariat du XIe arrondissement de Paris. Il est blessé lors d'un échange de tirs avec les auteurs de l'attaque, avant d'être froidement abattu par l'un d'eux sur le trottoir, une scène filmée dans une vidéo qui a fait le tour du monde.

Publié dans Libertés Démocratie

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