Mal logement ou l'indiffrence qui fait mal

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Bernard Devert fondateur d'habitat et humanisme

Bernard Devert fondateur d'habitat et humanisme

Selon le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre, 3,8 millions de personnes sont mal-logées en France. Pour Bernard Devert, fondateur d'Habitat et Humanisme, l'indifférence de la société explique de tels chiffres car "quand le moi l'emporte sur toute autre considération, il n'y a pas de toit".

Le rapport de la Fondation de l'Abbé Pierre souligne une nouvelle fois l'insuffisance criante du nombre de logements. La situation de vulnérabilité consécutive à un chômage massif n'est naturellement pas étrangère au fait que ceux qui n'accèdent pas un emploi, ou ne le retrouvent pas, sont victimes d'une double peine : l'absence de travail entraînant le refus du logement et réciproquement.

Le mal-logement est lié à l'indifférence

L'inquiétude au regard de ce mal s'affiche à la "Une" quelques jours par an lorsque la baisse des températures échauffe soudainement les esprits et les cœurs, l'indifférence glaciale apparaissant alors pour ce qu'elle est, une injustice.

Cette indifférence trouve rapidement avec le politique un "bouc émissaire", accusé de ne point tenir ses promesses. Certes. Seulement, la cohésion sociale ne se construit ni dans des indignations faciles, ni dans des attentes passives mais à partir de fertiles mobilisations pour mettre en œuvre les valeurs de notre République, socle de notre démocratie.

L'indifférence assigne à l'errance les plus fragiles

Comment parler de liberté quand l'angoisse étreint des milliers de nos concitoyens en attente, chaque soir, d'un abri. Quelle égalité en droit lorsque l'hébergement est refusé au motif qu'il n'y a pas de place, mais alors quelle place notre Société réserve-t-elle aux plus fragiles. Quelle fraternité se construit quand des hommes, des femmes et des enfants restent aux portes du logement. Que de logements inoccupés sont des espaces de mépris pour ceux qui déjà blessés par la vie, telles les familles monoparentales, attendent parfois 10 ans pour accéder à un toit.

Que de loyers, en rupture avec la solvabilité des familles, entraînent des désordres voilés par l'indifférence oubliant que le logement est un bien primaire qui ne saurait répondre aux seules règles du marché.

Que de permis de construire, permis de vivre, suivant l'expression de l'Abbé Pierre, sont bloqués en raison de recours dont la pertinence se dispute à l'indifférence ou à des intérêts mercantiles.

Quand le moi l'emporte sur toute autre considération, il n'y a pas de toit.

L'indifférence assigne à l'errance les plus fragiles.

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