La gauche n'a pas besoin de "Moi je" mais du "NOUS" !

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

La gauche n'a pas besoin de "Moi je" mais du "NOUS" !

Alors que de plus en plus de personnes expriment le désir de voir émerger un espace collectif de débat pour construire une alternative à gauche, Jean Luc Mélenchon a proposé, sans consentement et de manière précipitée, sa candidature pour les élections présidentielles de 2017. Cette proposition, comme il l'évoque, est venue bousculer le processus engagé depuis plusieurs semaines.

Pourquoi se précipiter pour se porter candidat sans même avoir concerté ses partenaires du Front de Gauche ? Aujourd'hui nous sommes nombreux à nous interroger sur la situation.

Même si, lors des dernières élections présidentielles, il a réussi sous la bannière du Front de Gauche à créer un mouvement populaire exceptionnel réunissant plus de 4 millions de voix derrière sa candidature, nous sommes toutes et tous conscients que le paysage politique qui se dessine pour 2017 n'est pas celui de 2012.

Conscient du danger de la situation, le PCF, avec le lancement des lundis de gauche, entend mettre toute son énergie dans la mise en mouvement des différentes forces de gauche pour créer une alternative crédible à gauche. Voila vers quoi nous sommes aujourd'hui tournés. Rien d'autre.

Le remaniement gouvernemental de jeudi, combiné avec l'implosion inévitable d'EELV confirme la gravité de la situation. La gauche telle que nous la concevons, celle des avancées sociales, des combats internationaux, la gauche de la solidarité et de la création est en passe de disparaître irrémédiablement du paysage politique. L'enjeu est immense. Pour nous mais aussi pour les générations futures.

Si nous voulons préserver notre modele de société basé sur la solidarité il n'y a plus une seconde à perdre. Les fondations même de la république sont en danger. Ne faisons pas preuve d'égoïsme mais de partage et de collectif. C'est essentiel pour éviter le désastre annoncé de 2017.

Personne aujourd'hui, et d'ailleurs personne ne le fait, ne conteste la légitimité de la proposition de Jean Luc Mélenchon. Nous savons tous la grande qualité de l'homme de gauche qu'incarne Jean Luc Mélenchon. Mais pourquoi ne pas inscrire cette proposition dans le cadre d'un processus collectif ?Jean Luc Mélenchon justifie cette démarche par l'urgence de la situation politique. " Il est temps de passer à l'action " avance le leader du PG. Oui nous sommes d'accord il y a urgence et il faut agir. Si nous sommes d'accord sur le diagnostic, nous le sommes un peu moins sur les pistes à explorer pour inverser la situation.

Une candidature unilatérale déclarée à la hussarde n'est pas la solution. Ce n'est pas non plus ce que réclame le peuple. Cette urgence ne doit pas nous précipiter dans les abîmes d'une candidature imposée aux forceps. Prenons de la hauteur et sortons de nos habitudes politiques.

Cette primaire, peu importe le nom qu'on lui donne après tout, doit servir à relancer un débat d'idée trop souvent absent de la gauche institutionnelle enfermée dans de sombres calculs politiciens. Le dernier remaniement en témoigne. Il n'est aujourd'hui plus question de présenter un super candidat autoproclamé présenté comme un sauveur. Personne ne peut se définir ainsi. Pas même Jean Luc Mélenchon.

Les hommes et les femmes de ce pays, les syndicalistes, les artistes, les chercheurs, les jeunes, les ouvriers, les chômeurs... Toutes celles et ceux qui font la gauche au quotidien, sur le terrain, dans les entreprises, les universités, les lycées aspirent à autre chose qu'à la recherche d'un guide. S'il y a une urgence, comme le déclare Jean Luc Mélenchon, c'est dans le processus de rassemblement de tous les citoyens, désireux d'une politique de gauche porteuse d'exigence d'égalité, de solidarité et de justice sociale. S'il y a une urgence, c'est bien celle de rassembler toutes les femmes et les hommes qui écœurés par la politique gouvernementale et ses orientations libérales travaillent à des solutions nouvelles. Pourquoi devrions-nous nous laisser enfermer dans un scénario dessiné à l'avance ?

Un tripartisme institutionnel où Hollande serait la seule alternative à la droite et l'extrême droite. François Hollande qui combine libéralisme économique et conservatisme sécuritaire est illégitime pour représenter le peuple de gauche. Ne lui faisons pas le cadeau d'un déchirement propice à sa relégitimisation.

Même si il y a urgence, rien n'est gravé dans le marbre. A nous, ensemble, dans un cadre collectif et démocratique, de faire bouger les choses. Une nouvelle fois la gauche, la vraie gauche, a rendez-vous avec son histoire.

Par Thomas Portes le 14 février 2016

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