Intervention de Denis Durand au Conseil National du PCF

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Denis Durand, économiste et membre du CN du PCF

Denis Durand, économiste et membre du CN du PCF

Campagne nationale pour l'emploi, il y a une décision à prendre. Un épisode médiatique pour marquer le coup au moment où Hollande présente ses propositions, ou un levier politique pour sortir du piège des présidentielles et pour changer le paysage politique ?

Dans la mesure de nos moyens bien sûr ; mais le PCF n’occupe pas aujourd’hui sa place comme parti des luttes pour le changement de société qu’il a pourtant bien su occuper il n’y a pas si longtemps, par exemple pour gagner le monde du travail au « non de gauche » en 2005.

La discussion d’hier a montré qu’on a besoin d’une telle campagne pour construire un rassemblement crédible à gauche. Autant de graves illusions persistent dans l’opinion sur d’autres sujets comme la sécurité et les libertés publiques, autant l’emploi est le point sur lequel on peut faire la différence pour le grand nombre des électeurs car c’est là-dessus que Hollande, après Sarkozy, a profondément déçu, et ruiné par-là la confiance dans la politique.

Ils ont déçu parce qu’ils ont refusé de s’attaquer aux racines du mal. Nous avons un système politique, social, économique, dont tout le fonctionnement sacrifie le développement des êtres humains pour satisfaire la rentabilité. Il doit changer non pas seulement parce qu’il est moralement injuste mais parce qu’il ne marche pas dans le contexte de la révolution informationnelle.

Depuis trente ans les politiques visent à réduire le coût du travail et l’investissement ne repart pas ! Le problème c’est le coût du capital !

Zéro chômeur, l’humain d’abord ! c’est un changement radical de civilisation ; mais c’est un changement qui peut se construire dans les luttes à partir des luttes d’aujourd’hui. On sait bien qu’il ne suffit pas d’être au gouvernement pour être au pouvoir et la bataille en cours en Grèce est là pour nous le rappeler ; le pouvoir est à Francfort, à Wall Street et dans tous les conseils d’administration, les comités de crédit où des décisions sont prises sur l’argent ; ce qui veut dire aussi qu’il n’est pas nécessaire d’être au gouvernement pour mener des batailles et parfois pour en gagner, dès lors que l’objectif d’une transformation sociale radicale leur donne une cohérence.

Des batailles concrètes.

1. Une bataille sur le contrat de travail : Gattaz « Un CDI sécurisé »… pour les profits !

2. Emploi des jeunes, en liaison avec la formation ;

3. Conférences régionales et nationale pour l’emploi. Inventaire des besoins. Luttes immédiates dans des entreprises pour financer des projets industriels et dans les services publics.

4. Mais à chaque fois on rencontre une question politique : il faut de l’argent. Créer des emplois signifie verser des salaires, former des travailleurs, installer des usines, des bureaux, des machines, des ordinateurs, des logiciels… donc de l’argent dont il faut disposer aujourd’hui et qu’on remboursera plus tard. C’est-à-dire du crédit, et le crédit c’est le métier des banques, sous l’autorité de la BCE, institution politique par excellence.

Ça paraît inaccessible ? mais notre force, depuis la crise et dans l’attente de la prochaine crise qui sera pire, c’est que les gens savent que c’est important. Mobiliser le crédit et la politique monétaire pour en finir avec la dictature de la finance rassemble bien au-delà de ce qu’on croit (à titre d’exemple, cette proposition tient une place importante dans le rapport annuel sur l’état de la France en 2015 du Conseil économique et social).

Nous avons commencé des batailles : pouvoirs des salariés dans les entreprises, accès des citoyens à l’information sur l’action des banques dans les quartiers, fonds régionaux, pôle financier public, fonds européen pour que l’argent de la BCE serve à l’emploi et aux services publics.

Il faut une recherche de partenariats (économistes, juristes, syndicats, associations… et même l’Humanité ?).

Comme l’a écrit J. Chabalier, il faut surtout une campagne organisée, engageant profondément le Parti, ses militants dans les entreprises, ses fédérations, avec des objectifs, un calendrier rythmé par des initiatives publiques jusqu’en 2017 et au-delà, un pilotage politique par la direction du Parti avec l’aide d’un collectif d’animation.

Ce serait un signe politique fort si ce collectif était constitué aujourd’hui.

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